Appel d'offres « neutre » : l'éolien terrestre face à la domination du solaire
La cinquième période de l'appel d'offres « technologiquement neutre » de la PPE2 s'est close le 16 octobre, avec 500 MW à attribuer entre solaire, éolien et hydroélectricité. Selon la presse spécialisée, les développeurs éoliens y voient peu de chances de succès, dans la lignée des périodes précédentes remportées presque entièrement par le photovoltaïque. Les résultats officiels de la Commission de régulation de l'énergie sont attendus dans les prochaines semaines. Le dispositif illustre la difficulté de mettre en concurrence directe des filières aux profils de coûts très différents.
Le 16 octobre 2026 à 23 h 59, heure de Paris, la plateforme de dépôt a fermé pour la cinquième période de l'appel d'offres PPE2 dit « technologiquement neutre ». Cette procédure, pilotée par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour le compte de l'État, met en concurrence sur un même guichet des projets photovoltaïques, éoliens terrestres et hydroélectriques en métropole. Selon GreenUnivers, les développeurs éoliens interrogés estiment que le scénario des périodes précédentes devrait se répéter : l'essentiel du volume ira au solaire.
Un guichet commun pour trois filières
Le principe de la « neutralité technologique » est simple sur le papier : plutôt que de fixer un volume par filière, l'État ouvre une enveloppe unique et laisse les projets rivaliser, notamment sur le prix. Chaque période porte sur 500 MW, soit 2,5 GW au total sur les cinq sessions, de décembre 2022 à octobre 2026. Les installations concernées ont une puissance comprise entre 500 kWc et 30 MWc, sans plafond pour les sites dégradés dans le cas du photovoltaïque.
Pour le solaire, la notation donne 70 points au prix, 16 à l'impact carbone, 9 à la pertinence environnementale, avec des bonus pour la gouvernance partagée ou le financement collectif. Une autorisation d'urbanisme en cours de validité est exigée, et l'empreinte carbone simplifiée des modules doit rester sous 740 kg CO2 par kWc.
Ce que montrent les quatre premières périodes
D'après la synthèse tenue par photovoltaique.info, la première période (décembre 2022) avait retenu 15 lauréats pour environ 180 MWc de solaire, auxquels s'ajoutaient 321 MWc d'éolien répartis sur 19 projets. La deuxième a basculé nettement : environ 435 MWc de solaire, contre 77,6 MWc d'éolien sur 4 projets. La troisième n'a compté que 3 projets éoliens, pour 36,9 MWc, face à près de 464 MWc de photovoltaïque.
La quatrième période, clôturée en octobre 2025, a achevé le mouvement : selon la page de suivi, elle a retenu 36 lauréats pour environ 508 MWc, tous en photovoltaïque au sol, avec un prix moyen pondéré d'environ 74 €/MWh. Aucun projet éolien n'a été retenu. Le rapport de synthèse de la CRE sur cette période est daté du 18 novembre 2025.
Pourquoi l'éolien décroche
Les chiffres montrent une tendance claire sans qu'il soit possible, à ce stade, de l'attribuer à une cause unique. Les projets solaires de cette taille se développent généralement plus vite et avec moins de contentieux que l'éolien terrestre, ce qui facilite l'obtention de l'autorisation d'urbanisme exigée au dépôt. Dans une mise en concurrence où le prix pèse lourd, la baisse des coûts du photovoltaïque joue aussi en sa faveur. Ces éléments relèvent d'une lecture du secteur et non d'un constat établi par la CRE.
Les résultats de la cinquième période n'ont pas encore été publiés. Les chiffres cités par GreenUnivers reposent sur les anticipations des développeurs, pas sur des données officielles. Il faudra attendre l'avis de la CRE et la désignation des lauréats pour savoir si l'éolien obtient une part du volume.
Une nouvelle donne avec la PPE3
Cette cinquième période est la dernière du cadre initial. Un décret relatif à la PPE3 a été publié le 13 février 2026, et de nouveaux appels d'offres doivent suivre sous ce nouveau cadre, dont les contours restent à préciser. La question pour la filière éolienne terrestre est de savoir si elle retrouvera des guichets dédiés plutôt qu'un guichet partagé avec le solaire, où ses chances apparaissent aujourd'hui limitées. Pour les lecteurs, l'enjeu est concret : la répartition entre solaire et éolien conditionne la forme du mix électrique français et la production hors des heures d'ensoleillement.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.