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Aux États-Unis, les renouvelables passent 30 % du mix électrique malgré Washington

Selon les données de l'agence fédérale américaine de l'énergie (EIA), les énergies renouvelables ont fourni 30,3 % de l'électricité produite aux États-Unis sur les cinq premiers mois de 2026, contre 28,2 % un an plus tôt, portées par une hausse de plus de 20 % du solaire à grande échelle. Cette progression se poursuit alors même que l'administration Trump a acté la fin accélérée des crédits d'impôt pour l'éolien et le solaire. Pour un lecteur européen, la trajectoire américaine sert de test grandeur nature : elle montre qu'un pipeline de projets déjà engagés et la chute des coûts du solaire et des batteries maintiennent le déploiement même quand le soutien politique se retire. Elle illustre aussi le risque d'un effet « falaise » quand les incitations s'arrêtent brutalement plutôt que de s'éteindre progressivement.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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white windmill during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Thomas Réaubourg /Unsplash

Les chiffres publiés par l'Energy Information Administration (EIA), l'agence statistique du département américain de l'Énergie, dans son Electric Power Monthly, dessinent une tendance nette : sur la période de janvier à mai 2026, les énergies renouvelables ont représenté 30,3 % de la production nette d'électricité des États-Unis, contre 28,2 % sur les cinq premiers mois de 2025. La production d'origine renouvelable a progressé d'environ 10 % en un an. Éolien et solaire réunis, en incluant les petites installations en toiture, ont fourni 22,2 % de l'électricité du pays. Cette dynamique se déroule dans un contexte politique ouvertement défavorable : depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les mesures d'entrave à l'éolien et au solaire, du gel de permis fédéraux à la remise en cause des dispositifs de soutien hérités de l'Inflation Reduction Act.

Le moteur de la croissance reste le solaire. Sur les cinq premiers mois de 2026, la production des grandes centrales photovoltaïques a bondi de plus de 21 % sur un an, celle du solaire décentralisé de près de 13 %, l'hydroélectricité d'environ 11 % (effet d'une meilleure hydrologie) et l'éolien de près de 5 %. Un seuil symbolique a été franchi en avril : la puissance installée du solaire à grande échelle a dépassé pour la première fois celle de l'éolien terrestre, autour de 160 gigawatts chacun. Sur certains mois, éolien et solaire ont individuellement produit plus que le charbon, dont la génération a reculé de plus de 11 % sur la période.

Une croissance portée par les projets déjà engagés

Si le déploiement continue malgré l'hostilité fédérale, c'est d'abord parce qu'un parc de projets a été sécurisé avant le changement de cap : commandes de modules passées, terrains réservés, places obtenues dans les files d'attente de raccordement. À cela s'ajoute l'essor rapide du stockage par batteries, dont la capacité installée a augmenté de plus de 16 gigawatts sur un an selon les données de l'EIA et de la Federal Energy Regulatory Commission, soit une hausse de près de 58 %. Cette combinaison solaire + batteries est devenue, dans de nombreux États du Sud et de l'Ouest, l'option la moins chère pour ajouter de la capacité au réseau. Dans son Short-Term Energy Outlook, l'EIA anticipe encore près de 80 gigawatts de nouvelles capacités solaires, éoliennes et de stockage mises en service sur l'ensemble de 2026, et prévoit que la part des renouvelables dans la puissance installée à grande échelle passe de 34,1 % fin mai 2026 à 37 % un an plus tard.

Le compte à rebours fiscal du One Big Beautiful Bill Act

Le principal frein est désormais fiscal. La loi budgétaire dite One Big Beautiful Bill Act, promulguée le 4 juillet 2025, a supprimé dès la fin 2025 le crédit d'impôt de 30 % pour les particuliers installant des panneaux solaires, et programmé une extinction accélérée des crédits à la production et à l'investissement pour les centrales éoliennes et solaires. Concrètement, les projets dont la construction démarre après le 5 juillet 2026 devront être mis en service avant fin 2027 pour rester éligibles, et de nouvelles restrictions visent depuis 2026 les projets liés à des « entités étrangères préoccupantes », en particulier chinoises. Les analystes s'attendent en conséquence à un pic d'installations en 2026, suivi d'un ralentissement marqué en 2027-2028, le temps que la baisse continue des coûts compense l'absence de subvention.

« Malgré tous les obstacles dressés par l'administration Trump, la croissance du solaire, de l'éolien et du stockage par batteries est en réalité en train d'accélérer », observe Ken Bossong, directeur exécutif de la SUN DAY Campaign, qui compile les données mensuelles de l'EIA et de la FERC.

Pour l'Europe, l'épisode américain est riche d'enseignements au moment où plusieurs capitales et une partie du Parlement européen plaident pour assouplir ou différer certaines obligations du Pacte vert et du plan pour une industrie propre. La séquence en cours aux États-Unis suggère qu'un socle de déploiement se maintient même sans soutien public, dès lors que le solaire et les batteries sont devenus compétitifs et que des projets sont déjà dans les tuyaux. Mais elle montre aussi le coût d'un arrêt brutal des incitations : plutôt qu'une décrue douce, le marché s'oriente vers un cycle d'expansion puis de contraction, peu propice à la stabilité des chaînes d'approvisionnement et de l'emploi industriel. La question qui se posera à partir de 2027 – la baisse des coûts suffira-t-elle à prendre le relais des aides publiques ? – concerne directement les arbitrages européens à venir.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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