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DPE : le coefficient de l'électricité tombe à 1,7, 300 000 logements quittent les passoires

Un arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel le 26 août, abaisse de 1,9 à 1,7 le facteur de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du diagnostic de performance énergétique. À compter du 1er janvier 2027, environ 300 000 résidences principales chauffées à l'électricité sortiront mécaniquement des classes F et G, sans le moindre chantier. C'est le troisième ajustement de ce paramètre en trois ans, après le passage de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026. Le gouvernement invoque un mix électrique décarboné et l'alignement sur la méthode européenne ; la mesure a recueilli une majorité d'avis défavorables en consultation, plusieurs contributeurs redoutant qu'elle freine la rénovation du bâti.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a building with many windows
PolitiquePhoto d'illustration : Natalia Gusakova /Unsplash

L'arrêté du 19 août 2026 « modifiant le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité relatif au diagnostic de performance énergétique » a été publié au Journal officiel du 26 août (JORF n° 0198, texte n° 28). Signé par la ministre de la Transition écologique, le ministre de la Ville et du Logement et la ministre déléguée chargée de l'énergie, il fait passer ce coefficient de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027 et abroge à la même date l'arrêté du 13 août 2025 qui avait fixé la valeur en vigueur aujourd'hui. En trois ans, le paramètre aura donc été révisé deux fois à la baisse, après le 2,3 hérité de la refonte du DPE de 2021.

Un paramètre de conversion, pas une isolation

Le facteur de conversion traduit un kilowattheure consommé au compteur en « énergie primaire », c'est-à-dire l'énergie mobilisée en amont pour produire, transformer et acheminer cette électricité. Plus il est élevé, plus la consommation électrique d'un logement est pénalisée dans le calcul de l'étiquette DPE, qui combine énergie primaire et émissions de gaz à effet de serre. Le gouvernement justifie l'abaissement à 1,7 par un mix électrique français « fortement décarboné grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables » et par « la cohérence avec la valeur européenne actualisée », la directive sur l'efficacité énergétique retenant désormais un coefficient par défaut proche de cette valeur pour l'électricité.

L'électricité est la clé pour tourner la page des énergies fossiles : elle ne doit plus être pénalisée.

Cette phrase, prononcée par Agnès Pannier-Runacher lors de l'annonce de l'étape précédente (passage à 1,9 au 1er janvier 2026), résume la ligne poursuivie par le nouvel arrêté. Concrètement, seuls les logements dont le chauffage, l'eau chaude sanitaire, ou les deux, fonctionnent à l'électricité — convecteurs, pompes à chaleur, ballons électriques — voient leur note s'améliorer. Aucun changement pour les logements au gaz, au fioul ou au bois, dont l'étiquette est calculée avec des facteurs inchangés.

300 000 résidences principales reclassées sans travaux

Selon l'étude d'impact transmise début août 2026 au Conseil supérieur de l'énergie, l'abaissement de 1,9 à 1,7 ferait sortir des classes F et G environ 300 000 résidences principales, dont près de 125 000 relèvent du parc locatif privé — soit une baisse d'environ 14 % du nombre de passoires louées. S'y ajoutent les logements qui gagnent une lettre sans franchir le seuil des passoires. Le reclassement est purement calculatoire : les propriétaires concernés pourront télécharger gratuitement, via l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, une attestation portant la nouvelle étiquette, sans nouvelle visite de diagnostiqueur ni modification des données du diagnostic initial. Le même mécanisme s'applique aux audits énergétiques en cours de validité, pour leurs scénarios avant et après travaux.

L'effet se cumule avec celui de l'arrêté de 2025 : le gouvernement avait alors avancé le chiffre de 850 000 logements susceptibles de quitter le statut de passoire au 1er janvier 2026, et près de 7 millions de logements gagnant au moins une classe. Bout à bout, plusieurs centaines de milliers de biens auront donc changé d'étiquette en une douzaine de mois sans qu'un seul mur soit isolé.

Ce que le calendrier change pour bailleurs et locataires

L'enjeu est direct pour le marché locatif. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location dans un nouveau bail ; l'interdiction s'étendra aux F au 1er janvier 2028, puis aux E en 2034. Depuis 2023, les loyers des passoires ne peuvent pas non plus être révisés à la hausse. Un logement électrique qui repasse de F à E grâce au nouveau coefficient échappe donc, sur le papier, au calendrier d'interdiction et retrouve la possibilité d'une révision de loyer. Le ministère du Logement met en avant un diagnostic « plus juste » pour des occupants dont les factures réelles ne reflétaient pas, selon lui, le classement affiché.

Une mesure adoptée malgré une consultation défavorable

Le projet a été examiné par le Conseil supérieur de l'énergie le 23 juillet 2026 et soumis à consultation publique du 9 juillet au 6 août. Le bilan est nettement critique : environ 78 avis défavorables, et une majorité de contributions pointant des conséquences économiques plutôt que des objections techniques. La crainte dominante est celle d'un « effet d'aubaine » qui inciterait à électrifier un logement — installer une pompe à chaleur, remplacer une chaudière — sans traiter d'abord l'enveloppe, isolation et étanchéité à l'air. Des professionnels de la rénovation redoutent aussi un ralentissement des chantiers lourds si le franchissement d'un seuil réglementaire peut s'obtenir par un simple recalcul.

Pour un lecteur, la mesure illustre la tension permanente du DPE : outil d'information sur la performance d'un bâtiment d'un côté, déclencheur d'obligations juridiques de l'autre. Reste à observer, sur 2027, si l'assouplissement du paramètre électrique se traduit par un report des travaux d'isolation ou, comme le parie le gouvernement, par une accélération des remplacements d'équipements fossiles. La méthode de calcul, elle, n'a probablement pas fini d'évoluer : la trajectoire européenne du facteur de conversion et les futures révisions de la réglementation environnementale continueront d'en ajuster les curseurs.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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