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Fusion nucléaire : Commonwealth Fusion Systems lève 1 milliard de dollars pour construire sa centrale ARC

Commonwealth Fusion Systems (CFS), start-up issue du MIT, a annoncé le 30 juillet 2026 une nouvelle levée de fonds d'un milliard de dollars, portant son capital total cumulé à 4 milliards depuis sa création. Fait notable, ce tour de table réunit des fonds de pension, des fonds souverains et des partenaires industriels plutôt que les seuls capital-risqueurs des levées précédentes. Selon le PDG Bob Mumgaard, ces fonds sont intégralement dédiés à ARC, la future centrale de fusion à échelle commerciale prévue en Virginie, et non au démonstrateur SPARC actuellement assemblé dans le Massachusetts. L'entreprise a également recruté Lorence Kim, ancien banquier chez Goldman Sachs et ex-directeur financier de Moderna, pour piloter cette phase de commercialisation. Il s'agit du plus important financement du secteur de la fusion depuis la levée de 1,8 milliard de dollars réalisée par CFS en 2021.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Commonwealth Fusion Systems
ÉnergieImage : Commonwealth Fusion Systems

Avec ce nouveau tour de table d'un milliard de dollars, Commonwealth Fusion Systems (CFS) porte à 4 milliards de dollars le capital total levé depuis sa création en 2018 par des chercheurs et ingénieurs issus du Plasma Science and Fusion Center du MIT. C'est le financement le plus important consenti à une entreprise de fusion depuis la levée de série B de 1,8 milliard de dollars bouclée par CFS elle-même en 2021, et il intervient moins d'un an après un précédent tour de 863 millions de dollars réalisé en août 2025 auprès de Nvidia, Google, Khosla Ventures et Breakthrough Energy Ventures, le fonds climat de Bill Gates.

Le profil des investisseurs de ce nouveau tour marque une rupture par rapport aux levées précédentes, jusque-là dominées par le capital-risque technologique. CFS indique avoir attiré des fonds de pension, des fonds souverains, des investisseurs en infrastructures ainsi que des partenaires industriels — une composition plus proche de celle d'un projet énergétique de grande envergure que d'une start-up deep tech. Parmi les partenaires ayant déjà signé des accords d'achat d'électricité (PPA) avec l'entreprise figurent Google, le groupe pétrogazier italien Eni et l'électricien américain Dominion Energy.

SPARC et ARC : le démonstrateur d'abord, la centrale ensuite

CFS mène de front deux machines distinctes, ce que la levée de fonds vient clarifier. SPARC, en cours d'assemblage sur le site historique de l'entreprise à Devens, dans le Massachusetts, est un tokamak de démonstration destiné à prouver la viabilité scientifique du concept : atteindre le seuil de « breakeven », c'est-à-dire produire par la fusion plus d'énergie que celle injectée pour amorcer et entretenir la réaction. CFS vise cette étape en 2027. La technologie repose sur des aimants supraconducteurs à haute température (rubans REBCO), plus compacts et plus puissants que les aimants à basse température utilisés dans les tokamaks de génération précédente comme ITER, ce qui permet à CFS de viser un réacteur nettement plus petit pour une puissance de confinement équivalente.

ARC, en revanche, est le projet de centrale commerciale à proprement parler. Elle doit être construite en Virginie, sur un site baptisé Fall Line Fusion Power Station, dans le comté de Chesterfield, au sud de Richmond. C'est un projet estimé à plusieurs milliards de dollars par l'ancien gouverneur de Virginie Glenn Youngkin, qui avait annoncé le partenariat en 2024. Selon Bob Mumgaard, PDG de CFS, c'est bien vers ARC — et non vers l'achèvement de SPARC — que ce nouveau milliard de dollars est intégralement fléché, un signe que l'entreprise considère la preuve scientifique comme suffisamment acquise pour engager dès maintenant les dépenses d'ingénierie et de construction d'une centrale à l'échelle du réseau.

« CFS transforme ce qui était impossible en inévitable. Dans les années 2030, nous mettrons de la fusion commerciale sur le réseau électrique. » — Bob Mumgaard, PDG et cofondateur de Commonwealth Fusion Systems

Des clients avant même la première centrale

Fait rare pour une technologie qui n'a pas encore démontré le breakeven en conditions réelles, ARC dispose déjà de débouchés commerciaux engagés. Google s'est engagé à acheter 200 mégawatts de la production future — soit la moitié de la capacité prévue de la centrale —, tandis qu'Eni s'est engagé sur plus d'un milliard de dollars d'achat d'électricité sur la durée du contrat. Ces engagements d'achat anticipés (power purchase agreements) jouent un rôle similaire à celui des contrats de préachat dans l'éolien offshore ou le solaire à grande échelle : ils sécurisent des revenus futurs qui permettent de lever de la dette et des capitaux propres pour financer la construction, avant même la mise en service.

Sur le plan de la gouvernance, CFS a par ailleurs recruté Lorence Kim, ancien banquier chez Goldman Sachs devenu directeur financier de Moderna pendant la phase de commercialisation du vaccin à ARNm de l'entreprise biotech. Ce choix de profil — un financier rompu à la levée de capitaux massifs et à la structuration d'une entreprise en forte croissance, plutôt qu'un ingénieur — confirme que CFS se positionne désormais moins comme un laboratoire de R&D que comme un futur opérateur industriel devant financer, construire et exploiter des centrales.

Le secteur de la fusion privée reste toutefois émaillé d'échéances repoussées par le passé, et aucun acteur, CFS y compris, n'a encore démontré un gain net d'énergie soutenu dans un réacteur à l'échelle industrielle. L'ampleur de ce tour de table — et la nature institutionnelle de ses souscripteurs — traduit néanmoins un pari de plus en plus large sur l'horizon des années 2030 pour la fusion commerciale, dans un contexte où la demande électrique mondiale, tirée notamment par les centres de données d'intelligence artificielle, pousse les grands groupes technologiques à sécuriser dès aujourd'hui des sources d'électricity décarbonée pour la décennie à venir.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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