Mercedes mise sur l'IA : 500 M€ pour PLM.AI et un partenariat renforcé avec NVIDIA
Lors de ses Tech Experiences à Stuttgart, Mercedes-Benz a dévoilé deux chantiers d'IA : PLM.AI, une plateforme de développement produit financée à hauteur d'environ 500 millions d'euros pour réduire jusqu'à 30 % les délais, et un partenariat étendu avec NVIDIA pour la conduite automatisée urbaine. Aucun calendrier commercial n'est annoncé pour le niveau 4. Pour l'Europe, l'enjeu est de savoir si l'IA peut raccourcir un cycle de développement automobile devenu un facteur de compétitivité face à la concurrence asiatique.
Mercedes-Benz veut faire de l'intelligence artificielle un pilier de sa stratégie, de la conception des véhicules jusqu'à leur conduite. À l'occasion de ses Tech Experiences organisées à Stuttgart les 15 et 16 octobre 2026, le constructeur a détaillé deux projets distincts par leur nature et leur maturité : une plateforme interne de développement produit baptisée PLM.AI, et un partenariat approfondi avec NVIDIA pour les futures générations d'aides à la conduite.
PLM.AI : une colonne vertébrale numérique pour développer plus vite
PLM.AI est présentée par Mercedes-Benz comme une infrastructure numérique « native IA » de gestion du cycle de vie des produits (PLM). Le groupe y investit environ 500 millions d'euros. Son principe : relier dans un même socle les données issues du développement, des achats, de la production, des ventes et de l'après-vente, afin que des agents d'IA puissent les exploiter de bout en bout.
Les gains visés sont chiffrés. Mercedes évoque une réduction des délais de développement pouvant aller jusqu'à 30 %, soit environ 17 mois sur un cycle de développement complet, ainsi que des gains d'efficacité jusqu'à 50 % sur certains processus d'ingénierie. Ce sont des objectifs annoncés par le constructeur, pas des résultats mesurés à l'échelle de l'ensemble de ses programmes.
Des agents d'IA sont déjà utilisés pour optimiser le coût des matériaux, faciliter l'homologation, détecter des défauts ou accompagner le développement logiciel. PLM.AI doit les faire dialoguer entre eux. L'exemple cité est celui de l'optimisation du poids d'un composant, qui a des répercussions simultanées sur le coût, la sécurité, l'électronique et l'assemblage : une décision que des outils cloisonnés traitent mal.
Moins d'essais physiques, sans les supprimer
Mercedes estime que la simulation assistée par IA permettrait, à terme, de diviser par deux le nombre d'essais physiques, en ciblant mieux ceux qui restent. Le constructeur précise que les tests réels demeurent indispensables pour la sécurité et la fiabilité, et que les décisions produit restent de la responsabilité des équipes humaines. Moins de prototypes physiques, c'est aussi, mécaniquement, moins de matière et d'énergie consommées pendant la phase de mise au point, même si Mercedes ne chiffre pas cet effet.
Sur le plan industriel, le projet s'appuie sur deux partenaires : CONTACT Software, dont la plateforme CONTACT Elements fournit le socle, et Siemens, avec qui Mercedes prolonge sa collaboration sur la conception, la simulation et les jumeaux numériques. Le groupe indique garder la maîtrise de l'architecture, de ses données et de ses modèles d'IA, un point sensible pour un acteur européen dépendant de briques logicielles extérieures.
NVIDIA : vers la conduite urbaine de point à point
Le second volet, annoncé le 16 octobre, étend le partenariat entre Mercedes-Benz et NVIDIA. Il repose sur MB.OS, le système d'exploitation maison du constructeur, associé à la plateforme Hyperion (calculateur et capteurs) de NVIDIA, au logiciel Alpamayo et au système de sécurité Halos.
Alpamayo est un logiciel fondé sur l'IA doté de capacités de raisonnement, destiné à la conduite de point à point en ville, à la sécurité active et au stationnement automatisé. Halos fonctionne comme une couche de sécurité parallèle, avec surveillance et redondance, en complément de l'architecture de sécurité propre à Mercedes. La collaboration s'étend aussi aux outils de simulation pour l'ingénierie et à MO360, l'écosystème numérique des usines du groupe.
Jörg Burzer, directeur technologique de Mercedes-Benz, présente NVIDIA comme le partenaire stratégique le plus important du constructeur pour la conduite automatisée. Le programme ouvre aussi la voie à des applications de niveau 4 de l'échelle SAE, où le véhicule conduit seul dans un périmètre défini, y compris des robotaxis haut de gamme.
Ce qui reste à prouver
Les deux annonces n'en sont pas au même stade. PLM.AI est un chantier d'organisation interne dont les bénéfices se jugeront sur les prochains programmes véhicules. Le partenariat NVIDIA est un programme de développement : aucune date de commercialisation n'est avancée pour le niveau 4, et rien n'indique qu'une telle capacité soit disponible aujourd'hui. À noter que Volvo Cars a annoncé la veille une extension similaire avec NVIDIA, sur les mêmes briques, ce qui suggère une convergence des constructeurs européens autour de la même pile technologique.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://group.mercedes-benz.com/technology/digitalisation/artificial-intelligence/plm-ai.html
- https://www.wardsauto.com/news/mercedes-benz-and-nvidia-extend-strategic-technology-partnership/833391/
- https://www.automobile-propre.com/articles/deux-jours-chez-mercedes-a-stuttgart-pour-comprendre-comment-lia-va-transformer-nos-voitures/