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Une étude de Cornell relativise l'impact du solaire sur les terres agricoles new-yorkaises

Une étude publiée dans la revue Rural Sociology par des chercheurs de Cornell vient nuancer l'idée reçue selon laquelle les fermes solaires à grande échelle menaceraient l'agriculture dans l'État de New York. Menée auprès de 584 propriétaires fonciers dans trois comtés à fort potentiel solaire, l'enquête montre que les agriculteurs ayant signé un bail avec un développeur solaire sont trois fois plus susceptibles de réinvestir ces revenus dans leur exploitation que de la réduire. Les données confirment par ailleurs que le solaire n'occupe qu'une fraction marginale des surfaces agricoles américaines, loin derrière les golfs ou l'étalement pavillonnaire. Ces résultats pourraient peser dans les débats réglementaires sur l'implantation de nouveaux parcs solaires en zone rurale.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Train traveling through colorful agricultural fields from above.
ÉnergiePhoto d'illustration : Bernd 📷 Dittrich /Unsplash

Dans l'État de New York, l'implantation de fermes solaires à grande échelle se heurte depuis plusieurs années à une inquiétude récurrente dans les zones rurales : celle de voir les meilleures terres agricoles converties en champs de panneaux photovoltaïques. L'État s'est fixé des objectifs climatiques ambitieux qui imposent de multiplier les capacités solaires utilitaires dans les deux prochaines décennies, ce qui a intensifié la pression foncière dans des comtés comme Genesee, St. Lawrence ou Washington, tous trois à fort potentiel solaire. C'est précisément dans ces trois comtés qu'une équipe de l'Université Cornell a mené l'enquête qui vient nourrir le débat.

Une enquête postale auprès de 584 propriétaires

Publiée en février 2026 dans la revue Rural Sociology, l'étude a été conduite par Kathryn Walsh, chercheuse au Centre de sciences sociales de la conservation de Cornell, sous la direction de Richard Stedman, professeur et directeur par intérim de l'Ashley School, avec la participation de David Kay, associé d'extension senior. L'équipe a envoyé un questionnaire postal à 1 500 propriétaires fonciers possédant au moins 30 acres de terres rurales, agricoles ou vacantes situées à proximité de lignes de transmission électrique — les parcelles les plus convoitées par les développeurs solaires. Avec un taux de retour supérieur à 40 %, 584 réponses exploitables ont permis de dresser un état des lieux inédit des motivations et des choix des propriétaires sollicités.

Premier constat : les développeurs solaires démarchent deux fois plus de propriétaires non-agriculteurs que d'agriculteurs en activité, mais ce sont justement ces derniers qui se montrent les plus réticents à signer un bail. Parmi les 71 agriculteurs de l'échantillon ayant tout de même conclu un contrat de location avec un développeur, près de la moitié n'envisageaient aucun changement dans leur activité agricole — ils continuent d'exploiter le reste de leurs terres normalement, le bail solaire ne portant que sur une fraction de la propriété.

Large-scale solar does not appear to be the death of farming, affirme Richard Stedman, principal investigateur de l'étude.

L'argument financier explique en grande partie ce constat. Selon les chiffres cités par l'élue locale Andrea Bailey, un bail solaire rapporte entre 800 et 1 000 dollars par acre et par an à un propriétaire, contre seulement 100 à 200 dollars pour une location agricole classique. Cet écart, loin de pousser les agriculteurs à abandonner leur métier, leur donne au contraire les moyens de le consolider : les chercheurs constatent que les signataires d'un bail solaire sont trois fois plus susceptibles de réinvestir ces revenus dans leur exploitation — matériel, terres supplémentaires, modernisation — que de réduire leur activité.

Le solaire, loin derrière les golfs et l'étalement urbain

L'étude cornellienne s'inscrit dans un constat plus large sur l'usage réel des terres américaines par le solaire. Une analyse de la carte de référence de la SEIA (l'association professionnelle du secteur solaire), croisée aux données de l'USDA sur l'Ohio, montre que les installations solaires n'occupent que moins d'un septième de 1 % des terres agricoles de qualité supérieure de l'État. À titre de comparaison, les seuls terrains de golf en occupent 2,7 fois plus, et l'étalement pavillonnaire enregistré entre 2014 et 2024 en a consommé cinq fois plus à lui seul. Une étude Cornell de 2025 va plus loin en comparant les rendements énergétiques par hectare : produire l'équivalent en éthanol de maïs — une culture qui absorbe à elle seule environ 40 % de la récolte de maïs de l'Ohio — nécessite environ trente fois plus de terres que produire la même quantité d'énergie en solaire photovoltaïque.

Ces éléments ne clôturent pas pour autant le débat à New York. Certains élus, comme l'assemblymember républicaine Andrea Bailey, dont la circonscription couvre une partie du comté de Livingston, continuent de dénoncer une perte nette de foncier agricole de qualité : « We are seeing our agricultural land being taken up by solar projects, left and right », affirme-t-elle, plaidant pour un encadrement plus strict des implantations. L'échantillon de l'étude, limité à trois comtés et fondé sur des déclarations volontaires, ne permet pas non plus d'extrapoler mécaniquement ces résultats à l'ensemble de l'État.

Reste que ces données arrivent à un moment charnière pour la régulation de l'implantation solaire en zone rurale new-yorkaise, alors que l'État doit encore multiplier ses capacités utilitaires pour tenir ses objectifs climatiques. En objectivant l'impact réel des baux solaires sur l'activité agricole plutôt que de s'en remettre aux perceptions, l'enquête de Cornell donne aux autorités de régulation — et aux propriétaires eux-mêmes — une base chiffrée pour arbitrer entre préservation des terres nourricières et accélération de la transition énergétique.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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