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DPE : le coefficient de l'électricité tombe à 1,7 en 2027, 300 000 logements quittent le statut de passoire sans travaux

Publié au Journal officiel le 26 août, l'arrêté du 19 août 2026 abaisse de 1,9 à 1,7 le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire utilisé par le diagnostic de performance énergétique, à compter du 1er janvier 2027. Le gouvernement attend environ 300 000 logements de plus hors des classes F et G, après les quelque 700 000 déjà reclassés lors du passage de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026. La mesure s'inscrit dans le plan « Électrification des usages » présenté le 23 avril 2026 et vise à ne plus pénaliser une électricité française décarbonée à 95 %. Les associations de locataires soulignent qu'il s'agit d'une sortie statistique : ni le confort thermique, ni la facture ne changent, et un locataire reclassé de F à E perd les protections attachées au statut de passoire.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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XINWA
a tall building with lots of windows and balconies
PolitiquePhoto d'illustration : Kaja Sariwating /Unsplash

Le diagnostic de performance énergétique ne mesure pas directement l'énergie consommée dans un logement : il convertit cette consommation finale en « énergie primaire » à l'aide d'un facteur propre à chaque source. Pour le gaz ou le fioul, ce facteur est de 1. Pour l'électricité, il a longtemps été fixé à 2,3, une valeur héritée d'une convention européenne censée refléter les pertes de production et de transport. Concrètement, un kilowattheure d'électricité chauffant un logement comptait pour 2,3 dans le calcul de l'étiquette, ce qui désavantageait mécaniquement le chauffage électrique face aux énergies fossiles. L'arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août, poursuit une révision rapide de ce paramètre en le ramenant à 1,7 au 1er janvier 2027.

Trois coefficients différents en trois ans

La trajectoire est resserrée. Le coefficient est resté à 2,3 jusqu'à fin 2025. Un premier arrêté, daté du 13 août 2025, l'a abaissé à 1,9 au 1er janvier 2026. Le nouveau texte le fixe à 1,7 douze mois plus tard. Tout DPE ou audit énergétique établi jusqu'au 31 décembre 2026 reste calculé avec la valeur de 1,9 ; ceux édités à partir du 1er janvier 2027 intègrent automatiquement 1,7. Les propriétaires disposant d'un diagnostic antérieur pourront télécharger gratuitement une attestation de changement d'étiquette sur l'observatoire DPE-Audit de l'Ademe, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur.

L'effet sur le parc est significatif. Le passage de 2,3 à 1,9 avait déjà fait changer de classe environ 700 000 logements. Le gouvernement estime que la bascule à 1,7 en sortira près de 300 000 de plus du statut de passoire thermique, portant à environ 850 000 le nombre de logements chauffés à l'électricité qui quittent les classes F et G, sur les 5,8 millions de résidences classées F ou G en France. Aucune étiquette ne peut être dégradée par ce changement : un logement chauffé au gaz ou au fioul conserve exactement la même note.

Le plan « Électrification des usages » en toile de fond

La mesure prolonge le plan « Électrification des usages » présenté par le gouvernement le 23 avril 2026. L'argument avancé est que l'électricité produite en France est abondante et décarbonée à environ 95 %, grâce au nucléaire et aux renouvelables, et qu'un DPE trop pénalisant pour cette énergie oriente mal les décisions des ménages. En rapprochant le facteur de conversion de la réalité du mix français, l'exécutif entend rendre les pompes à chaleur plus attractives dans le calcul de l'étiquette et concentrer les aides à la rénovation sur le remplacement des chaudières fossiles, plutôt que sur des logements déjà chauffés à l'électricité.

Une sortie statistique, pas une rénovation

Le point de friction est que ce reclassement ne modifie ni l'isolation, ni le système de chauffage, ni la facture réelle des occupants. En douze mois, près d'un million de logements auront changé d'étiquette sans qu'un euro ait été investi dans des travaux. Les associations de défense des locataires rappellent que le chauffage électrique par convecteurs à résistance reste souvent plus coûteux à l'usage que le gaz, et qu'un ménage reclassé de F à E perd les protections attachées au statut de passoire, notamment l'encadrement renforcé du loyer et l'interdiction de révision à la hausse.

Le calendrier réglementaire ajoute une couche de complexité. Les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront à partir de 2028. En parallèle, le Sénat a adopté en juillet 2026, dans le cadre du projet de loi sur la relance et la décentralisation du logement, une disposition autorisant la remise en location conditionnelle de biens F et G si le propriétaire s'engage à réaliser des travaux. La baisse du coefficient réduit mécaniquement le nombre de logements soumis à ces interdictions, ce qui déplace le débat : faut-il un DPE qui reflète la performance physique du bâti, ou un indicateur calé sur le contenu carbone de l'énergie utilisée ?

Pour les propriétaires bailleurs comme pour les acquéreurs, la conséquence pratique est immédiate : à partir du 1er janvier 2027, une même passoire de 2024 peut afficher une classe E sur son étiquette actualisée, disponible gratuitement auprès de l'Ademe. Le suivi du parc réellement rénové devient, lui, plus difficile à lire à partir du seul indicateur DPE, alors que la loi Climat et résilience fixe toujours un objectif de disparition des logements les moins performants du marché locatif.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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