Vols de câbles de recharge : Charge France réclame un plan national
Selon Charge France, les vols de câbles ont touché 850 sites de recharge rapide en France depuis janvier 2026, soit environ 10 % du réseau, pour un préjudice estimé à 18 millions d'euros. L'association demande au gouvernement une réponse coordonnée : enquêtes reliées entre juridictions, contrôle de la filière de revente du cuivre et procédure dédiée avec la police. Alors que la France compte 40 000 points de recharge rapide ouverts au public, la fiabilité du réseau devient un enjeu aussi sécuritaire que technique.
Le phénomène n'est plus anecdotique. D'après l'association professionnelle Charge France, qui fédère les opérateurs de bornes de recharge, les vols de câbles ont frappé 850 sites en France depuis le début de l'année 2026. Cela représente environ 10 % du réseau de recharge rapide, pour un préjudice que l'association chiffre à 18 millions d'euros à la charge des opérateurs. Elle demande désormais au gouvernement un plan national pour protéger l'infrastructure.
Un butin dérisoire, des dégâts disproportionnés
L'économie du phénomène explique son ampleur. Selon les éléments publiés par Charge France, le cuivre contenu dans un câble vaut environ 30 euros pour le voleur, alors que le remplacement d'un câble coûte à l'opérateur près de 1 500 euros. À cela s'ajoute l'indisponibilité du point de charge : un câble sectionné met la borne hors service jusqu'à la réparation, ce qui pénalise directement les conducteurs.
Les bornes rapides et ultrarapides sont les plus ciblées. Leurs câbles, plus épais et refroidis, contiennent davantage de cuivre, et ces stations sont souvent implantées dans des zones isolées, le long des axes routiers ou sur des parkings commerciaux peu surveillés. Plusieurs opérateurs ont déjà réagi en installant des caméras et des gaines renforcées, des mesures qui renchérissent le coût de déploiement sans supprimer le risque.
Trois priorités pour structurer la réponse
Charge France présente trois demandes. La première est de relier les enquêtes entre les différentes juridictions, puisque les vols relèvent selon l'association d'une activité de bandes organisées, et d'accélérer le partage des preuves sur les récidivistes. La deuxième est de remonter les filières de réception et de revente du cuivre volé, avec un renforcement des contrôles chez les ferrailleurs. La troisième est de créer une procédure spécifique avec les forces de l'ordre, fondée sur des alertes de vol en temps réel afin de permettre des interpellations en flagrant délit.
L'association souhaite que ces dispositifs de coopération, déjà expérimentés localement, soient étendus à l'ensemble du territoire. Elle demande aux ministères de l'Intérieur et de la Justice de réunir opérateurs, police et parquets. Son secrétaire général, Matthieu Dischamps, appelle aussi les candidats à l'élection présidentielle de 2027 à prendre des engagements précis pour protéger le réseau.
Les premières condamnations commencent à tomber
Sur le terrain judiciaire, Charge France compte 15 personnes mises en examen cette année, dont sept depuis septembre. Elle cite plusieurs décisions récentes : deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt et cinq ans d'interdiction du territoire à Toulouse, deux ans ferme et dix ans d'interdiction du territoire à Troyes, et seize mois ferme à Nantes. Des indemnisations ont été accordées aux victimes dans chaque cas. L'association salue l'engagement des policiers, des gendarmes et des magistrats, ainsi que la coopération des opérateurs dans les enquêtes.
D'autres décisions avaient déjà été rapportées plus tôt dans l'année, comme la condamnation de deux hommes par le tribunal d'Évry-Courcouronnes le 8 juin 2026. Le président de Charge France, Didier Liautaud, y voyait alors l'espoir d'un effet dissuasif.
Un réseau en croissance qui doit rester fiable
L'enjeu dépasse le préjudice financier. La France comptait 40 000 points de recharge rapide ouverts au public fin septembre 2026, selon le baromètre du ministère de la Transition écologique, d'Avere-France et de Gireve publié le 12 octobre. Une enquête Enedis-CSA d'octobre 2026 indique par ailleurs que 71 % des utilisateurs de véhicules 100 % électriques s'appuient sur la recharge publique, et que 96 % des propriétaires de véhicules électriques ou hybrides rechargeables se disent satisfaits.
Dans ce contexte, la disponibilité des bornes conditionne la confiance des automobilistes qui hésitent encore à passer à l'électrique. Les chiffres avancés restent ceux de l'association : ils n'ont pas fait l'objet d'une consolidation publique indépendante, et des estimations antérieures, établies sur une période plus courte, étaient sensiblement plus basses. Reste à savoir si les pouvoirs publics répondront à la demande d'un plan coordonné, ou si la protection du réseau continuera de reposer sur les seuls opérateurs.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.enerzine.com/vols-de-cables-de-recharge-charge-france-demande-un-plan-national/199264-2026-11
- https://www.automobile-propre.com/articles/voiture-electrique-la-justice-frappe-enfin-les-voleurs-de-cables-de-recharge/
- https://lautomobiliste.fr/10/08/2026/cable-cables-recharge-arraches-calvaire-conducteurs-voitures-electriques/