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Antora Energy lève 550 millions de dollars pour déployer ses batteries thermiques au carbone

La startup californienne Antora Energy a bouclé un tour de série C de 550 millions de dollars, codirigé par G2 Venture Partners et Eclipse, pour accélérer la production de ses batteries thermiques à base de blocs de carbone. Cette technologie stocke l'électricité sous forme de chaleur à des températures pouvant atteindre 2 400°C, avant de la restituer sous forme de lumière contrôlée pour produire de l'électricité ou de la vapeur industrielle. Un premier système de 5 GWh est déjà en cours de mise en service chez le bioraffineur POET dans le Dakota du Sud, où il doit remplacer une partie du charbon utilisé pour produire de l'éthanol. L'entreprise prévoit désormais de construire une deuxième usine américaine pour répondre à la demande croissante des data centers et de l'industrie lourde.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Two blocks of concrete sitting side by side
ÉnergiePhoto d'illustration : Laura Jaeger /Unsplash

Le tour de table, annoncé fin juillet, a été sursouscrit : au-delà des deux chefs de file G2 Venture Partners et Eclipse, une dizaine d'investisseurs s'y sont ajoutés, parmi lesquels Ribbit Capital, Salesforce Ventures, Activate Capital, John Doerr, Westly Group, StepStone Group et Liberty Mutual Strategic Ventures, aux côtés d'actionnaires historiques comme Breakthrough Energy Ventures ou Lowercarbon Capital. Avec ce nouveau tour, Antora Energy revendique désormais environ un milliard de dollars levés au total, en cumulant financements d'entreprise et financements de projets industriels.

Du carbone chauffé à blanc comme réservoir d'énergie

Fondée en 2018 à San Jose par Andrew Ponec (CEO) et Justin Briggs (COO), Antora Energy mise sur un principe physique volontairement simple : chauffer des blocs de carbone solide par résistance électrique jusqu'à environ 2 400°C, puis conserver cette chaleur avant de la restituer à la demande. La restitution se fait de deux manières selon les besoins du client : sous forme de vapeur industrielle directement injectée dans un procédé, ou reconvertie en électricité grâce à des panneaux thermophotovoltaïques qui captent la lumière intense émise par les blocs incandescents et la transforment en courant. Ce second mécanisme permet un stockage de plusieurs jours, bien au-delà de l'autonomie de quelques heures des batteries lithium-ion classiques — un atout pour lisser une production éolienne ou solaire intermittente sur des besoins industriels continus.

L'entreprise a validé cette approche à petite échelle dès 2023, avec un premier système pilote de 5 mégawattheures installé près de Fresno, en Californie, en partenariat avec l'électricien local Wellhead Electric. Le système aujourd'hui mis en service dans le Dakota du Sud change d'échelle : baptisé « Big Stone », il affiche une capacité de 5 gigawattheures, soit mille fois plus que le pilote initial, pour plus de 200 modules de batteries assemblés sur le site.

Un contrat de long terme avec un bioraffineur de l'éthanol

Le site, situé à Big Stone City, fonctionne dans le cadre d'un accord de fourniture de chaleur de long terme conclu avec POET Bioprocessing, l'un des plus grands producteurs d'éthanol de maïs des États-Unis. Le système convertit de l'électricité d'origine éolienne en vapeur utilisée dans le procédé de transformation du maïs en éthanol, en substitution partielle de la chaudière au charbon qui alimentait jusqu'ici l'usine. Selon Antora, le délai entre le début de la construction et la livraison effective d'énergie a été inférieur à douze mois — une rapidité de déploiement mise en avant par l'entreprise face à la lenteur habituelle des grands projets énergétiques. La mise en service a débuté au printemps 2026, avec une montée en puissance vers un fonctionnement complet attendue plus tard dans l'année.

Nous avons montré que nous pouvions aider à faire sauter ce verrou : livrer de l'énergie rapidement, à grande échelle, avec une innovation américaine.

Cette citation, reprise dans le communiqué de levée de fonds, résume l'argument commercial de l'entreprise : répondre à une demande d'électricité et de chaleur industrielle qui croît plus vite que la capacité du réseau américain à la satisfaire, notamment à cause de l'essor des data centers dédiés à l'intelligence artificielle.

Antora indique vouloir consacrer une partie des 550 millions de dollars levés à la construction d'un second site de fabrication aux États-Unis, en plus de son campus actuel de San Jose — trois bâtiments où travaillent déjà soudeurs, électriciens, tuyauteurs et machinistes. L'entreprise évoque un carnet de commandes en cours de discussion avec des opérateurs de data centers et hyperscalers ainsi qu'avec des industriels des secteurs des biocarburants, de la chimie et de l'agroalimentaire, sans en révéler les noms à ce stade. Les prochains projets annoncés seraient cinq à dix fois plus volumineux que celui du Dakota du Sud, dans une fourchette de 25 à 50 gigawattheures.

Reste à savoir si cette montée en cadence industrielle confirmera la promesse de rapidité de déploiement démontrée sur le site pilote de POET. Le stockage thermique par le carbone n'est qu'une des technologies en compétition pour absorber l'intermittence des renouvelables à l'échelle industrielle, aux côtés des batteries à flux, de l'hydrogène ou du stockage par air comprimé — mais la taille du tour de table et la diversité de ses investisseurs, du capital-risque climatique aux fonds plus généralistes, signalent un pari désormais pris au sérieux par une partie significative du secteur.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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