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Éolien flottant : 260 millions d'euros de France 2030 pour armer cinq ports français

L'État a désigné les cinq ports lauréats de l'appel à projets France 2030 dédié aux infrastructures portuaires de l'éolien flottant : Marseille-Fos, Nantes-Saint-Nazaire, Brest, Port-la-Nouvelle et Cherbourg se partagent 258,5 millions d'euros d'aides publiques. Ces subventions doivent déclencher près d'un milliard d'euros d'investissements portuaires pour permettre l'assemblage sur site de flotteurs et d'éoliennes géantes, un savoir-faire encore embryonnaire en France. L'enjeu : donner au pays les moyens industriels de sa cible de 6 GW d'éolien flottant en service d'ici 2040, en Atlantique comme en Méditerranée.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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blue and red cargo ship on sea during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Jacob Meissner /Unsplash

Annoncés le 30 juillet par le ministère des Transports et l'ADEME, les résultats de cet appel à projets, lancé en 2024 dans le cadre de France 2030, désignent cinq lauréats appelés à devenir les bases arrière industrielles de l'éolien flottant français : Marseille-Fos, Nantes-Saint-Nazaire, Brest, Port-la-Nouvelle et Cherbourg. Ensemble, ils se répartissent 258,5 millions d'euros d'aides publiques, un montant qui doit servir de levier pour environ un milliard d'euros d'investissements portuaires au total.

Assembler des géants flottants, pas seulement les recevoir

Contrairement à l'éolien posé, où des navires spécialisés plantent directement les fondations en mer, l'éolien flottant impose d'assembler à terre l'ensemble éolienne-flotteur avant de le remorquer jusqu'à son site de production. Cela suppose des quais renforcés capables de supporter des charges considérables, de vastes terre-pleins de stockage pour des pales et des sections de mât de très grande dimension, des voies d'accès élargies et des équipements de manutention lourde — une infrastructure qu'aucun port français ne possédait jusqu'ici en configuration complète.

La répartition des aides reflète l'ampleur des travaux à mener : Marseille-Fos, en pointe pour les futurs parcs méditerranéens, reçoit la part la plus importante avec 82 millions d'euros. Suivent Nantes-Saint-Nazaire (60 millions), Brest (58 millions), Port-la-Nouvelle (48 millions) et Cherbourg, dont le projet plus circonscrit se voit doté de 10,5 millions d'euros.

Le projet nantais, baptisé Éole, illustre l'ampleur du chantier : un quai de 530 mètres dimensionné pour traiter 500 à 600 MW de capacité par an, des zones de stockage pour pales, tronçons de mât et nacelles, ainsi que cinq postes d'amarrage pour des éoliennes flottantes en attente d'assemblage. Le dossier d'autorisation environnementale doit être déposé fin 2026, les études techniques se dérouleront en 2027 et 2028, avant un lancement des travaux début 2029 pour une mise en service visée en 2032. Le coût total du projet, supérieur à 200 millions d'euros, n'est couvert qu'à hauteur d'environ 30 % par l'aide de l'État — le reste reposant sur les investissements propres du port et de ses partenaires industriels.

Les ports sont un maillon stratégique du développement de l'éolien, notamment en mer. — Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports

Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'Énergie, a de son côté replacé cette annonce dans la stratégie énergétique nationale, l'éolien flottant étant présenté comme l'un des piliers permettant à la France d'exploiter des zones maritimes trop profondes pour l'éolien posé classique — notamment en Méditerranée, où la profondeur interdit toute fondation fixe au-delà de quelques kilomètres des côtes.

L'objectif affiché par le gouvernement est d'atteindre près de 6 GW d'éolien flottant en service à l'horizon 2040, dans le cadre d'une trajectoire plus large de développement de l'éolien en mer. Plusieurs appels d'offres pour de nouveaux parcs flottants, en Bretagne Sud comme en Méditerranée, doivent suivre dans les prochaines années : sans ports capables d'assembler et de maintenir ces installations sur le sol français, ces projets resteraient dépendants d'infrastructures étrangères, notamment britanniques ou norvégiennes, aujourd'hui plus avancées sur cette filière.

Pour les cinq territoires portuaires concernés, l'enjeu dépasse la seule filière énergétique : ces chantiers doivent aussi créer une base industrielle durable — emplois qualifiés, sous-traitance locale, savoir-faire en assemblage de structures flottantes — susceptible de se prolonger bien au-delà de la construction des premiers parcs, à condition que le calendrier, déjà tendu jusqu'au début des années 2030, soit tenu.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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