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Éolien en mer : EDF Power Solutions et Maple Power repartent ensemble pour l'AO10

EDF Power Solutions (ex-EDF Renouvelables) et le fonds canadien Maple Power préparent des offres communes pour l'AO10, le plus vaste appel d'offres éolien en mer jamais lancé en Europe : environ 10 GW répartis sur onze zones et toutes les façades françaises. Le tandem reconduit une alliance vieille d'une décennie, à l'origine des parcs de Saint-Nazaire, Fécamp et Calvados. La décision intervient quelques mois après le retrait de Maple Power du projet Centre Manche 1, signe que la brouille était circonscrite à un seul dossier. Les offres sont attendues à la Commission de régulation de l'énergie d'ici le 12 octobre 2026, pour une attribution prévue en février 2027.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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ÉnergiePhoto d'illustration : insung yoon /Unsplash

EDF Power Solutions, la nouvelle marque des activités renouvelables du groupe EDF (ex-EDF Renouvelables), et Maple Power travaillent de nouveau main dans la main. Selon les informations de GreenUnivers, les deux partenaires historiques de l'éolien en mer français préparent des offres communes pour l'appel d'offres n°10, dit « AO10 », lancé mi-juin 2026. Cet AO est le plus important jamais mis sur le marché en Europe : il porte sur une capacité cumulée d'environ 10 gigawatts, soit davantage que l'ensemble du parc éolien en mer aujourd'hui raccordé sur le continent. Pour EDF, reconduire l'alliance avec le fonds canadien permet de partager la charge financière colossale que représenterait la conquête de plusieurs de ces zones.

Un AO10 réparti sur toutes les façades maritimes

Le cahier des charges publié le 12 juin 2026 par le gouvernement découpe l'AO10 en onze projets répartis sur l'ensemble des façades métropolitaines, avec un équilibre inédit entre éolien posé (environ 5 GW) et éolien flottant (environ 5 GW). Les zones concernées vont de Fécamp-Grand-Large en Normandie à Bretagne Nord-Ouest et Bretagne Sud, en passant par le secteur d'Oléron sur la façade atlantique, puis le golfe du Lion et le golfe de Fos en Méditerranée. Les candidats doivent déposer leurs offres auprès de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) avant le 12 octobre 2026 ; l'instruction doit s'achever début 2027 pour une attribution ministérielle en février 2027. L'objectif affiché est de retenir des projets « compétitifs », avec un prix moyen pondéré inférieur à 100 euros par mégawattheure.

Nouveauté de cette édition : le cahier des charges introduit des critères d'éligibilité liés à la résilience de la chaîne d'approvisionnement, transposés du Net Zero Industry Act européen. Concrètement, les offres seront jugées aussi sur les retombées industrielles qu'elles génèrent sur le territoire de l'Union, et non plus seulement sur le prix de l'électricité produite. Un signal envoyé aux développeurs comme aux fabricants de turbines, de fondations et de câbles.

Une alliance forgée sur les premiers parcs français

Maple Power est une coentreprise détenue à parité par le canadien Enbridge et le fonds de pension Canada Pension Plan Investment Board (CPP Investments), créée en 2019 et qui gère aujourd'hui un portefeuille d'environ 3,2 GW bruts de projets éoliens en mer en Europe. Aux côtés d'EDF, le fonds a cofinancé la quasi-totalité des premiers parcs français : Saint-Nazaire (480 MW), premier parc commercial du pays mis en service fin 2022, Fécamp (500 MW) et Calvados (450 MW), tous deux en construction, ainsi que la ferme pilote flottante Provence Grand Large au large de Fos-sur-Mer. « Nous sommes très heureux d'avoir été sélectionnés pour ce projet majeur avec EDF Renouvelables, renforçant notre collaboration historique », déclarait Michael van der Heijden, directeur général de Maple Power, lors de l'attribution du parc Centre Manche 1 en 2023.

Sur fond de retrait de Centre Manche 1

Cette reconduction est d'autant plus notable qu'à l'automne 2025, Maple Power a fait savoir à EDF sa volonté de se désengager de Centre Manche 1. Ce parc d'un gigawatt, remporté en mars 2023 dans le cadre du quatrième appel d'offres (AO4) et attendu au large de la Normandie, doit devenir à sa mise en service, vers 2030-2031, le plus grand parc éolien en mer de France. Le contexte de la filière explique en partie ces tensions : instabilité gouvernementale, retard prolongé dans l'adoption de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) et incertitude réglementaire ont pesé sur les arbitrages des investisseurs. En repartant ensemble sur l'AO10, les deux groupes montrent que le différend restait circonscrit à un dossier précis et ne remet pas en cause leur partenariat de long terme.

Ce que l'AO10 engage pour la filière

L'AO10 est conçu comme l'instrument de relance de l'éolien en mer français après des années de calendrier flottant. La France vise 45 GW en mer à l'horizon 2050, de quoi couvrir environ 20 % de sa consommation électrique et contribuer à la neutralité carbone ; la PPE3 fixe une étape intermédiaire à 15 GW en 2035, alors que seuls 2 GW sont aujourd'hui en service et 4,8 GW en développement. Un tel volume mis aux enchères en une seule fois pousse mécaniquement à la consolidation entre développeurs : les poids lourds du secteur, d'EDF à RWE, Iberdrola, Ocean Winds ou TotalEnergies, devront choisir sur quelles zones concentrer leurs moyens, souvent au sein de consortiums pour lisser le risque en capital.

Les prochaines semaines seront déterminantes. Une fois les offres remises le 12 octobre 2026, la CRE évaluera les dossiers zone par zone avant l'attribution de février 2027. Pour EDF Power Solutions, conserver Maple Power comme co-actionnaire réduit l'exposition financière sur un portefeuille potentiel de plusieurs gigawatts. Pour les territoires concernés, de la Normandie au golfe du Lion, l'enjeu porte sur les emplois industriels, le raccordement au réseau et le partage de l'espace maritime avec la pêche et la biodiversité, sujets qui reviendront au premier plan dès que les lauréats seront connus.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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