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Barentin renonce à son réseau de chaleur biomasse, victime de l'incertitude sur le Fonds chaleur

La ville de Barentin (Seine-Maritime) abandonne son projet de réseau de chaleur urbain alimenté par une chaufferie bois. Selon GreenUnivers, c'est l'incertitude sur le budget du Fonds chaleur en 2027 qui a fait basculer un montage dont l'équilibre financier reposait sur l'aide publique. Le dossier montre comment la visibilité sur les subventions conditionne le sort des projets de chaleur renouvelable portés par les collectivités.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a blue pipe laying on top of a pile of dirt
PolitiquePhoto d'illustration : Rose Galloway Green /Unsplash

Le projet de réseau de chaleur de Barentin, commune de la métropole de Rouen, est abandonné. D'après GreenUnivers, la décision est directement liée à l'incertitude qui pèse sur le Fonds chaleur, le dispositif géré par l'ADEME qui finance la production de chaleur renouvelable. L'équilibre financier du projet reposait sur un niveau de soutien public que la ville ne peut plus tenir pour acquis, alors que le budget du fonds pour 2027 reste incertain.

Un projet porté depuis plusieurs années

L'idée n'était pas récente. En août 2023, la presse locale (ICI) décrivait un projet articulé autour d'une chaufferie bois alimentée par environ 400 tonnes par an de déchets forestiers (plaquettes, branches, troncs), issus d'un rayon de 90 kilomètres. Le réseau devait desservir 19 bâtiments publics (mairie, médiathèque, écoles, collèges, lycées, gymnases) ainsi qu'environ 1 000 logements.

L'investissement était alors estimé entre 16 et 18 millions d'euros. La commune ne comptait pas payer elle-même : elle prévoyait de confier la réalisation et l'exploitation à un délégataire privé, pour une durée de 20 à 30 ans, avec le soutien de l'ADEME, qui avait déjà financé l'étude de faisabilité. Le maire, Christophe Bouillon, mettait en avant une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 78 % et présentait ce choix comme « une énergie renouvelable et non délocalisable ».

Le projet était ensuite passé à l'étape de la mise en concurrence : un avis d'appel public à la concurrence publié au BOAMP en avril 2025 portait sur une concession de service public pour le financement, la conception, la réalisation et l'exploitation du réseau, avec une valeur estimée à 115 millions d'euros hors taxes sur la durée du contrat et un démarrage envisagé au 1er janvier 2026.

Pourquoi le Fonds chaleur est déterminant

Le Fonds chaleur, piloté par l'ADEME, soutient la production de chaleur renouvelable et de récupération (biomasse, géothermie, solaire thermique, chaleur fatale) ainsi que les réseaux de chaleur et de froid qui y sont associés. Pour un réseau, l'aide à l'investissement conditionne souvent la compétitivité du prix de la chaleur face au gaz : elle permet d'afficher aux abonnés un tarif stable et attractif, condition du raccordement des bâtiments.

Dans ce type de montage, un délégataire calcule son modèle économique en intégrant la subvention attendue. Si le niveau d'aide ou l'enveloppe annuelle devient incertain, le risque se reporte soit sur le prix de vente de la chaleur, soit sur la collectivité. Pour une commune de la taille de Barentin, ce risque peut suffire à stopper le dossier. L'extrait public de GreenUnivers évoque un équilibre financier qui reposait sur un taux, sans que le détail soit accessible hors abonnement : cet article ne précise donc pas le taux d'aide en cause.

Un signal pour les autres collectivités

Le cas de Barentin illustre un enjeu plus large pour la décarbonation de la chaleur, premier poste de consommation d'énergie en France. Les réseaux de chaleur renouvelables sont un levier central des objectifs nationaux, mais ils sont des projets longs, de plusieurs années entre l'étude et la mise en service. Ils supportent mal les changements de cap budgétaires, alors même que les engagements contractuels se prennent sur des décennies.

Pour les porteurs de projets, la question est désormais celle de la lisibilité : un fonds pérenne, doté de façon prévisible, permet de lancer des appels d'offres sans conditionner chaque décision à un arbitrage budgétaire annuel. À ce stade, aucune position officielle détaillée de la mairie n'a pu être consultée au-delà de ce qui est rapporté par GreenUnivers, et les arbitrages sur le Fonds chaleur pour 2027 restent à suivre.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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