À 3 040 m à Val d'Isère, une borne de 500 kW pour la première dameuse 100 % électrique
Sur le domaine skiable de Val d'Isère, une borne de recharge rapide de 500 kW installée à 3 040 m d'altitude, au pied du glacier du Pisaillas, doit alimenter la Leitwolf E-Motion de Prinoth, une dameuse électrique de grande puissance. Cette machine, assemblée à Montmélian en Savoie, est l'un des trois premiers exemplaires livrés à la Compagnie des Alpes cet hiver. Elle recharge de 10 à 80 % en environ une heure, pendant la pause du conducteur. Reste un frein : un prix d'achat très supérieur à celui d'une dameuse diesel.
C'est probablement la borne de recharge rapide la plus haute d'Europe. Fixée sur l'abri de la remontée mécanique du Montet, à 3 040 m d'altitude, au pied du glacier du Pisaillas, sur le domaine skiable de Val d'Isère (Savoie), elle est privée et n'apparaît sur aucune carte publique de recharge. Aucune route ne dessert le site. Selon Automobile Propre, qui s'appuie sur le message d'un ingénieur du constructeur Kempower, la borne délivre 500 kW et utilise un connecteur Combo CCS, le même que sur les bornes rapides destinées aux voitures.
Sa mission : alimenter la Leitwolf E-Motion, la dameuse 100 % électrique de grande taille du constructeur Prinoth. Présentée en avril 2026 au salon Mountain Planet de Grenoble, la machine est le fruit d'un partenariat de deux ans entre Prinoth et la Compagnie des Alpes (CDA), exploitant de onze domaines skiables alpins dont La Plagne et Les Arcs.
Une machine pensée pour égaler le diesel
D'après Prinoth, la Leitwolf E-Motion offre des performances au moins équivalentes à celles d'un modèle thermique, avec une largeur de travail de 4,5 m et une vitesse maximale de 20 km/h. Le constructeur annonce environ cinq heures d'autonomie en conditions réelles de travail et une recharge de 10 à 80 % en une heure environ. La fiche technique relayée par Automobile Propre mentionne une batterie de 485 kWh en 800 V et trois moteurs électriques totalisant 605 kW ; la presse économique évoque, elle, une capacité d'environ 500 kWh. Les batteries sont installées en position basse, ce qui abaisse le centre de gravité, et un système de gestion thermique vise à maintenir les performances en altitude.
Ces chiffres expliquent le choix d'une borne de 500 kW. Avec une recharge de 10 à 80 % en une heure, la puissance moyenne est d'environ 350 kW, selon le calcul d'Automobile Propre. La machine peut ainsi se recharger pendant la pause du conducteur, ce qui permet d'enchaîner une nuit de damage sans immobiliser l'engin.
Trois premières unités, une flotte à convertir d'ici 2036
La CDA est le premier client : trois machines doivent entrer en service à l'automne 2026 à Serre Chevalier, La Plagne et Val d'Isère. L'opérateur, qui vise la neutralité carbone sur ses sites en 2030, prévoit de convertir à terme les quelque 100 machines de sa flotte sur dix ans. L'assemblage final a lieu sur le site savoyard de Montmélian, avec des batteries fabriquées en Europe.
Le gain environnemental dépend du mix électrique. Prinoth avance une réduction des émissions pouvant atteindre 93 %, à condition que l'électricité soit d'origine renouvelable. Automobile Propre estime à environ 20 litres de diesel économisés par heure de travail, soit environ 160 litres par nuit, pour une consommation d'environ 970 kWh. À 0,18 €/kWh, cela représenterait environ 174 € par nuit, contre environ 320 € avec du biodiesel HVO100 : le coût énergétique serait à peu près divisé par deux.
Le prix d'achat, principal obstacle
L'équation économique reste cependant défavorable à l'achat. D'après Automobile Propre, la machine coûte environ 1,5 million d'euros, contre environ 500 000 € pour un équivalent diesel. Le Journal des Entreprises rapporte que Prinoth évalue l'écart à un facteur quatre et vise de le ramener à un facteur deux ; Denis Ribot, directeur France de Prinoth, déclare : « Notre objectif est de ramener cet écart à un facteur deux ». Le constructeur table aussi sur des frais de maintenance réduits d'au moins 20 % et sur des coûts d'exploitation annuels divisés par deux, des chiffres qui restent des estimations de l'entreprise.
Le cas de Val d'Isère illustre une contrainte propre à la montagne : avant de brancher une machine, il faut amener une puissance de 500 kW à plus de 3 000 m, sans route. Le damage est, selon Automobile Propre, la principale source d'émissions directes d'une station ; son électrification est donc un test grandeur nature pour l'ensemble du secteur, et pour les fabricants de bornes de forte puissance.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.prinoth.com/en/news/launch-leitwolf-e-motion
- https://www.lejournaldesentreprises.com/article/dameuse-electrique-prinoth-et-la-compagnie-des-alpes-ouvrent-une-nouvelle-ere-dans-les-alpes-2141505
- https://www.automobile-propre.com/articles/a-plus-de-3000-m-daltitude-cette-borne-ultra-rapide-500-kw-va-recharger-les-dameuses-electriques/