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Raccordement électrique : pourquoi de la capacité réapparaît sur le réseau français

Sur le terrain, plusieurs développeurs solaires observent un phénomène inattendu : de la capacité de raccordement réapparaît autour de certains postes sources, alors que le réseau électrique français semblait engorgé. Deux mouvements convergents l'expliquent : le retrait progressif de projets qui ne verront jamais le jour — environ 10 % des dossiers en file d'attente selon le Sénat — et une réforme du mode de priorisation portée par RTE et validée par la Commission de régulation de l'énergie. Une proposition de loi actant ce changement a été adoptée au Sénat le 30 avril 2026 et doit maintenant passer devant l'Assemblée nationale. L'éclaircie reste toutefois partielle : plus de 10 % du territoire couvert par Enedis restait classé en zone saturée fin avril 2026.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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green and grey transmission tower during nighttime
ÉnergiePhoto d'illustration : American Public Power Association /Unsplash

« Nous voyons de la capacité revenir autour de certains postes sources », observe Nicolas Sur, directeur général du développeur solaire Tryba Energy, cité par GreenUnivers. Une remarque qui détonne après plusieurs années où la saturation du réseau électrique français est devenue le principal frein au déploiement du solaire et de l'éolien au sol. Le phénomène qu'il décrit n'est pas une simple accalmie statistique : il résulte de deux mécanismes distincts qui se croisent au même moment, l'un venu du terrain, l'autre du droit.

Des projets fantômes qui engorgeaient la file d'attente

Depuis des années, l'attribution des capacités de raccordement aux postes sources suit la règle du « premier arrivé, premier servi » : un projet inscrit tôt dans la file conserve sa priorité, même s'il n'avance plus. Or, selon les travaux parlementaires au Sénat, environ 10 % des projets photovoltaïques entrés en file d'attente ne voient jamais le jour — abandon du porteur, financement qui ne se concrétise pas, autorisations jamais obtenues. Ces dossiers dormants continuent pourtant de réserver de la capacité sur le réseau, empêchant des projets plus avancés de s'y raccorder. Leur retrait progressif, à mesure que RTE et Enedis font le tri, libère mécaniquement de la place autour des postes concernés.

Vers le principe du « premier prêt, premier servi »

Ce nettoyage au fil de l'eau s'accompagne d'un chantier plus structurel. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a validé début février 2026, par la délibération n°2026-32, une évolution de la procédure de raccordement de RTE : les porteurs de projets doivent désormais apporter chaque année des preuves concrètes d'avancement — maturité technique, solidité financière, état des autorisations administratives — sous peine de perdre leur place dans la file. Le Sénat a inscrit ce principe dans la loi le 30 avril 2026, en adoptant en première lecture une proposition de loi qui fait basculer la doctrine du « premier arrivé » vers le « premier prêt ». Le texte doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale ; la ministre de l'Énergie a indiqué vouloir en élargir la portée aux data centers et autres sites fortement consommateurs, eux aussi en concurrence pour l'accès au réseau.

10 % des projets photovoltaïques entrés en file d'attente ne voient jamais le jour.

Ce mouvement réglementaire intervient alors qu'Enedis affiche des chiffres record pour l'année écoulée : 6,6 GW de nouvelles capacités renouvelables raccordées en 2025, soit le double de 2022, portant le parc total connecté au réseau de distribution à 51 GW pour 1,3 million de producteurs. Le rythme de raccordement — toutes énergies et tous usages confondus — a atteint 584 000 opérations sur l'année, soit une intervention toutes les 54 secondes en moyenne. Une dynamique que le gestionnaire de réseau prévoit d'accompagner par la construction de plus de 100 nouveaux postes sources d'ici 2030, dont 80 % dédiés aux énergies renouvelables.

Une éclaircie encore très localisée

La libération de capacité reste cependant loin de résoudre l'ensemble du problème. La carte interactive coproduite par Enedis et RTE, actualisée trois fois par an, recensait au 28 avril 2026 encore 239 zones saturées sur environ 2 300 mailles analysées, soit 10,4 % du territoire couvert par Enedis où aucun nouveau projet de production ne peut être raccordé avant plusieurs années. Les départements les plus touchés — Lozère, Lot-et-Garonne, Indre — concentrent une forte densité de projets solaires au sol ou en toiture agricole, dans des zones rurales peu peuplées, loin des centres de consommation que le réseau doit alimenter en retour.

Pour les développeurs, le message envoyé par ce double mouvement — nettoyage des files d'attente et réforme des critères de priorité — est celui d'une équation qui devient un peu moins bloquante, sans changer fondamentalement la donne : la capacité disponible reste rare et concentrée sur certains nœuds du réseau, et son accès dépendra de plus en plus de la capacité des porteurs de projets à prouver, dossier à l'appui, qu'ils sont réellement prêts à construire.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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