ATMO-INDEX
343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Batteries fer-air 100 heures : Form Energy lève 750 millions de dollars pour industrialiser le stockage longue durée

La start-up américaine Form Energy vient de boucler un tour de table de 750 millions de dollars pour accélérer la production de ses batteries fer-air capables de restituer de l'électricité pendant 100 heures d'affilée, contre 4 heures pour le lithium-ion classique. Ce financement, qui porte le total levé à plus de 2 milliards de dollars, doit servir à agrandir son usine de Virginie-Occidentale face à une demande tirée par les data centers américains. La technologie n'est plus cantonnée aux États-Unis : Form Energy a signé son premier déploiement international en Irlande, un projet directement pensé pour compenser l'intermittence de l'éolien - un enjeu que l'Europe partage avec les États-Unis à mesure que sa part de renouvelables augmente.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
••Lecture: 4 min
Partager
XINWA
A bridge over a river with distant city buildings
ÉnergiePhoto d'illustration : Bryan White /Unsplash

Derrière l'annonce financière se cache un pari technologique vieux de près de dix ans : remplacer le lithium par un métal parmi les plus abondants et les moins chers de la planète, le fer. Form Energy, fondée en 2017 par d'anciens ingénieurs de Tesla et d'A123 Systems, a mis au point une batterie qui fonctionne par oxydation réversible du fer - elle se "rouille" en se déchargeant et redevient du fer métallique en se rechargeant. Le procédé est lent, ce qui en fait justement son atout : là où une batterie lithium-ion type se vide en 2 à 4 heures, une batterie fer-air Form peut restituer de l'électricité en continu pendant 100 heures, soit plus de quatre jours.

Un tour de table porté par la demande des data centers

Le nouveau tour de table, un Series G de 750 millions de dollars mené par T. Rowe Price avec la participation de Sequoia Capital, Janus Henderson, Franklin Templeton, GE Vernova, Breakthrough Energy Ventures ou encore TPG Rise Climate, porte à plus de 2 milliards de dollars le capital total levé par l'entreprise depuis sa création. Les fonds doivent financer l'agrandissement de Form Factory 1, son usine de Weirton, en Virginie-Occidentale, déjà soutenue par une subvention fédérale de 150 millions de dollars du Department of Energy. Form Energy revendique un carnet de commandes d'environ 80 gigawattheures de projets, et indique que 80 % des matériaux entrant dans ses batteries sont sourcés aux États-Unis, le reste venant d'Europe et d'Asie - explicitement pas de Chine, dans un secteur du stockage largement dominé par les fabricants chinois.

Le boom des centres de données pour l'intelligence artificielle joue un rôle moteur dans cette levée. Google construit dans le Minnesota un data center partiellement alimenté par une batterie Form de 30 gigawattheures, facturée environ un milliard de dollars, tandis que l'opérateur de calcul Crusoe a commandé 12 gigawattheures supplémentaires. Xcel Energy, un des grands distributeurs d'électricité du Midwest américain, complète la liste des clients déjà engagés. Aux États-Unis, les capacités de stockage d'énergie installées ont atteint 9,7 gigawattheures au premier trimestre 2026, en hausse de 32 % sur un an, signe que le marché du stockage longue durée sort progressivement du stade expérimental.

Le premier test grandeur nature de la technologie en Europe

C'est en Irlande que Form Energy a annoncé son premier déploiement hors des États-Unis. Le projet, baptisé Ballynahone Energy Storage, associe l'entreprise américaine à l'opérateur public FuturEnergy Ireland pour installer un système de 10 MW / 1 000 MWh près de Buncrana, dans le comté de Donegal, au nord-ouest du pays. La demande de permis a été déposée fin 2024 et une mise en service est envisagée pour 2029. L'objectif affiché est directement lié à la spécificité du mix électrique irlandais, très dépendant de l'éolien : une batterie capable de tenir 100 heures peut absorber plusieurs jours consécutifs de vent faible, une situation que le stockage lithium-ion classique, limité à quelques heures d'autonomie, ne couvre pas.

Ce cas irlandais intéresse au-delà du seul marché britanno-irlandais. À mesure que la part du solaire et de l'éolien augmente dans le mix électrique européen, la question des périodes prolongées de faible production renouvelable - les "dunkelflauten" allemandes, ces épisodes sans vent ni soleil qui peuvent durer plusieurs jours - devient un point de friction pour la stabilité des réseaux. Les solutions actuelles reposent principalement sur les centrales à gaz de pointe ou les barrages hydrauliques, dont la disponibilité géographique est limitée. Un stockage capable de couvrir plusieurs jours d'affilée, à un coût inférieur à celui des batteries lithium grâce à un matériau premier bon marché, répond directement à ce type de scénario, sans dépendre des mêmes chaînes d'approvisionnement en minerais critiques que les batteries lithium-ion.

Form Energy reste toutefois une entreprise jeune sur le plan industriel : sa première installation connectée au réseau, en 2023, avait une puissance de quelques mégawatts seulement, et la mise à l'échelle vers des gigawattheures commerciaux se joue précisément maintenant, avec cette nouvelle usine et ces nouveaux contrats. Le succès du projet irlandais - le premier test du fer-air dans des conditions climatiques et réglementaires européennes - sera scruté de près par les opérateurs de réseau du continent, qui cherchent des compléments crédibles au lithium-ion pour tenir leurs objectifs de décarbonation sans fragiliser la stabilité de l'approvisionnement électrique.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Quiz du jour

Dans la même rubrique

a woman is opening the door of her house
ÉnergiePhoto d'illustration : Zaptec / Unsplash

Recharge à domicile : la France au 13e rang européen, mais bien sous la moyenne de l'UE

Selon les données Eurostat du premier semestre 2026, un ménage français paie en moyenne 0,2485 €/kWh, contre 0,2832 € pour la moyenne de l'Union européenne et 0,3618 € en Allemagne. La France n'est donc pas la moins chère d'Europe (13e sur 27), mais l'écart avec ses grands voisins se traduit par plusieurs centaines d'euros par an pour un automobiliste électrique. Ces moyennes incluent toutes les taxes et les parts fixes de facture : elles diffèrent du prix réel du kWh d'un contrat, notamment du Tarif Bleu d'EDF.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
Car assembly line with robotic arms and car body
ÉnergiePhoto d'illustration : Lilian Do Khac / Unsplash

BYD dépasse le million de salariés alors que ses ventes reculent : l'export change la donne

Avec plus de 1,02 million de salariés selon son président Wang Chuanfu, BYD emploie désormais plus de personnes que Toyota, GM, Ford et Tesla réunis, alors que ses ventes mondiales reculent de 3,9 % sur neuf mois. Ce paradoxe s'explique par un basculement : le marché chinois s'essouffle sous l'effet de la guerre des prix, tandis que les ventes à l'étranger bondissent de 92,7 %. Pour l'Europe, la montée en puissance de l'usine de Szeged, en Hongrie, illustre cette stratégie de production au plus près des marchés.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
red and white gas station
ÉnergiePhoto d'illustration : J Dean / Unsplash

Renault 4 électrique : 800 km d'essai pour savoir si elle peut être la voiture unique du foyer

Longue de 4,14 m et assemblée en France, la Renault 4 électrique vise le rôle de voiture principale des foyers. Un essai de près de 800 km relève 16,1 kWh/100 km en moyenne, mais seulement 230 à 240 km d'autonomie sur autoroute avec la batterie de 52 kWh. La recharge rapide, jugée limite pour les longs trajets réguliers, reste le principal compromis. Un bon indicateur de la maturité du véhicule électrique populaire en Europe.

Rédaction AtmoGreen Studio
30 oct. 2026