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Ford mise sur le « gigacasting » pour lancer une camionnette électrique à moins de 30 000 dollars

Ford a dévoilé Fathom, sa future camionnette électrique compacte à partir de 28 350 dollars, premier véhicule construit sur une plateforme pensée pour réduire drastiquement les coûts de fabrication grâce au moulage de grandes pièces d'aluminium et à des batteries LFP produites dans le Michigan. Le pick-up lui-même n'a pas vocation à être vendu en Europe, où ce format reste marginal, mais la méthode industrielle qu'il illustre — comprimer les coûts en réduisant le nombre de pièces plutôt qu'en misant sur le seul volume — rejoint directement la course que mènent Renault, Citroën ou Volkswagen pour proposer des voitures électriques sous les 25 000 euros. Les précommandes doivent ouvrir début 2027.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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XINWA
A white jeep is parked in a garage
ÉnergiePhoto d'illustration : HALO Hub /Unsplash

Ford a dévoilé le 6 août 2026 le nom et le prix de sa future camionnette électrique compacte, baptisée Fathom : premier modèle construit sur une toute nouvelle architecture, l'« Universal EV Platform » (UEV), conçue dès l'origine pour faire chuter les coûts de fabrication. Annoncée à partir de 28 350 dollars — environ 29 945 dollars une fois les frais de livraison inclus — elle vise à corriger l'échec commercial relatif du F-150 Lightning, premier pick-up électrique de la marque, jugé trop cher pour toucher un large public.

Une carrosserie assemblée à partir de trois pièces géantes

Pour tenir ce prix, Ford mise sur le « gigacasting » : de grandes pièces moulées en aluminium, une méthode popularisée par Tesla pour ses usines de Model Y et de Cybertruck. Selon les informations relayées par Electrek et le Detroit News, la carrosserie du Fathom est assemblée à partir de trois éléments principaux moulés séparément, acheminés sur des lignes distinctes puis assemblés en toute fin de chaîne — contre plusieurs centaines de pièces soudées pour un véhicule construit selon les méthodes traditionnelles. Cette architecture, mise au point par une petite équipe interne fonctionnant en mode « skunkworks », doit réduire à la fois le poids, le temps d'assemblage et, in fine, le prix de revient.

La batterie recourt à une chimie LFP (lithium-fer-phosphate), moins coûteuse et plus durable dans le temps que les batteries NMC habituellement utilisées sur les modèles premium. Elle sera produite dans l'usine BlueOval Battery Park de Ford, dans le Michigan, dont la technologie est fabriquée sous licence du chinois CATL. Le site doit atteindre une capacité d'environ 20 gigawattheures par an, de quoi équiper près de 250 000 véhicules électriques. Ford annonce une autonomie d'au moins 480 kilomètres (300 miles) pour la version standard du Fathom.

Le véhicule reprend plusieurs technologies déjà déployées sur d'autres modèles Ford : conduite semi-autonome mains libres BlueCruise, recharge bidirectionnelle permettant d'alimenter une maison ou un chantier, clé numérique et intégration native d'Apple Maps avec préconditionnement de la batterie avant recharge rapide. Les précommandes doivent ouvrir début 2027, pour des premières livraisons prévues dans la foulée.

Un signal pour la course européenne au véhicule électrique abordable

Le Fathom lui-même, un pick-up de gabarit américain, n'a pas vocation à être commercialisé en Europe, où ce format reste marginal. Mais la méthode industrielle qu'il incarne intéresse directement les constructeurs européens engagés dans leur propre course au véhicule électrique abordable. Renault prépare une Twingo E-Tech électrique annoncée sous les 20 000 euros, Citroën mise sur la ë-C3, et Volkswagen doit lancer son ID.2all : tous cherchent à franchir la même barrière de prix qui freine encore l'adoption de la voiture électrique en Europe, où le coût d'achat reste le premier frein cité par les acheteurs dans les baromètres sectoriels.

Le gigacasting, déjà adopté par Tesla dans sa giga-usine de Berlin-Brandebourg et désormais visé par Ford aux États-Unis, illustre une convergence industrielle : comprimer les coûts en réduisant le nombre de pièces et de points de soudure, plutôt que de miser uniquement sur les économies d'échelle. Plusieurs équipementiers européens spécialisés dans les presses de moulage géantes suivent de près cette évolution, avec l'idée de pouvoir un jour équiper aussi des usines du Vieux Continent.

Reste à savoir si Ford tiendra ses objectifs de prix et de calendrier : le marché américain du véhicule électrique a connu ces dernières années plusieurs retards et révisions de plans, y compris chez Ford. Mais si la démonstration se confirme en 2027, elle pourrait accélérer l'adoption de méthodes de production comparables ailleurs, à un moment où la pression réglementaire sur les émissions de CO2 pousse aussi les constructeurs européens à proposer des modèles électriques nettement moins chers d'ici la fin de la décennie.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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