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Google et l'État fédéral américain relancent un réacteur nucléaire mort pour l'IA

Le département américain de l'Énergie a bouclé un prêt pouvant atteindre 1,9 milliard de dollars pour aider NextEra à redémarrer la centrale nucléaire de Duane Arnold (615 MW), dans l'Iowa, à l'arrêt depuis 2020. La totalité de la production est déjà réservée : Google en achètera l'essentiel pendant 25 ans pour alimenter ses data centers d'intelligence artificielle. C'est le troisième réacteur américain remis en service selon ce montage, après Palisades et Three Mile Island. Pour l'Europe, l'affaire illustre la même dynamique qui pousse la relance du nucléaire côté UE — demande électrique des centres de données, quête de souveraineté énergétique — mais avec une option que le Vieux Continent explore peu : ressusciter un réacteur existant plutôt qu'en construire un neuf.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Four large concrete cooling towers emitting steam under a dark cloudy sky
ÉnergiePhoto d'illustration : Lukáš Lehotský /Unsplash

Le 8 septembre 2026, le département américain de l'Énergie (DOE) a annoncé la clôture d'un prêt pouvant atteindre 1,9 milliard de dollars au bénéfice de NextEra Energy, pour soutenir la remise en service de la centrale nucléaire de Duane Arnold, près de Cedar Rapids dans l'Iowa. Le financement provient du nouvel Office of Energy Dominance Financing du DOE, le même guichet qui a déjà appuyé les redémarrages de Palisades (Michigan) et de la centrale de Three Mile Island rebaptisée Crane (Pennsylvanie). NextEra chiffre pour sa part le coût du redémarrage à environ 1,6 milliard de dollars. Le réacteur, un modèle à eau bouillante mis en service en 1974, avait été arrêté en 2020 après qu'un derecho — une tempête de vent rectiligne exceptionnellement violente — a détruit deux séries de tours de refroidissement ; l'exploitant s'orientait alors vers un démantèlement. L'objectif affiché est désormais une reprise de la production début 2029.

Une centrale ressuscitée par la demande des data centers

Le projet ne tient que grâce à un acheteur garanti. En octobre 2025, Google et NextEra ont signé un contrat d'achat d'électricité (PPA) de 25 ans portant sur la quasi-totalité des quelque 600 mégawatts du réacteur. Le solde sera repris par la coopérative Central Iowa Power Cooperative aux mêmes conditions tarifaires que Google. Le géant du numérique présente l'opération comme un soutien direct à « son infrastructure cloud et IA en pleine croissance dans l'Iowa », État où il concentre plusieurs centres de données. Google a par ailleurs signé des accords d'approvisionnement avec Kairos Power pour des petits réacteurs modulaires (SMR) et avec Commonwealth Fusion Systems pour la fusion : Duane Arnold est le volet « nucléaire disponible tout de suite » d'une stratégie plus large. En parallèle, NextEra rachète les 30 % du capital de la centrale encore détenus par deux coopératives locales pour en devenir l'unique propriétaire.

Le feu vert réglementaire attendu début 2028

Le redémarrage reste suspendu aux autorisations de la Nuclear Regulatory Commission (NRC). Lors d'une réunion publique tenue à Cedar Rapids en avril 2026, le régulateur a indiqué travailler sur un ensemble de décisions de licence — le « bundle » dans le jargon de l'agence — qu'il prévoit de délivrer au plus tard en janvier 2028, soit environ un an avant la date de reprise visée. C'est ce paquet qui autoriserait la centrale à repasser d'un statut de « démantèlement » à un statut « opérationnel ». Le DOE avance de son côté près de 1 500 emplois de chantier et plus de 450 postes permanents à la clé, pour une puissance de 615 MW présentée comme suffisante pour alimenter près de 500 000 foyers du Midwest. Les réunions publiques ont fait apparaître un soutien local marqué, mais aussi des réserves sur la sûreté d'un réacteur relancé après plusieurs années à l'arrêt.

Remettre en service 615 mégawatts de production de base fiable fera baisser le coût de l'électricité, tout en soutenant des milliers d'emplois américains. — James P. Danly, secrétaire adjoint à l'Énergie des États-Unis

Un signal pour l'Europe

L'affaire dépasse le cas de l'Iowa. Elle confirme un modèle qui se répète aux États-Unis : un opérateur remet en route un réacteur mothballé, un hyperscaler en pré-achète toute la production sur deux ou trois décennies, et un prêt public dé-risque le financement. Ce triangle sécurise l'investissement bien mieux qu'un projet de réacteur neuf, dont les coûts et les délais restent l'angle mort de la filière. En Europe, la même pression s'exerce : la consommation électrique des centres de données explose — l'Agence internationale de l'énergie anticipe que ceux d'Irlande pourraient représenter près d'un tiers de la demande nationale — et pousse une relance nucléaire assumée, de l'Alliance européenne sur les SMR (qui a présélectionné le Nuward d'EDF, le BWRX-300 et le Rolls-Royce SMR) au revirement de la Belgique sur sa sortie du nucléaire, en passant par le Royaume-Uni et l'Italie.

La différence tient au gisement disponible. Redémarrer un réacteur récemment fermé est plus rapide et moins cher que d'en bâtir un, mais l'Europe compte peu de candidats : les centrales allemandes arrêtées depuis 2023 sont engagées dans un démantèlement difficilement réversible, et le débat espagnol sur le calendrier de fermeture n'est pas tranché. Restent surtout les prolongations de durée de vie — les réacteurs belges de Doel et Tihange, le parc français d'EDF au-delà de 40 ans — qui pourraient, elles aussi, faire l'objet de contrats d'achat longue durée avec des acteurs du numérique. Duane Arnold offre un précédent contractuel concret : un client unique, un horizon de 25 ans, un partage transparent du reste de la production avec un acteur local.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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