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JLR repousse le Defender 100 % électrique à l'horizon 2030

Jaguar Land Rover a acté une pause de deux ans dans la refonte de son Defender : la prochaine génération, seule à pouvoir accueillir une motorisation 100 % électrique, est décalée de 2028-2029 au début des années 2030. Le groupe invoque une plateforme actuelle inadaptée aux batteries, le succès persistant de la version thermique (110 000 ventes par an) et un plan d'économies mené par sa nouvelle direction. Seul le futur « Baby Defender » électrique, attendu vers 2027, reste au calendrier. Ce report illustre le recalibrage en cours des constructeurs européens face au ralentissement du marché du véhicule électrique et aux objectifs 2030-2035.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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White suv parked on a dirt road with mountains behind
ÉnergiePhoto d'illustration : Russell Moore /Unsplash

Jaguar Land Rover (JLR) a confirmé fin août une pause de deux ans dans le programme de refonte complète du Defender. La génération suivante de l'iconique 4x4, initialement prévue pour 2028-2029, est repoussée au début des années 2030. Or c'est précisément cette nouvelle génération qui devait, pour la première fois, ouvrir la porte à une version entièrement électrique du gros Defender. Résultat : le modèle emblématique de la marque restera thermique et hybride rechargeable pendant encore plusieurs années, alors que le constructeur affichait jusqu'ici l'ambition de proposer une déclinaison 100 % électrique pour chacune de ses quatre marques dès 2030.

Une plateforme conçue pour le franchissement, pas pour les batteries

L'obstacle mis en avant par JLR est d'abord technique. Le Defender actuel, lancé en 2020, repose sur l'architecture D7x, une structure aluminium très rigide développée spécifiquement pour les capacités de tout-terrain et optimisée pour des motorisations thermiques et hybrides. Selon le groupe, ce châssis est « trop complexe et inadapté » à une chaîne de traction purement électrique : le soubassement n'offre pas l'espace nécessaire pour loger un pack de batteries capable d'assurer une autonomie crédible sur un véhicule de ce gabarit et de ce poids. Électrifier le grand Defender suppose donc de repartir d'une plateforme neuve, un chantier lourd que la nouvelle direction a choisi de différer plutôt que d'accélérer.

Le thermique se vend trop bien pour être remplacé dans l'urgence

La deuxième raison est commerciale. Le Defender s'écoule à environ 110 000 exemplaires par an, soit près d'un tiers des quelque 350 000 véhicules vendus annuellement par JLR. « Le Defender est l'une des plus grandes réussites de JLR (…), un best-seller de sa catégorie porté par une demande mondiale toujours forte », souligne le constructeur. Repousser sa refonte revient à prolonger la carrière d'un produit très rentable, à un moment où le groupe cherche à réduire ses coûts. Ce plan d'économies est piloté par le nouveau directeur général, P.B. Balaji, arrivé en novembre 2025 en provenance de Tata, la maison mère indienne de JLR. Le contexte commercial pèse aussi : les droits de douane instaurés par l'administration américaine, ramenés à 10 % pour les véhicules produits au Royaume-Uni après négociation, ont entamé les marges sur un marché clé pour la marque.

Ce qui reste au calendrier

Tous les projets électriques de JLR ne sont pas gelés. Le futur « Baby Defender », un modèle plus compact et 100 % électrique bâti sur la plateforme EMA (Electrified Modular Architecture) et attendu autour de 2027, reste inscrit au programme, avec un tarif d'entrée annoncé aux alentours de 40 000 livres. Le Range Rover Electric, présenté au Festival de Goodwood, demeure le fer de lance électrique du groupe pour le haut de gamme. En revanche, la relance de Jaguar en marque 100 % électrique connaît elle aussi des à-coups : l'I-Pace a été arrêté en 2024 et le lancement du grand coupé électrique de la marque a été plusieurs fois décalé. L'objectif d'une offre électrique complète par marque en 2030 apparaît désormais hors d'atteinte.

Un signal de plus du recalibrage européen

Ce report ne se lit pas isolément. Plusieurs constructeurs européens — Volkswagen, Mercedes-Benz, Porsche ou Renault — ont revu ces derniers mois leurs calendriers d'électrification, invoquant une adoption du véhicule électrique plus lente qu'anticipé et une visibilité réduite sur les aides publiques. Le cadre réglementaire bouge en parallèle : le gouvernement britannique a lancé une consultation pour assouplir son mandat « zéro émission », avec un objectif possiblement ramené à 50 % de ventes électriques en 2030 contre 80 % visés jusqu'ici, tandis que l'interdiction de vente de véhicules thermiques neufs en 2030 reste nominalement en vigueur outre-Manche. Au niveau de l'Union européenne, l'échéance de 2035 fait elle aussi l'objet de débats sur une éventuelle révision.

Concrètement, un acheteur européen ne pourra pas compter sur un Defender électrique grand format avant le tournant de la décennie : d'ici là, l'offre zéro émission de JLR sur ce segment reposera sur le seul modèle compact. Pour la filière, l'épisode illustre le dilemme des constructeurs premium : électrifier des modèles-icônes très profitables en thermique sans fragiliser des marges record. Différer laisse du temps aux technologies de batteries pour gagner en densité et en coût, mais retarde d'autant le retour sur les investissements industriels déjà engagés et expose le groupe à un durcissement réglementaire s'il arrive trop tard sur ce créneau.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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