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En Allemagne, un camion électrique sans cabine ni conducteur obtient le feu vert pour rouler sur route ouverte

La coentreprise suédoise Einride et l'enseigne Lidl ont mis en service près de Kassel un camion électrique de niveau d'autonomie 4, sans cabine, sans volant ni pédales, sur un trajet de desserte quotidien. L'Office fédéral allemand des transports motorisés (KBA) leur a délivré ce qu'ils présentent comme le premier permis de ce type accordé dans le pays, réputé pour l'exigence de ses procédures d'homologation. L'expérimentation, limitée à 25 km/h sur un trajet d'environ 400 mètres, doit évoluer vers une tournée multi-arrêts si les prochains mois confirment sa fiabilité.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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white and brown rv trailer
IA & ClimatPhoto d'illustration : Pascal Meier /Unsplash

Depuis le 15 septembre 2026, un véhicule sans conducteur relie quotidiennement un entrepôt Lidl à un magasin de l'enseigne à Edermünde, en Hesse, à proximité de Kassel. L'engin, baptisé eBot, est conçu et exploité par l'entreprise suédoise Einride : ni volant, ni pédales, ni poste de conduite — la totalité du châssis est dédiée au fret, avec une capacité de 15 palettes Europe et jusqu'à trois rotations par jour, de quoi couvrir l'intégralité des livraisons de produits secs sur cet axe selon les deux entreprises.

Un permis inédit dans l'un des cadres réglementaires les plus stricts d'Europe

L'autorisation a été délivrée le 14 août 2026 par le Kraftfahrt-Bundesamt (KBA), l'Office fédéral allemand des transports motorisés, et reste valable jusqu'au 28 février 2027. Einride et Lidl la présentent comme le premier permis de ce type accordé en Allemagne pour un véhicule de niveau d'autonomie 4 selon l'échelle SAE — c'est-à-dire un système capable de gérer seul la totalité de la tâche de conduite, sans reprise en main humaine possible, mais uniquement dans un domaine opérationnel défini et restreint. Ici, ce domaine se limite à un trajet d'environ 400 mètres, à une vitesse plafonnée à 25 km/h, sans opérateur de sécurité à bord.

L'Allemagne a l'une des procédures d'homologation les plus exigeantes au monde, et obtenir ce feu vert nous donne une base pour passer à l'échelle en toute confiance. — Roozbeh Charli, PDG d'Einride

Le véhicule n'est pas pour autant livré à lui-même : conformément aux conditions posées par le KBA, une voiture avec conducteur le suit en permanence sur le trajet, et un système de supervision technique à distance permet d'intervenir en cas de situation imprévue. C'est ce dispositif de contrôle strict — combiné à l'historique d'Einride, qui exploite déjà des camions sans cabine en Suède depuis 2019 et a testé un véhicule totalement autonome dans le port d'Anvers-Bruges en septembre 2025 — qui a permis d'obtenir l'aval des autorités allemandes sur un trajet en conditions réelles plutôt qu'en circuit fermé.

Vers une tournée à plusieurs arrêts, et un déploiement élargi chez Lidl

Les deux entreprises annoncent vouloir faire évoluer ce trajet unique vers un modèle de "milk run" : une tournée avec plusieurs arrêts de collecte et de livraison, plus proche de l'usage réel d'un camion de distribution classique. D'autres déploiements sont également à l'étude au sein du groupe Schwarz, la maison mère de Lidl, qui a déjà fixé un objectif ambitieux pour son partenariat suédois avec Einride : porter le kilométrage annuel parcouru par des camions électriques Einride à 832 000 km, soit une hausse de 76 % par rapport au niveau actuel.

Nous veillons à ce que les produits destinés à nos clients soient toujours au bon endroit, au bon moment, et dans la bonne qualité. — Thomas Dangelmayer, responsable de la logistique opérationnelle, Lidl Allemagne

Le contexte dépasse le seul cas Lidl. Selon Euronews, l'Allemagne et seize autres États membres de l'UE travaillent à coordonner leurs cadres d'homologation pour les véhicules automatisés, afin qu'un camion approuvé dans un pays puisse à terme circuler dans un autre sans nouvelle procédure — une harmonisation encore balbutiante mais suivie de près par le secteur du transport routier. Une étude McKinsey présentée à l'occasion du salon IAA Transportation estime que le fret routier autonome pourrait générer entre 80 et 120 milliards d'euros de chiffre d'affaires en Europe d'ici 2035, porté notamment par la pénurie persistante de chauffeurs professionnels que ce type de dispositif vise directement à compenser.

Einride revendique aujourd'hui environ 250 camions en exploitation pour plus de 30 clients dans sept pays, dont Amazon, Heineken et PepsiCo. La société évolue toutefois dans un secteur où les constructeurs européens de véhicules industriels font face à un désavantage de coûts de 30 à 40 % face à leurs concurrents chinois, eux-mêmes engagés dans des cycles de développement plus courts — à l'image de Pony.ai, qui a entamé des essais en Croatie pour entrer sur le marché européen. Le pilote d'Edermünde, encore cantonné à quelques centaines de mètres et une poignée de kilomètres-heure, s'inscrit ainsi dans une course plus large pour définir, à l'échelle du continent, les règles et les acteurs du fret routier sans conducteur.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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