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Palisades : la première centrale nucléaire déclassée à redémarrer aux États-Unis

Dans le Michigan, la centrale de Palisades, arrêtée définitivement en mai 2022 puis vendue pour démantèlement, est en train de redevenir opérationnelle après deux ans de travaux — une première mondiale pour une centrale commerciale déjà classée « en déclassement ». L'opération, financée par un prêt fédéral de 1,52 milliard de dollars, illustre une option jusqu'ici jugée irréaliste : rouvrir un réacteur fermé plutôt que d'en construire un neuf. Elle résonne directement avec le débat français sur la prolongation du parc d'EDF au-delà de 60 ans, où la Cour des comptes juge cette option plus compétitive qu'une centrale neuve. Le calendrier du redémarrage a toutefois déjà glissé à plusieurs reprises, rappelant la difficulté technique et réglementaire de l'exercice.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Holtec International
ÉnergieImage : Holtec International

Sur les rives du lac Michigan, à Covert Township, la centrale de Palisades s'apprête à devenir la première installation nucléaire commerciale de l'histoire américaine à repasser du statut « en déclassement » à celui « en exploitation ». Le site, mis en service en 1971 par Consumers Energy puis exploité par Entergy, avait été arrêté définitivement le 20 mai 2022 pour des raisons économiques — un réacteur jugé non rentable face au prix de gros de l'électricité, pas un problème de sûreté. Un mois plus tard, l'énergéticien Holtec International en faisait l'acquisition, initialement pour en conduire le démantèlement.

D'un chantier de démolition à un chantier de relance

Le scénario a basculé fin 2022 : face à la demande croissante d'électricité bas-carbone — portée notamment par l'essor des centres de données et de l'IA aux États-Unis — Holtec annonce vouloir remettre le réacteur en service plutôt que de le raser. L'entreprise obtient en septembre 2024 un prêt garanti de 1,52 milliard de dollars du département américain de l'Énergie, via son programme de financement de l'infrastructure énergétique, complété par le soutien de l'État du Michigan et par deux contrats d'achat d'électricité à long terme avec les coopératives Wolverine Power et Hoosier Energy. Le projet doit également maintenir environ 600 emplois permanents et 1 000 emplois saisonniers liés aux campagnes de rechargement en combustible, prévues tous les dix-huit mois.

Deux ans d'inspections et de réparations avant de rallumer le cœur du réacteur

Contrairement à une simple remise sous tension, le chantier a mobilisé plus de deux ans de travaux : réparation des générateurs de vapeur par manchonnage et bouchage de tubes, remplacement des tubulures du mécanisme de commande des barres de contrôle, décontamination chimique du circuit primaire, inspection complète de la cuve du réacteur et de l'enceinte de confinement, remise en état des groupes électrogènes de secours et réinstallation du rotor de turbine de 183 tonnes après contrôle. La Commission de réglementation nucléaire (NRC) a validé le dossier de remise en service le 24 juillet 2025, avant de faire basculer officiellement le statut réglementaire du site de « déclassement » à « exploitation » en août 2025.

Le 30 août 2026, Holtec a annoncé le début du chargement du combustible dans la cuve du réacteur — 204 assemblages, neufs et partiellement usés — plaçant l'installation en mode 6 selon les spécifications techniques de la NRC. « Charger le combustible dans le réacteur de Palisades est une étape importante, qui reflète l'effort considérable des équipes qui ont amené cette centrale jusqu'ici », a déclaré Fadi Diya, directeur nucléaire de Holtec, dans le communiqué annonçant l'opération.

Charger le combustible dans le réacteur de Palisades est une étape importante, qui reflète l'effort considérable des équipes qui ont amené cette centrale jusqu'ici — Fadi Diya, directeur nucléaire de Holtec International

Un calendrier déjà repoussé à plusieurs reprises

Le projet accumule les retards : Holtec visait initialement une reconnexion au réseau fin 2025, puis février 2026 ; à la mi-septembre 2026, le chargement de combustible vient tout juste de s'achever et la centrale n'est toujours pas raccordée au réseau électrique. Ces glissements successifs illustrent la difficulté propre à ce type d'opération inédite : contrairement à la construction d'un réacteur neuf, il n'existe aucun précédent industriel sur lequel caler un planning de remise en service après démantèlement engagé. Holtec prévoit par ailleurs de construire à terme, sur le même site, deux petits réacteurs modulaires SMR-300 développés avec le sud-coréen Hyundai Engineering & Construction, dans le cadre de son programme « Mission 2030 ».

Un écho direct au débat français sur la prolongation du parc nucléaire

Le cas Palisades ne se transpose pas directement à la France — aucun réacteur français n'a été démantelé aussi loin que ne l'avait été celui du Michigan avant sa relance, et Fessenheim, seule centrale française fermée ces dernières années, poursuit son démantèlement sans perspective de redémarrage. Mais l'affaire nourrit un débat très concret outre-Atlantique comme en Europe : celui de la prolongation des réacteurs existants plutôt que la construction de nouvelles capacités. En France, la Cour des comptes a jugé en novembre 2025 qu'étendre la durée de vie du parc d'EDF jusqu'à 50, voire 60 ans, restait une option « avantageuse » et plus compétitive qu'un réacteur neuf — une analyse que le gouvernement a demandée à l'Autorité de sûreté nucléaire d'approfondir pour la prochaine programmation pluriannuelle de l'énergie. Le précédent de Palisades, même très différent dans son mécanisme, illustre à quel point un actif nucléaire existant, correctement entretenu, conserve une valeur que la seule logique de marché de court terme avait fait sous-estimer.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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