ATMO-INDEX
343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Nucléaire : la start-up américaine Apollo Atomics veut battre le prix du gaz en rétrécissant une seule pièce du réacteur

Issue du MIT et soutenue par Y Combinator, la start-up américaine Apollo Atomics vient de lever 31 millions de dollars pour commercialiser un réacteur nucléaire jusqu'à 40 fois plus compact qu'un modèle classique. Sa trouvaille ne touche pas au cœur du réacteur mais à son générateur de vapeur, jusqu'ici construit à la main et haut de plusieurs étages, qu'elle a réduit à la taille d'un être humain. L'entreprise vise un coût de 3 centimes de dollar par kilowattheure, sous celui du gaz naturel, avec un premier déploiement commercial promis pour 2028. Une trajectoire à suivre de près en Europe, où la France (Nuward d'EDF) et l'Italie (newcleo) misent elles aussi sur la miniaturisation industrielle du nucléaire pour en réduire les coûts et les délais.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
••Lecture: 5 min
Partager
XINWA
a large factory building with smoke coming out of it's stacks
ÉnergiePhoto d'illustration : Natalia Trofimova /Unsplash

L'idée derrière Apollo Atomics ne consiste pas à réinventer le réacteur nucléaire, mais à s'attaquer à sa pièce la plus encombrante et la moins discutée : le générateur de vapeur. Dans un réacteur à eau pressurisée classique — la technologie qui alimente environ 80 % des centrales nucléaires dans le monde, y compris la totalité du parc français — cet échangeur thermique est construit à la main, haut de plusieurs étages, et représente une bonne partie du coût et du temps de construction d'une centrale. C'est précisément cette pièce que la start-up basée à Cambridge (Massachusetts) a choisi de repenser entièrement.

Un bloc métallique à la place d'un bâtiment entier

Le générateur de vapeur d'Apollo Atomics remplace la tuyauterie traditionnelle par un bloc métallique unique, parcouru de canaux microscopiques qui maximisent la surface d'échange thermique. Résultat revendiqué par l'entreprise : un composant réduit à la taille d'une personne, contre plusieurs étages pour un modèle classique, et un réacteur complet jusqu'à 40 fois plus compact dans son ensemble. Fondée par Assil Halimi, docteur en génie nucléaire du MIT ayant travaillé sur l'exploitation de réacteurs, et Drew Walker, entrepreneur ayant coordonné des dossiers technologiques à la Maison-Blanche, l'entreprise revendique 15 ans de recherche héritée du MIT sur cette technologie.

Nous ne voulons pas être incrémentaux dans le nucléaire et nous contenter d'améliorer un petit détail. Notre objectif, c'est de battre le gaz naturel. — Assil Halimi, PDG et cofondateur d'Apollo Atomics (propos traduits, initialement recueillis par TechCrunch)

Apollo Atomics a déjà fait fonctionner un démonstrateur de 40 kilowatts au sein du département de génie nucléaire du MIT pour valider le principe. L'étape suivante, financée par la levée de fonds annoncée ce 20 août, est la construction d'un démonstrateur A-1 d'un mégawatt d'ici 2027, avant un premier module commercial. Le catalogue visé comprend trois tailles de réacteurs — A-10 (10 MWe), A-50 (50 MWe) et A-300 (300 MWe) — pour couvrir aussi bien l'alimentation d'un site industriel isolé qu'un centre de données ou une petite ville.

Le tour de table, largement sursouscrit selon l'entreprise, s'élève à 31 millions de dollars (dont 26 millions en série d'amorçage et 5 millions de dette), mené par le fonds FCVC avec la participation de Y Combinator, Telesoft Partners, Alumni Ventures, Robinhood Ventures, Nucleation Capital et Pelion VC, entre autres. Apollo affirme avoir déjà signé plus de 20 gigawatts de lettres d'intention auprès de futurs clients — un chiffre commercial qui reste, à ce stade, non contraignant, mais qui illustre l'appétit du marché américain pour une électricité pilotable et décarbonée, tiré notamment par la demande des centres de données d'intelligence artificielle.

Ce que cela change pour le nucléaire européen

Le pari d'Apollo Atomics s'inscrit dans une course mondiale à la miniaturisation nucléaire à laquelle plusieurs acteurs européens participent également : EDF développe son propre petit réacteur modulaire Nuward, tandis que l'italo-britannique newcleo — déjà couvert par AtmoGreen Studio — mise sur une filière au plomb liquide. L'argument central d'Apollo, la fabrication en usine plutôt que la construction sur site, est aussi celui mis en avant par la plupart des projets de SMR européens pour tenir des délais et des budgets que le nucléaire classique dépasse presque systématiquement. Si la technologie du générateur de vapeur compact tient ses promesses à l'échelle industrielle, elle pourrait devenir un argument technique repris au-delà des frontières américaines, y compris par des concepteurs de réacteurs européens en quête de gains de coûts similaires.

Reste que le calendrier annoncé — un déploiement commercial dès 2028 — est serré pour une technologie nucléaire, qui doit encore obtenir une licence de combustible auprès du régulateur américain, la NRC, avant fin 2026, puis franchir les étapes d'homologation complètes du réacteur. Apollo Atomics a toutefois structuré son conseil consultatif autour d'un ancien président de la NRC, Christopher Hanson, signe que l'entreprise anticipe un parcours réglementaire long et veut s'entourer en conséquence. Pour l'instant, aucun projet de déploiement n'a été annoncé en dehors des États-Unis.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Quiz du jour

Dans la même rubrique

a woman is opening the door of her house
ÉnergiePhoto d'illustration : Zaptec / Unsplash

Recharge à domicile : la France au 13e rang européen, mais bien sous la moyenne de l'UE

Selon les données Eurostat du premier semestre 2026, un ménage français paie en moyenne 0,2485 €/kWh, contre 0,2832 € pour la moyenne de l'Union européenne et 0,3618 € en Allemagne. La France n'est donc pas la moins chère d'Europe (13e sur 27), mais l'écart avec ses grands voisins se traduit par plusieurs centaines d'euros par an pour un automobiliste électrique. Ces moyennes incluent toutes les taxes et les parts fixes de facture : elles diffèrent du prix réel du kWh d'un contrat, notamment du Tarif Bleu d'EDF.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
Car assembly line with robotic arms and car body
ÉnergiePhoto d'illustration : Lilian Do Khac / Unsplash

BYD dépasse le million de salariés alors que ses ventes reculent : l'export change la donne

Avec plus de 1,02 million de salariés selon son président Wang Chuanfu, BYD emploie désormais plus de personnes que Toyota, GM, Ford et Tesla réunis, alors que ses ventes mondiales reculent de 3,9 % sur neuf mois. Ce paradoxe s'explique par un basculement : le marché chinois s'essouffle sous l'effet de la guerre des prix, tandis que les ventes à l'étranger bondissent de 92,7 %. Pour l'Europe, la montée en puissance de l'usine de Szeged, en Hongrie, illustre cette stratégie de production au plus près des marchés.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
red and white gas station
ÉnergiePhoto d'illustration : J Dean / Unsplash

Renault 4 électrique : 800 km d'essai pour savoir si elle peut être la voiture unique du foyer

Longue de 4,14 m et assemblée en France, la Renault 4 électrique vise le rôle de voiture principale des foyers. Un essai de près de 800 km relève 16,1 kWh/100 km en moyenne, mais seulement 230 à 240 km d'autonomie sur autoroute avec la batterie de 52 kWh. La recharge rapide, jugée limite pour les longs trajets réguliers, reste le principal compromis. Un bon indicateur de la maturité du véhicule électrique populaire en Europe.

Rédaction AtmoGreen Studio
30 oct. 2026