Patrie ou prix : pourquoi les voitures électriques chinoises peuvent s'imposer en France
L'Observatoire Cetelem de l'automobile 2027 le résume ainsi : les Français aiment leurs marques nationales, mais le prix tranche. 71 % d'entre eux ont déjà renoncé à une marque jugée trop chère, et le marché du neuf se partage à 50/50 entre voiture nationale plus chère et modèle étranger moins cher. Dans un contexte où les marques chinoises associées à l'électrique gagnent du terrain, l'enquête éclaire ce qui pourrait accélérer leur percée sur le marché français.
La question revient à chaque salon et à chaque statistique d'immatriculations : les automobilistes français sont-ils prêts à tourner le dos aux marques nationales pour des voitures électriques venues de Chine ? L'Observatoire Cetelem de l'automobile 2027, intitulé « La patrie ou le prix ? Les automobilistes ont choisi », apporte une réponse nuancée : l'attachement existe, mais il résiste mal à l'épreuve du portefeuille.
Une étude menée dans 13 pays
L'enquête a été réalisée en juin 2026 dans 13 pays auprès de 15 770 personnes, dont 3 151 en France. Elle cherche à savoir s'il existe un véritable patriotisme automobile, et si les conducteurs l'assument dans leurs décisions d'achat. Les résultats sont publiés sur le site de l'Observatoire Cetelem, avec un document PDF téléchargeable.
Premier constat : 48 % des Français déclarent préférer, idéalement, une marque française. Ils sont même 77 % à dire qu'ils accepteraient de payer plus cher pour soutenir une marque nationale. Sur le papier, la préférence nationale est donc bien présente.
Quand le prix reprend la main
Le décalage apparaît dès qu'on passe de l'intention au choix concret. Selon l'étude, 71 % des Français ont déjà renoncé à une marque jugée trop chère. Sur le marché du neuf, l'arbitrage entre une voiture nationale plus chère et une voiture étrangère moins chère se fait à 50/50. Sur l'occasion, 60 % des sondés choisissent la voiture étrangère moins coûteuse.
L'innovation n'y change pas grand-chose : 56 % des Français se disent fidèles à une marque nationale même si elle est moins innovante, mais cet avantage s'efface lorsque l'alternative est vendue moins cher. La fidélité est réelle, mais elle a un prix maximal.
L'électrique, terrain favorable aux marques chinoises
Le second enseignement concerne l'image de marque. L'étude relève que « l'électricité est chinoise » : plus d'un quart des automobilistes des pays étudiés associent spontanément les marques chinoises aux véhicules électriques. Ce positionnement s'appuie sur un poids industriel considérable. En 2025, la Chine représentait plus de la moitié des ventes de véhicules électrifiés du panel de pays, avec 8,2 millions de modèles 100 % électriques vendus.
Cette double avantage, prix plus bas et crédibilité technologique perçue sur l'électrique, correspond à la dynamique déjà visible sur le marché français. Selon les chiffres d'immatriculations relayés par la presse spécialisée, les marques chinoises pesaient environ 4,7 % du marché français au premier semestre 2026, MG restant en tête et BYD progressant fortement, même si l'essentiel des volumes se concentre encore sur l'hybride plutôt que sur le 100 % électrique.
Ce que cela change pour la transition
Pour la décarbonation du parc, l'enjeu est double. Des prix plus bas peuvent accélérer l'adoption de l'électrique chez les ménages sensibles au coût d'achat, premier frein cité à la transition. Mais la concurrence chinoise pose aussi la question de la capacité des constructeurs européens à proposer des modèles électriques abordables, ce que les constructeurs français et européens tentent justement de faire avec des gammes d'entrée de gamme. L'étude suggère que, pour conserver la préférence des automobilistes, la marque et l'origine ne suffiront pas : l'écart de prix devra rester raisonnable.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.