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Vallabrègues : la CNR met en service une centrale hydroélectrique de 8,5 MW avec passe à poissons

La Compagnie nationale du Rhône a mis en service à Vallabrègues, sur le Rhône, une centrale de 8,5 MW qui doit produire environ 60 millions de kWh par an. Le chantier, lancé en 2021 et chiffré à une cinquantaine de millions d'euros, comprend aussi une passe à poissons de 330 mètres destinée aux espèces migratrices du fleuve. L'ouvrage s'inscrit dans le Plan Rhône et dans une série de petites centrales que la CNR veut multiplier d'ici 2037. Un exemple de la manière dont l'hydroélectricité française cherche à gagner de la capacité sans nouveau grand barrage.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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gray concrete dam under blue sky during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Tejj /Unsplash

La Compagnie nationale du Rhône (CNR) vient de mettre en service sa nouvelle centrale hydroélectrique de Vallabrègues, dans le Gard, sur le Rhône. D'une puissance de 8,5 MW, elle est installée en amont du barrage historique du site et fonctionne grâce à une chute d'environ 11 mètres. Le chantier avait démarré en 2021, soit cinq ans avant l'inauguration, un délai typique des ouvrages construits au bord d'un fleuve navigable et soumis à de fortes contraintes environnementales.

Selon les chiffres communiqués par la CNR, la production attendue est de l'ordre de 60 millions de kWh par an. Les premières annonces du projet évoquaient une puissance de 8,4 MW et 62 GWh annuels, soit la consommation électrique d'environ 24 000 habitants : les valeurs finales diffèrent légèrement, mais l'ordre de grandeur reste le même. L'électricité est injectée sur le réseau et vient s'ajouter à un parc que le concessionnaire exploite déjà tout au long du fleuve.

Une turbine Kaplan et un site déjà aménagé

L'équipement électrique et hydromécanique a été confié à Voith Hydro. Le groupe utilise une turbine de type Kaplan à axe vertical, adaptée aux faibles hauteurs de chute et aux forts débits, ce qui correspond au profil du Rhône. Construire à côté d'un barrage existant limite l'emprise sur le milieu naturel : le site était déjà aménagé, et la nouvelle installation vient turbiner un débit qui était auparavant géré par l'ouvrage historique.

Le coût du projet est généralement estimé autour de 50 millions d'euros dans la presse économique régionale, contre 44 millions annoncés lors des premières étapes du chantier. La CNR finance l'ouvrage, avec le soutien de l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse pour la partie dédiée à la continuité écologique.

La passe à poissons, volet écologique du projet

Le projet inclut une passe à poissons de 330 mètres de long, organisée en une succession de bassins qui permettent aux poissons de franchir progressivement la dénivelée de plusieurs mètres. Elle est dimensionnée pour les espèces migratrices du Rhône, dont l'anguille, la lamproie et l'alose, des espèces dont les populations sont fragilisées par la multiplication des obstacles sur les cours d'eau.

Cette partie du chantier répond à une exigence réglementaire de continuité écologique, mais elle illustre aussi un équilibre que la filière hydroélectrique doit tenir : produire davantage d'électricité renouvelable pilotable sans aggraver la fragmentation des habitats aquatiques. Les résultats réels de la passe, mesurés par les suivis de franchissement, seront l'indicateur à surveiller dans les prochaines années.

Une brique d'un programme de petites centrales

Vallabrègues s'inscrit dans le Plan Rhône et dans le programme de nouvelles petites centrales de la CNR sur le fleuve. L'entreprise évoque six autres installations d'ici 2037, qui, avec celle-ci, représenteraient la consommation de plusieurs dizaines de milliers de foyers. Après plusieurs centrales déjà construites ces dernières années, c'est la poursuite d'une stratégie qui consiste à moderniser et à compléter l'existant plutôt qu'à bâtir de grands barrages.

Pour la France, ces projets ont un intérêt concret : l'hydraulique reste la première source d'électricité renouvelable du pays et l'une des rares capables de moduler sa production rapidement pour équilibrer un réseau où le solaire et l'éolien pèsent de plus en plus. Même modeste à l'échelle nationale, une centrale de 8,5 MW apporte une production régulière, prévisible et sans émissions directes de CO2 en fonctionnement.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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