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Un premier moteur marin 100 % hydrogène homologué par Lloyd's Register

Le motoriste belge BeHydro, coentreprise d'ABC Engines et de CMB.TECH, a obtenu de la société de classification Lloyd's Register le tout premier certificat de type pour un moteur marin fonctionnant intégralement à l'hydrogène, sans carburant pilote. Développé et testé à Gand, ce moteur à allumage commandé couvre une gamme de puissance de 900 à 2 670 kW, adaptée au transport maritime commercial. Cette homologation, qui fait suite à celle obtenue en 2023 pour une version bicarburant, marque une étape réglementaire clé vers l'adoption industrielle de la propulsion à hydrogène en Europe. Elle confirme la maturité technique d'une filière que la Belgique cherche à positionner comme référence dans la décarbonation du transport maritime.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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ABC Engines
ÉnergieImage : ABC Engines

Le 18 juin 2026, Lloyd's Register (LR), l'une des principales sociétés de classification maritime au monde, a délivré à BeHydro le tout premier certificat d'approbation de type pour un moteur marin fonctionnant intégralement à l'hydrogène, sans aucun carburant pilote. Cette homologation ne récompense pas un prototype de laboratoire : elle valide, selon les critères d'un organisme indépendant, un moteur prêt à être installé sur des navires commerciaux.

Un allumage commandé qui s'affranchit du carburant pilote

La plupart des moteurs à hydrogène testés jusqu'ici dans le secteur maritime reposent sur une combustion bicarburant : une petite quantité de diesel ou de gaz sert d'amorce pour déclencher l'inflammation de l'hydrogène. Le moteur de BeHydro s'en passe. Il utilise un système d'allumage commandé (spark-ignited), comparable à celui d'un moteur essence, qui enflamme directement le mélange air-hydrogène sans recourir à un carburant fossile d'appoint. Résultat : zéro émission de carbone à l'échappement lorsqu'il fonctionne à l'hydrogène pur. La gamme homologuée couvre une puissance de 900 à 2 670 kW, un segment qui correspond aux besoins de navires de charge de taille moyenne, remorqueurs ou bateaux de servitude plutôt qu'aux plus gros porte-conteneurs.

Le moteur a été conçu et testé dans les installations d'ABC Engines (Anglo Belgian Corporation) à Gand, en Belgique, ville qui concentre également les activités de CMB.TECH, armateur belge engagé de longue date dans la propulsion hydrogène. Les deux entreprises ont fondé conjointement BeHydro pour développer cette technologie et la proposer aux secteurs maritime, ferroviaire et de la production d'électricité stationnaire.

Deuxième étape d'un parcours réglementaire entamé en 2023

Cette homologation n'est pas une première pour BeHydro : Lloyd's Register avait déjà accordé, en 2023, l'approbation de type d'une version bicarburant du même moteur. Le passage réussi à une version 100 % hydrogène, sans carburant pilote, marque une étape supplémentaire dans la maturation technique de la filière — et referme l'un des principaux arguments opposés à l'hydrogène-combustion : la dépendance persistante à un carburant fossile pour l'amorçage.

L'émission de ce certificat démontre que la technologie du moteur à combustion alimenté à l'hydrogène poursuit sa maturation en tant qu'option viable pour les applications maritimes, — Claudene Sharp-Patel, directrice technique mondiale de Lloyd's Register.

Du côté d'ABC Engines, son PDG Tim Berckmoes a salué une validation qui "confirme la technologie pérenne que BeHydro peut proposer aux armateurs innovants dans le monde entier". La certification a été instruite côté Lloyd's Register par Michail Cheliotis (Marine Surveyor) et Peter Van de Graaf (Strategic Key Account Business Partner), et côté BeHydro par les ingénieurs projet Edward Belderbos et Arthur Ghekiere ainsi que le coordinateur de projet Louis Vercauter, CMB.TECH.

Ce que change concrètement l'approbation de type

Un certificat d'approbation de type délivré par une société de classification comme Lloyd's Register n'est pas une simple formalité commerciale : il conditionne la capacité d'un armateur à faire installer et assurer un moteur sur un navire battant certains pavillons, et à obtenir les autorisations portuaires et d'assurance nécessaires à son exploitation. Sans ce type d'homologation indépendante, un motoriste peut difficilement convaincre un armateur d'investir dans une technologie de propulsion inédite. En ce sens, cette approbation lève un verrou réglementaire plus qu'un verrou purement technique.

Pour la Belgique, où ABC Engines et CMB.TECH sont implantées, l'enjeu dépasse le seul motoriste : le pays cherche à se positionner comme pôle de référence européen sur la propulsion hydrogène, alors que le transport maritime reste l'un des secteurs les plus difficiles à décarboner du fait de la densité énergétique exigée et de la durée de vie très longue des navires. L'étape suivante ne dépend plus seulement de BeHydro : elle suppose que des armateurs commandent effectivement des navires équipés de ce moteur, et que les ports concernés disposent d'un approvisionnement en hydrogène vert suffisant et fiable pour l'avitaillement — un maillon logistique encore embryonnaire à l'échelle du transport maritime commercial.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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