Recharge électrique : Leclerc passe à 0,17 €/kWh et relance la guerre des prix avec Lidl
Trois mois après son offre d'été à 0,19 €/kWh, E.Leclerc baisse de nouveau le prix de ses bornes 22 kW. Il passe à 0,17 €/kWh à partir du 5 octobre et repasse ainsi sous Lidl, qui avait lancé le 18 septembre un tarif à 0,18 €/kWh via son application. Pour les conducteurs de voitures électriques qui ne peuvent pas recharger chez eux, le parking du supermarché devient l'une des recharges publiques les moins chères de France. Pour les enseignes, l'électricité vendue compte moins que les clients qu'elle fait venir en magasin.
À partir du 5 octobre, le kilowattheure coûtera 0,17 € sur les points de charge standards de 22 kW du réseau Charge E-Lec. C'est la deuxième baisse en trois mois pour E.Leclerc. L'enseigne cible la recharge en courant alternatif (AC), celle qu'on utilise pendant les courses. La presse spécialisée évoque environ 330 magasins concernés. Pour bénéficier de ce tarif, il faut passer par l'application gratuite Charge E-Lec, sans abonnement.
Ce nouveau prix répond directement à Lidl. Le 18 septembre, l'enseigne allemande a ramené sa recharge AC de 0,29 € à 0,18 €/kWh pour les utilisateurs de son application Lidl Plus, soit une baisse d'environ 38 %. Lidl revendiquait alors le tarif le plus bas de France. Sa recharge rapide en courant continu (DC) reste à 0,29 €/kWh avec l'application. Sans l'application, il faut compter 0,29 € en AC et 0,39 € en DC. Lidl affirme disposer de plus de 5 700 points de charge sur les parkings de ses magasins en France.
De l'offre d'été au bras de fer de la rentrée
Cette surenchère a commencé l'été dernier. Dans un communiqué du 2 juillet 2026, E.Leclerc et sa coopérative énergie SIPLEC annonçaient un tarif unique de 0,19 €/kWh sur leurs bornes 22 kW, étendu à l'ensemble du réseau Charge E-Lec à partir du 9 juillet. Les stations-service E.Leclerc des aires d'autoroute n'étaient pas concernées. Selon l'enseigne, recharger 100 km revenait alors à 3,40 €. Charge E-Lec a été lancé le 30 janvier 2026. Le réseau revendiquait déjà plus de 3 000 points de charge et vise 10 000 points d'ici 2035, pour un investissement de plus de 200 millions d'euros.
« 0,19 €/kWh, 3 000 points de charge, sans abonnement : pour E.Leclerc, membre de l'équipe de France de l'électrification, c'est ça rendre la transition énergétique accessible à tous. » — Michel-Édouard Leclerc, président du Comité stratégique des centres E.Leclerc, dans le communiqué du 2 juillet 2026
Les autres enseignes avancent plus discrètement. Selon un comparatif de Supermarche.tv, Carrefour, qui compte plus de 550 stations de 22 à 300 kW, annonce 0,23 €/kWh sur les bornes 22 kW de certains hypermarchés depuis le 1er août. Sa carte de fidélité rembourse en plus 10 à 15 % du montant. Auchan ne publie pas de tarif national. L'enseigne mise sur son programme de fidélité Waaoh!, avec selon les sites jusqu'à deux heures de recharge offertes ou 0,12 €/kWh remboursé en cas d'achat le jour même.
Un prix de recharge financé par le magasin
Le modèle économique explique ces prix. Les opérateurs spécialisés de la recharge rapide, qui affichent souvent entre 0,49 et 0,79 €/kWh selon Rouleur Électrique, ne gagnent de l'argent qu'en vendant de l'électricité. Un supermarché, lui, peut vendre presque à prix coûtant parce que la borne fait venir des clients en magasin. C'est la même logique que l'enseigne applique déjà au carburant, et Michel-Édouard Leclerc fait lui-même le parallèle avec ses opérations « prix coûtant » à la pompe.
Ce tarif ne s'applique toutefois qu'à la recharge lente. En une heure de courses sur une borne 22 kW, une voiture récupère en général 7 à 11 kWh, car son chargeur embarqué limite la puissance. Cela représente 40 à 70 km d'autonomie selon les estimations de Rouleur Électrique. Ces bornes à bas prix servent donc surtout à compléter une recharge, pas à préparer un long trajet. Ce sont pourtant les conducteurs sans prise à domicile, ceux qui vivent en habitat collectif ou se garent dans la rue, qui en profitent le plus. Jusqu'ici, ils payaient souvent leur kilowattheure bien plus cher que ceux qui rechargent chez eux.
Pour la transition énergétique, l'enjeu n'est pas négligeable. Selon l'Observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations (Viavoice, mars 2026), 79 % des Français estiment que la voiture électrique n'est pas encore accessible au plus grand nombre. Le prix d'achat reste le premier frein. Une recharge publique à moins de 0,20 €/kWh réduit toutefois l'écart de coût d'usage entre les ménages qui ont une prise chez eux et les autres. Reste à savoir si ce niveau de prix tiendra dans la durée et si d'autres enseignes suivront avec des tarifs nationaux affichés.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.