ATMO-INDEX
244 ARTICLES PUBLIÉS717 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 148 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 1 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER244 ARTICLES PUBLIÉS717 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 148 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 1 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

PLF 2027 : le Fonds chaleur sous pression, le soutien aux renouvelables passé au crible

Présenté le 1er octobre, le projet de loi de finances pour 2027 recentre le Fonds chaleur de l'Ademe et revoit à la baisse l'enveloppe des charges de service public de l'énergie (CSPE). Selon les estimations qui circulaient avant sa présentation, le Fonds chaleur pourrait passer d'environ 800 à 500 millions d'euros, alors que les filières réclament son maintien. Côté électricité, la CRE estimait en juillet les CSPE 2027 à 14,2 milliards d'euros, et le texte prévoit un audit des tarifs d'achat de quelque 8 000 installations solaires de taille moyenne. Les arbitrages restent à débattre au Parlement.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
••Lecture: 5 min
Partager
XINWA
a train traveling through a forest filled with lots of trees
PolitiquePhoto d'illustration : Wolfgang Weiser /Unsplash

Le débat budgétaire de l'automne est lancé. Le gouvernement a présenté le 1er octobre les grandes lignes du projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027), placé par le ministre de l'Économie Roland Lescure sous le signe du « redressement des comptes ». Pour la transition énergétique, deux lignes concentrent l'attention : le Fonds chaleur, principal outil de financement de la chaleur renouvelable en France, et les charges de service public de l'énergie (CSPE), qui financent notamment les contrats de soutien aux producteurs d'électricité renouvelable.

Le Fonds chaleur, un outil au rendement documenté

Géré par l'Ademe depuis 2009, le Fonds chaleur subventionne les réseaux de chaleur, les chaufferies biomasse, la géothermie, la récupération de chaleur fatale ou encore le solaire thermique. En 2025, son enveloppe de 801 millions d'euros a été entièrement engagée. Sur les 727 millions consacrés à l'investissement, les réseaux de chaleur ont capté 298 millions d'euros, les chaufferies biomasse 155 millions, la géothermie 85 millions, la chaleur de récupération 21 millions, le solaire thermique 10,6 millions et l'injection de biogaz 8,1 millions. Plus de 11 000 installations ont été aidées depuis sa création.

Les filières mettent en avant son efficacité : selon les chiffres relayés par le Club de la chaleur, les projets soutenus en 2025 permettent de substituer 52,5 TWh de gaz fossile, pour un coût public d'environ 11 euros par MWh de gaz évité. Les demandes en attente représenteraient plus du double du budget disponible, signe d'un gisement de projets loin d'être épuisé.

C'est dans ce contexte que les sept organisations du Club de la chaleur, dont Enerplan et le Syndicat des énergies renouvelables (SER), ont demandé le 23 septembre le maintien du fonds à 800 millions d'euros « a minima » en 2027. Les informations parues avant la présentation du texte, notamment dans Le Monde, évoquaient une baisse de plus de 30 % du budget d'intervention de l'Ademe, soit plus de 300 millions d'euros, le Fonds chaleur pouvant tomber autour de 500 millions. Le PLF « recentre » désormais le dispositif ; le montant définitif dépendra des débats parlementaires.

CSPE : des volumes en hausse, une enveloppe revue

Côté électricité, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a fixé le cadre dans sa délibération n°2026-149 du 15 juillet 2026. Elle évalue les charges de service public à compenser en 2027 à 14,2 milliards d'euros, dont 10,67 milliards à la charge du budget de l'État et 3,56 milliards, relatifs aux zones non interconnectées (outre-mer, Corse), couverts par une part de l'accise. Pour 2026, la CRE a réévalué les charges à 12,3 milliards d'euros, soit 631 millions de moins que son estimation initiale, grâce notamment à des primes photovoltaïques plus faibles et à des prix du gaz plus élevés qui réduisent le soutien au biométhane.

La hausse prévue pour 2027 tient surtout à l'augmentation des volumes soutenus, environ 9,7 TWh supplémentaires, conformément à la programmation pluriannuelle de l'énergie, et non à une dérive des coûts unitaires, que la CRE juge revenus à une dynamique d'avant-crise. Le régulateur recommande aussi d'étendre l'arrêt automatique des parcs éoliens et solaires de plus de 1 MW en période de prix négatifs, et d'expérimenter un soutien adapté pour les centrales solaires couplées à du stockage par batterie.

Un audit des tarifs d'achat solaires S21

Parmi les leviers d'économie, le PLF 2027 prévoit un audit et une possible révision à la baisse des tarifs d'achat d'environ 8 000 installations photovoltaïques relevant de l'arrêté tarifaire dit « S21 », dans la tranche de 300 à 500 kWc : bâtiments agricoles, toitures de collectivités, PME et artisans. Le ministère invoque un écart entre un tarif cible de 92 €/MWh notifié à Bruxelles et un tarif moyen constaté d'environ 110 €/MWh.

« L'État démontre une fois de plus qu'il se réserve le droit unilatéralement de ne pas respecter les contrats qu'il a lui-même mis en place. » — Daniel Bour, président d'Enerplan, cité par Tecsol Quotidien

Le texte va maintenant entrer dans le circuit parlementaire, où les montants peuvent encore évoluer. L'enjeu dépasse la seule ligne budgétaire : chaleur renouvelable et contrats de soutien conditionnent la visibilité des porteurs de projets, collectivités et industriels, dont les investissements s'étalent sur dix à vingt ans. Les arbitrages finaux sur le Fonds chaleur et sur la mesure S21 seront scrutés de près par les filières d'ici l'adoption définitive du budget.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Quiz du jour

Dans la même rubrique

man in yellow helmet and black jacket
PolitiquePhoto d'illustration : Yang Dawei / Unsplash

Renouvelables : France Renouvelables chiffre le coût social d'une décarbonation au ralenti

France Renouvelables publie la troisième édition de son Observatoire du système électrique renouvelable, accompagnée d'un portail de données ouvert, data-enr.fr. L'association professionnelle y estime que plus de 6 000 emplois directs ont déjà été détruits dans la filière, et près de 1 000 de plus si l'on compte les emplois indirects. Elle met aussi en garde contre une trajectoire à dix ans qu'elle appelle « décarbonation contrariée », construite sur les rythmes de déploiement les plus lents étudiés par RTE. L'enjeu : savoir si la France garde les compétences industrielles dont elle aura besoin pour électrifier son économie.

Rédaction AtmoGreen Studio
1 oct. 2026
a white air conditioner sitting on top of a brick wall
PolitiquePhoto d'illustration : Everett Pachmann / Unsplash

Leasing de pompes à chaleur : six offres « tout en un » retenues, 55 000 foyers visés

Le gouvernement a dévoilé le 30 septembre les six lauréats de l'offre intégrée pour les pompes à chaleur, ouverte aux précommandes dès le 1er octobre 2026. Installation, entretien, pilotage, financement du reste à charge et électricité à prix fixe sont réunis dans une seule mensualité, qui ne doit pas dépasser la dépense énergétique d'avant travaux. L'objectif passe de 25 000 à 55 000 pompes à chaleur, financées par les certificats d'économies d'énergie. Reste à vérifier, sur le terrain, l'équilibre économique de ces offres.

Rédaction AtmoGreen Studio
30 sept. 2026
a pile of different types of vegetables on a white surface
PolitiquePhoto d'illustration : Randy Fath / Unsplash

Nucléaire à La Hague : quand les riverains co-construisent la surveillance de la radioactivité

Entre 2018 et 2024, l'IRSN, devenu l'ASNR, a mené autour de l'usine Orano de La Hague une campagne de prélèvements alimentaires conçue avec les commissions locales d'information, les exploitants et des producteurs du Cotentin. Les riverains ont aidé à choisir quoi prélever et où, en fonction de leurs habitudes de consommation. Les mesures détectent du tritium et du carbone 14 au-dessus du bruit de fond, dans une fourchette d'une à cinq fois ce niveau. La dose reçue par les consommateurs reste donc très faible. Cette méthode pourrait servir de modèle pour les autres sites nucléaires français.

Rédaction AtmoGreen Studio
28 sept. 2026