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Chaudières biofioul : la France veut fermer la dernière porte du fioul neuf

Dans la seconde phase de son plan d'électrification, présentée mi-octobre 2026, le gouvernement annonce vouloir interdire l'installation de nouvelles chaudières compatibles avec le biofioul, aujourd'hui l'ultime exception à la fin du fioul neuf. Des textes réglementaires sont attendus avant le 1er mars 2027, sans que la date d'application ne soit précisée. Les chaudières déjà installées ne sont pas concernées. L'enjeu : accompagner les quelque 2,6 millions de ménages chauffés au fioul, surtout en zone rurale, vers la pompe à chaleur ou la biomasse.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a white house in a field with trees in the background
PolitiquePhoto d'illustration : Bradley Gossett /Unsplash

Le biofioul était jusqu'ici la brèche dans l'interdiction des chaudières neuves au fioul. Dans la deuxième phase de son plan d'électrification, présentée le 15 octobre 2026, le gouvernement annonce que « l'interdiction des nouvelles chaudières au fioul sera complète », ce qui vise explicitement les appareils compatibles avec le biofioul. Les textes réglementaires sont attendus avant le 1er mars 2027, mais le dossier de presse ne précise ni la date d'entrée en vigueur ni le périmètre exact de la mesure.

Une exception née en 2022

Depuis le 1er juillet 2022, tout nouvel équipement de chauffage, y compris en remplacement, doit respecter un plafond de 300 grammes d'équivalent CO₂ par kWh d'énergie contenue dans le combustible. Cette règle, issue d'un décret du 5 janvier 2022, a écarté les chaudières au fioul traditionnel des installations neuves. Elle a en revanche laissé la porte ouverte aux équipements fonctionnant avec des biocombustibles liquides respectant ce seuil.

C'est le cas du biofioul F30, un mélange de fioul fossile et d'esters méthyliques d'acides gras, incorporés jusqu'à 30 % en volume. Les chaudières compatibles avec ce mélange ont donc continué à être posées. Or elles peuvent aussi brûler du fioul entièrement fossile, ce que le gouvernement juge problématique : l'usage réel du combustible ne peut pas être garanti, et le foyer reste dépendant d'une énergie dont le prix fluctue fortement. Selon Selectra, le litre de fioul s'affichait à 1,8926 € TTC le 9 octobre 2026, soit environ 1 893 € les 1 000 litres, contre 1 108 € un an plus tôt.

Ce qui change, et ce qui ne change pas

La mesure concerne les installations neuves. Les chaudières en service peuvent continuer à être utilisées, entretenues et réparées, comme le précisait déjà le gouvernement en 2022. Les règles de 2022 prévoyaient par ailleurs des exceptions en cas d'impossibilité technique ou juridique, ou lorsqu'aucune alternative n'existe sans renforcement du réseau électrique ; reste à savoir si elles seront reconduites dans les nouveaux textes.

Un décret du 12 septembre 2026 réécrit par ailleurs l'article R. 171-13 du Code de la construction et de l'habitation pour les travaux engagés après le 1er janvier 2027, sans citer le biofioul. L'articulation entre ce texte et ceux annoncés pour début 2027 n'est pas encore détaillée publiquement.

2,6 millions de foyers, surtout ruraux

L'objectif affiché est de diviser par deux d'ici 2030 le nombre de ménages chauffés au fioul, estimé à 2,6 millions. Ces foyers se concentrent dans les zones rurales, souvent des maisons individuelles anciennes, où le réseau de gaz est absent. Le remplacement y est plus complexe qu'en ville : cuve à déposer, radiateurs parfois à adapter, logement à isoler.

D'après Enerzine, une enveloppe de 50 millions d'euros doit soutenir les ménages chauffés au fioul dans 109 « territoires d'électrification », avec un démarrage prévu fin novembre 2026. Le dispositif combinerait prêt de radiateurs électriques, aide à la dépose de la cuve et chèques énergie, en contrepartie d'un engagement à installer une pompe à chaleur. Il ne s'agit donc pas d'une hausse uniforme et nationale de la prime de dépose de cuve, mais d'un soutien ciblé géographiquement.

Pompe à chaleur géothermique ou granulés : quelles alternatives

Parmi les solutions de remplacement, la pompe à chaleur capte l'énergie du sol ou d'une nappe, via des capteurs horizontaux enterrés, des sondes verticales ou un captage sur nappe. L'Ademe recommande de vérifier que les radiateurs existants sont adaptés et de faire réaliser une étude préalable de la parcelle. La chaudière à granulés de bois, reliée à un silo de stockage, fonctionne de façon automatisée et peut aussi produire l'eau chaude sanitaire ; elle suppose de l'espace pour le silo et un approvisionnement fiable.

Dans tous les cas, France Rénov' conseille d'isoler le logement avant de changer de système, ce qui réduit les besoins de chauffage quelle que soit l'énergie retenue. Le calendrier précis des textes, et la taille réelle du soutien aux ménages ruraux, conditionneront la capacité de cette mesure à accélérer la sortie du fioul sans pénaliser les foyers les plus modestes.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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