Ombrières solaires : seuls 6 % des parkings de grandes surfaces sont équipés
Le premier relevé du cadastre public Parksun, portant sur 16 790 grandes surfaces alimentaires et magasins spécialisés, conclut que seuls 6 % des parkings concernés par la loi Aper de 2023 disposent d'ombrières solaires. L'échéance du 1er juillet 2026 pour les parkings de plus de 10 000 m² est passée avec un taux de conformité estimé à 10-15 % selon la filière. Un décret de septembre 2026 ouvre des reports jusqu'en 2028 ou 2030, à condition d'utiliser des modules respectant des critères de performance et d'origine européenne. Le dossier illustre la tension entre ambition solaire et capacité industrielle.
C'est un état des lieux chiffré que la filière solaire attendait. Parksun, cadastre public des parcs de stationnement, a publié son premier relevé : sur les 16 790 grandes surfaces alimentaires et magasins spécialisés étudiés, seuls 6 % des parkings relevant des dispositions de la loi Aper de 2023 sont équipés d'ombrières solaires. Le chiffre est relayé par GreenUnivers à partir d'un communiqué de Parksun, dont nous n'avons pas pu consulter le texte original ; il reste cohérent avec les estimations d'autres acteurs, qui placent la conformité entre 10 et 15 % au moment de l'échéance.
Ce que dit la loi Aper
L'article 40 de la loi d'accélération des énergies renouvelables de mars 2023 impose d'ombrager au moins la moitié de la surface des parkings extérieurs de plus de 1 500 m², avec des ombrières intégrant un dispositif de production d'énergie renouvelable. L'obligation s'applique depuis le 1er juillet 2026 aux parkings de plus de 10 000 m², et s'appliquera à partir du 1er juillet 2028 à ceux compris entre 1 500 et 10 000 m². Les parkings neufs ou en rénovation lourde obéissent à une règle voisine, inscrite à l'article L. 111-19-1 du code de l'urbanisme.
Les sanctions peuvent atteindre 40 000 euros par an et par site pour les plus grands parkings, selon la presse spécialisée, tant que les travaux ne sont pas réalisés. Des dérogations économiques ont été fixées par arrêté en décembre 2024, et la loi permet aussi d'ombrager avec de la végétation : depuis fin 2025, un ombrage mixte peut associer 35 % de panneaux et 65 % de végétal, ce qui abaisse la couverture solaire minimale à environ 17,5 %.
Un report conditionné à l'origine des panneaux
Face à ce retard, le gouvernement a publié le décret n° 2026-842 du 7 septembre 2026, paru au Journal officiel le 8 septembre. Il fixe les critères des modules permettant de différer l'obligation. Pour les parkings de plus de 10 000 m², le report court jusqu'au 1er janvier 2028, à condition d'avoir signé un contrat d'engagement avec acompte avant le 30 juin 2026 et passé commande avant le 31 décembre 2026. Pour ceux de 1 500 à 10 000 m², l'échéance repousse au 1er janvier 2030, avec un contrat avant fin juin 2027 et une commande avant fin 2027.
Les modules doivent atteindre un rendement supérieur à 22 %, une perte de rendement annuelle inférieure à 0,4 % après la première année, une empreinte carbone simplifiée inférieure à 740 kgCO₂eq/kWc, une garantie produit d'au moins 12 ans et une garantie de performance de 30 ans maintenant au moins 80 % de la puissance nominale. Un organisme accrédité doit certifier la conformité.
Le critère d'origine est le plus structurant. Pour les grands parkings, l'assembleur ne doit pas produire l'essentiel de ses modules dans un pays tiers fournissant plus de 50 % de l'approvisionnement européen, une formulation qui vise implicitement la Chine. Pour les parkings intermédiaires, le module doit être assemblé dans l'Espace économique européen ; un module assemblé en Europe à partir de cellules importées est admis.
Un goulot d'étranglement industriel
Cette préférence européenne se heurte à l'offre disponible. Le projet de gigafactory de Carbon à Fos-sur-Mer a été abandonné en mai, et HoloSolis n'anticipe pas de premiers modules avant 2028, rapporte L'Écho du Solaire. La grande distribution, qui réclamait un report dès 2024, a de son côté saisi le Conseil d'État contre le décret de 2024. Carrefour affirme pour sa part avoir lancé 80 chantiers et obtenu 160 permis de construire ces derniers mois.
Les ombrières pourraient couvrir 20 à 30 % de la consommation électrique des enseignes concernées, mais les exploitants doivent mobiliser leur foncier pendant 15 à 20 ans, un engagement qui explique en partie les réticences. Pour les lecteurs, l'enjeu est double : le rythme de déploiement de ce gisement solaire déjà artificialisé, et la capacité de l'industrie européenne à fournir des modules d'ici 2028-2030.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.greenunivers.com/2026/10/les-grandes-surfaces-ne-solarisent-pas-leurs-parkings-436610/
- https://www.lechodusolaire.fr/solarisation-des-parkings-le-report-jusquen-2030-passe-par-des-modules-assembles-en-europe/
- https://www.revolution-energetique.com/actus/les-ombrieres-photovoltaiques-sur-pakings-ne-sont-pas-aussi-nombreuses-que-prevu/