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L'Espagne prolonge jusqu'en 2030 sa centrale nucléaire la plus puissante

Le gouvernement espagnol a formalisé le 14 août 2026 la prolongation de la centrale nucléaire d'Almaraz, la plus puissante du pays, jusqu'au 8 juin 2030 — trois ans de plus que prévu par le calendrier de sortie du nucléaire adopté en 2019. La décision, validée en juillet par le régulateur de sûreté nucléaire espagnol (CSN), répond à une demande de l'exploitant CNAT (Iberdrola, Endesa, Naturgy) déposée fin octobre 2025. Almaraz fournit à elle seule environ 7 % de l'électricité espagnole, l'équivalent de la consommation de 4 millions de foyers, et ce report sécurise près de 4 000 emplois locaux. Le choix n'abroge pas formellement l'objectif d'une sortie totale du nucléaire espagnol d'ici 2035, mais il intervient dans un climat de tensions sur les marchés de l'énergie et après la panne électrique généralisée qui a frappé la péninsule ibérique en avril 2025.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Two modern blue skyscrapers reflected in water
PolitiquePhoto d'illustration : Valdhy Mbemba /Unsplash

Le ministère espagnol de la Transition écologique (MITECO) a publié le 14 août 2026 l'arrêté renouvelant l'autorisation d'exploitation des deux réacteurs d'Almaraz, dans la province de Cáceres (Estrémadure), jusqu'au 8 juin 2030. Concrètement, cela signifie que l'unité 1, dont l'arrêt était programmé pour octobre 2027, et l'unité 2, prévue pour 2028, resteront connectées au réseau trois ans de plus que ne le prévoyait le protocole de sortie progressive du nucléaire signé par les exploitants et le gouvernement en 2019.

Un feu vert conditionné par le régulateur de sûreté

La décision ministérielle fait suite à un avis favorable du Conseil de sûreté nucléaire (CSN), l'autorité de régulation indépendante espagnole, rendu le 16 juillet 2026 à l'issue d'une instruction technique appuyée sur 29 documents produits par 16 services spécialisés de l'organisme. Le CSN conditionne son feu vert au maintien d'un niveau de sûreté jugé adéquat : effectifs suffisants pour assurer les fonctions de sûreté entre 2028 et 2030, disponibilité garantie du combustible pour la période prolongée, et bon état vérifié des installations. Le régulateur précise que la centrale peut continuer à fonctionner sans investissement supplémentaire au-delà de ceux déjà prévus dans l'autorisation en cours.

La demande de prolongation avait été déposée officiellement le 30 octobre 2025 par le conseil d'administration de Centrales Nucleares Almaraz-Trillo (CNAT), la société qui exploite le site pour le compte de ses propriétaires — Iberdrola (52,7 %), Endesa et Naturgy. Les deux réacteurs à eau pressurisée d'Almaraz, en service commercial depuis 1983 et 1984, affichent une puissance cumulée d'environ 2 000 MW, ce qui en fait la centrale la plus puissante du parc nucléaire espagnol.

Le contrecoup du black-out ibérique d'avril 2025

Le dossier Almaraz s'inscrit dans un contexte plus large de remise en question du calendrier de sortie du nucléaire espagnol, relancée après la panne électrique généralisée qui a plongé l'Espagne et le Portugal dans le noir en avril 2025. Cet épisode a ravivé le débat sur le rôle du nucléaire dans la stabilité du réseau électrique, aux côtés des tensions géopolitiques (guerre en Ukraine, instabilité au Proche-Orient) invoquées par le gouvernement pour justifier un besoin accru de sécurité d'approvisionnement. En février 2026, une délégation de dix eurodéputés s'était rendue sur le site d'Almaraz, à la suite d'une pétition citoyenne demandant le maintien en activité de la centrale.

La décision ne fait toutefois pas l'unanimité. Greenpeace Espagne a dénoncé une « cession » du gouvernement à la pression des trois grands groupes électriques propriétaires de la centrale, qui plaidaient depuis plusieurs années pour amortir davantage leurs investissements avant le démantèlement. À l'inverse, le lobby Foro Nuclear estime que ce précédent ouvre la voie à des demandes similaires pour les autres centrales espagnoles encore en activité — Trillo, Ascó, Vandellós et Cofrentes — dont la fermeture reste pour l'instant programmée d'ici 2035.

Sur le plan formel, l'objectif d'une sortie totale du nucléaire espagnol à l'horizon 2035 n'est pas abrogé : seule l'autorisation d'Almaraz est modifiée à ce stade. Mais le geste est significatif pour un pays qui avait fait de ce calendrier un marqueur de sa politique énergétique depuis 2019, et il place l'Espagne dans la même dynamique que plusieurs voisins européens — Belgique, Suède — qui ont récemment revu à la hausse la durée de vie de leurs réacteurs plutôt que de les fermer.

Pour un lecteur français, le parallèle est direct : EDF exploite déjà une partie de son parc au-delà de 40 ans grâce à des programmes de grand carénage validés par l'Autorité de sûreté nucléaire, et le débat espagnol illustre une tendance européenne plus large où la prolongation d'actifs nucléaires existants est de plus en plus perçue, par les gouvernements, comme un levier de sécurité énergétique à court terme moins coûteux et plus rapide à mobiliser qu'une nouvelle construction.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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