Solaire au sol : l'appel d'offres tombe à 61,33 €/MWh, un record de baisse qui interroge
La 9e période de l'appel d'offres PPE2 pour les centrales photovoltaïques au sol a retenu 125 projets pour 931 MWc, à un prix moyen pondéré de 61,33 €/MWh. C'est 18,15 €/MWh de moins que lors de la session précédente, soit près de 23 % de baisse après plusieurs années de prix stables autour de 80 €/MWh. Avec 731 dossiers déposés pour 8 341 MWc, la compétition était neuf fois supérieure au volume recherché. Cette chute relance le débat sur la soutenabilité des offres, certains acteurs soupçonnant des stratégies de prix agressives de la part de gros développeurs.
Les résultats de la neuvième période de l'appel d'offres PPE2 « Centrales au sol », publiés début octobre, marquent une rupture nette dans l'évolution des prix du photovoltaïque soutenu par l'État. Sur 731 dossiers déposés, représentant 8 341 MWc, 125 projets ont été retenus pour une puissance cumulée de 931,40 MWc. Le prix moyen pondéré de ce soutien public s'établit à 61,33 €/MWh.
Une chute de près de 23 % en un an
Lors de la huitième période, en 2025, le prix moyen pondéré atteignait 79,48 €/MWh. L'écart est donc de 18,15 €/MWh, soit environ 22,8 % de baisse. Depuis la troisième période, en 2022, les prix des centrales au sol évoluaient pourtant dans une fourchette étroite, entre 79 et 82 €/MWh. Le décrochage de cette session est ainsi sans précédent récent pour ce segment.
Le volume visé par l'État était de 925 MWc, conformément au rythme de deux périodes par an prévu par le cahier des charges, dont une part réservée aux projets de moins de 5 MWc. Avec 8 341 MWc proposés, la sursouscription atteint environ neuf fois l'enveloppe, ce qui laisse aux candidats très peu de marge s'ils veulent figurer parmi les lauréats : seuls les projets les moins chers sont retenus.
Où sont les projets retenus ?
La géographie des lauréats est très concentrée. La Nouvelle-Aquitaine totalise 43 projets pour environ 423 MWc, soit près de 45 % de la puissance attribuée. Dans le Lot-et-Garonne, onze projets portés par des sociétés de projet du groupe Reden représentent environ 188 MWc, dont quatre centrales de 25 à 30 MWc à Allons. Le plus grand projet recensé se situe à Criquebeuf-sur-Seine, dans l'Eure, avec 34,38 MWc. À l'autre bout de l'échelle, de nombreux lauréats pèsent autour de 1 MWc, dont une coopérative citoyenne d'énergie en Aunis Atlantique.
Qui a fait baisser les prix ?
Dans une enquête, GreenUnivers pose explicitement la question : EDF a-t-il cassé les prix ? Selon le texte de présentation de cet article, plusieurs entreprises évincées soupçonneraient un acteur de grande taille d'avoir mis en danger la filière photovoltaïque française par des offres très agressives. Ces hypothèses relèvent de l'enquête de ce média et, à ce stade, nous n'avons pas pu les confirmer à partir des documents officiels : la liste détaillée des offres n'établit pas à elle seule une stratégie de prix.
D'autres facteurs plus structurels sont avancés. L'association Hespul, qui anime le site photovoltaique.info, souligne que le volume mis en appel est faible par rapport à la demande, dans un segment qui générait auparavant environ 1 200 MWc de demandes complètes de raccordement par trimestre. Sur le segment voisin du « Petit PV » (100 à 500 kWc), l'absence de session pendant près de dix mois a de plus fait s'accumuler les projets avant la période suivante, avec un effet comparable sur la concurrence.
Des projets qui seront peut-être difficiles à construire
Des prix plus bas réduisent le coût du soutien public, ce qui est favorable aux finances de l'État. Mais ils posent la question de la réalisation effective des projets. Le cabinet Tecsol s'interroge sur la capacité des lauréats à construire tous leurs projets, évoquant la hausse des coûts de raccordement, des taux d'intérêt élevés et la longueur des délais d'autorisation. Selon les calculs publiés par Les Énergies Renouvelables, pour une centrale de 10 MWc produisant environ 12 500 MWh par an, le chiffre d'affaires annuel passerait d'environ 994 000 € à 767 000 € entre les deux périodes, soit environ 227 000 € de moins par an.
Le Petit PV illustre la même tendance : 871 projets ont été retenus pour 288,31 MWc, à 75,48 €/MWh en moyenne, contre 88,73 €/MWh lors de la première période en 2025, soit environ 15 % de baisse. Environ 70 % des offres de ce segment ont été écartées.
Pour les prochaines périodes, l'enjeu sera de voir si ces prix se maintiennent, et surtout si les projets attribués à ce niveau aboutissent. Le cahier des charges de la neuvième période, disponible sur le site de la Commission de régulation de l'énergie, rappelle le cadre : un soutien sous forme de complément de rémunération, attribué sur le critère principal du prix.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.les-energies-renouvelables.eu/article/actualites/energies/neuf-fois-trop-de-projets-solaires-au-sol-les-laureats-acceptent-des-prix-en-chute-de-23-pour-decrocher-letat-2266/
- https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Appels_d_offres/2026/CDC_PPE2_Sol_P9.pdf
- https://www.greenunivers.com/2026/10/appel-doffres-solaire-au-sol-edf-a-t-il-casse-les-prix-436738/