Londres veut des VTC 100 % électriques pour toute nouvelle licence dès juillet 2028
Transport for London a ouvert une consultation sur une règle radicale : à partir de juillet 2028, seuls des véhicules entièrement électriques pourraient obtenir une nouvelle licence de VTC dans la capitale britannique, hybrides rechargeables compris dans l'exclusion. Les plateformes comme Uber ou Bolt seraient concernées, de même que les minicabs traditionnels. Avec déjà 35,5 % de véhicules 100 % électriques dans le parc, Londres teste jusqu'où une grande métropole européenne peut accélérer. Le projet, encore soumis à consultation jusqu'au 2 décembre 2026, intéresse directement les villes françaises qui réfléchissent à encadrer leurs flottes de VTC.
Londres envisage de franchir un nouveau cap dans l'électrification de ses transports à la demande. Transport for London (TfL), l'autorité des transports de la capitale britannique, a lancé une consultation publique sur un durcissement des conditions d'octroi des licences de véhicules de transport avec chauffeur (private hire vehicles, ou PHV). Le principe : à compter du 3 juillet 2028, tout véhicule demandant une licence pour la première fois devrait être entièrement électrique.
La mesure ne s'appliquerait qu'aux véhicules nouvellement licenciés. Les voitures déjà en circulation ne seraient pas retirées de la route au seul motif de leur motorisation. Elle viserait aussi bien les véhicules dispatchés par des applications comme Uber, Bolt ou Lyft que les minicabs traditionnels. Les taxis noirs londoniens, soumis à un régime réglementaire distinct, ne sont pas concernés par ce texte.
Fin de l'exception pour les hybrides rechargeables
Depuis le 1er janvier 2023, TfL impose déjà que tout nouveau PHV soit « zero emission capable » : soit moins de 50 g/km de CO₂ avec au moins 16 km d'autonomie électrique, soit moins de 75 g/km avec au moins 32 km. Cette définition laissait la porte ouverte aux hybrides rechargeables, qui ont largement profité du dispositif.
Le nouveau projet rompt avec cette logique. Les hybrides rechargeables, comme les hybrides classiques, légers, essence et diesel, seraient exclus des nouvelles licences. TfL justifie ce choix par le fait qu'un hybride rechargeable continue d'émettre à l'échappement lorsqu'il roule en mode thermique, ce qui est fréquent en usage intensif de type VTC.
Un parc déjà largement électrifié
Le contexte londonien rend la proposition plus crédible qu'ailleurs. D'après les chiffres de septembre 2026 relayés par la presse spécialisée, la capitale compte environ 94 700 véhicules sous licence VTC. Parmi eux, 35,5 % sont des véhicules 100 % électriques et 35,2 % des hybrides rechargeables : plus de 70 % du parc est donc déjà capable de rouler sans émission locale, au moins en partie.
TfL avance des projections d'impact : sur dix ans, une baisse d'environ 9 % des émissions d'oxydes d'azote et de 35 % des émissions de CO₂ du parc de VTC, avec des réductions pouvant atteindre 97 % sur dix-huit ans. Ces chiffres sont des estimations, qui dépendent de l'application effective des mesures et du rythme de renouvellement du parc.
Calendrier, délais et mesures d'accompagnement
Les véhicules accessibles en fauteuil roulant bénéficieraient d'un délai supplémentaire : l'obligation ne s'appliquerait à eux qu'à partir du 1er juillet 2030, le temps que l'offre de modèles adaptés se développe.
Le projet comprend d'autres volets. À partir de mars 2027, les VTC âgés de dix ans ou plus ne pourraient plus conserver leur licence. Le délai de renouvellement après expiration passerait de deux ans à douze mois, au-delà desquels la demande serait traitée comme une première licence, donc soumise à l'obligation électrique. TfL cesserait également d'homologuer de nouveaux dispositifs de conversion au GPL ou au GNC.
La consultation reste ouverte jusqu'au 2 décembre 2026 à 23h59. Rien n'est donc acté : les règles finales pourraient être modifiées après les retours des chauffeurs, des plateformes et des associations.
Un signal pour les villes européennes
Le principal point de friction attendu concerne le coût pour les chauffeurs indépendants, qui devront investir dans un véhicule électrique alors que le gouvernement britannique prévoit parallèlement d'introduire une taxe kilométrique de 3 pence par mile pour les véhicules électriques. La disponibilité de bornes de recharge rapide, notamment pour les chauffeurs sans accès à une recharge à domicile, sera un autre sujet central du débat.
Pour le lecteur français, l'enjeu dépasse le Royaume-Uni. Les flottes de VTC et de taxis figurent parmi les leviers les plus efficaces de décarbonation urbaine, car chaque véhicule parcourt de très longues distances. Les métropoles françaises qui disposent de zones à faibles émissions et de dispositifs d'aide à l'électrification des professionnels de la route suivront avec attention l'issue de cette consultation londonienne, qui servira de test grandeur nature.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.