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Pourquoi Carrefour interdit les voitures électriques sur certains parkings en toiture en Belgique

Depuis début août 2026, plusieurs supermarchés Carrefour de Belgique interdisent l'accès de leurs parkings en toiture aux voitures électriques, invoquant leur poids supérieur et la difficulté d'intervention des pompiers en cas d'incendie de batterie en hauteur. La mesure touche notamment les magasins d'Auderghem, Berchem-Sainte-Agathe, Evere et Kraainem, construits selon des normes de charge qui n'anticipaient pas la généralisation de véhicules 300 à 500 kg plus lourds que leurs équivalents thermiques. Le sujet dépasse la Belgique : l'Eurocode qui encadre ces structures est une norme commune à toute l'Union européenne, et une partie du parc de parkings de supermarchés français appartient à la même génération architecturale. L'épisode illustre une friction technique concrète, encore peu anticipée, entre l'électrification du parc automobile et le bâti existant.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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cars parked in parking lot
PolitiquePhoto d'illustration : Michael Fousert /Unsplash

L'enseigne de distribution Carrefour a confirmé début août 2026 restreindre l'accès de certains de ses parkings en toiture, en Belgique, aux véhicules électriques. La mesure ne concerne pas l'ensemble du réseau : elle s'applique magasin par magasin, en fonction de l'âge et de la conception structurelle de chaque bâtiment. Quatre sites sont explicitement identifiés à ce stade — les Carrefour d'Auderghem, de Berchem-Sainte-Agathe et d'Evere, dans l'agglomération bruxelloise, ainsi que celui de Kraainem, en périphérie. Le groupe dispose d'une dix-huitaine de parkings en toiture sur l'ensemble du territoire belge, ce qui donne une idée de l'ampleur potentielle du sujet si la mesure venait à s'étendre.

Une question de charge, pas de méfiance envers l'électrique

Interrogé par le quotidien belge Sudinfo, le porte-parole de Carrefour Belgique, Mich Vergauwen, a situé la décision sur un terrain strictement technique plutôt qu'idéologique.

Les véhicules électriques sont plus lourds que les voitures à moteur thermique et ont donc un impact plus important sur le bâtiment.

Le différentiel de poids en cause est significatif : selon les modèles, une voiture électrique affiche en moyenne 300 à 500 kg de plus qu'un équivalent thermique comparable, essentiellement à cause de sa batterie. Les structures visées par l'interdiction ont été conçues à une époque où ce type de véhicule restait marginal, sur la base de l'Eurocode EN 1991-1-1, la norme européenne qui fixe les charges d'exploitation admissibles pour les parkings couverts et en toiture. Pour la catégorie F (voitures particulières et véhicules utilitaires légers), cette norme autorise une charge de dimensionnement d'environ 30 kN par véhicule, soit environ 3,1 tonnes au total pour l'ensemble structure-véhicule-marge de sécurité — un seuil pensé pour le parc automobile thermique dominant au moment de la construction, pas pour la généralisation de véhicules systématiquement alourdis par une batterie de plusieurs centaines de kilos.

Carrefour indique évaluer la question « au cas par cas » plutôt que d'appliquer une règle uniforme à l'ensemble de son parc immobilier : un magasin plus récent, dimensionné avec une marge de charge suffisante, n'est pas concerné. C'est l'ancienneté de la structure, et donc la marge réelle disponible par rapport à l'Eurocode, qui détermine si l'interdiction s'applique.

Le risque incendie, deuxième facteur invoqué

Au-delà de la charge statique, l'enseigne met en avant un second argument, lié à la sécurité incendie. En cas d'emballement thermique d'une batterie lithium-ion, l'extinction ou le refroidissement du véhicule nécessite une intervention prolongée des secours et des volumes d'eau importants — un protocole que les services d'incendie belges appliquent déjà de façon standard sur ce type de sinistre. Sur un toit, l'accès des véhicules de pompiers est structurellement plus contraint qu'au niveau du sol : rampe d'accès unique, gabarit parfois limité, temps d'intervention allongé. Aucun incident de ce type n'est à l'origine de la décision de Carrefour, qui la présente comme une mesure préventive et non comme la réponse à un sinistre survenu sur l'un de ses sites.

Une question qui dépasse la Belgique

L'Eurocode invoqué par Carrefour n'est pas une norme belge isolée : c'est un référentiel européen, transposé à l'identique dans les réglementations de construction de l'ensemble des États membres de l'Union, y compris la France. Les grandes surfaces alimentaires françaises comptent elles aussi un nombre significatif de parkings en toiture construits sur plusieurs décennies, avec la même hypothèse implicite d'un parc automobile majoritairement thermique au moment du dimensionnement. Aucune enseigne française n'a annoncé de mesure équivalente à ce stade, mais le raisonnement structurel qui sous-tend la décision belge — écart de masse entre véhicules électriques et thermiques rapporté à une charge de conception ancienne — ne dépend d'aucune particularité locale et pourrait, à terme, se poser dans les mêmes termes ailleurs en Europe à mesure que la part de véhicules électriques dans le parc roulant augmente.

Pour l'automobiliste concerné, la conséquence reste simple à ce stade : dans les quatre magasins identifiés, les véhicules électriques doivent désormais se garer au niveau du sol plutôt que sur le toit, sans changement pour le reste du réseau Carrefour.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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