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Renouvelables : France Renouvelables chiffre le coût social d'une décarbonation au ralenti

France Renouvelables publie la troisième édition de son Observatoire du système électrique renouvelable, accompagnée d'un portail de données ouvert, data-enr.fr. L'association professionnelle y estime que plus de 6 000 emplois directs ont déjà été détruits dans la filière, et près de 1 000 de plus si l'on compte les emplois indirects. Elle met aussi en garde contre une trajectoire à dix ans qu'elle appelle « décarbonation contrariée », construite sur les rythmes de déploiement les plus lents étudiés par RTE. L'enjeu : savoir si la France garde les compétences industrielles dont elle aura besoin pour électrifier son économie.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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man in yellow helmet and black jacket
PolitiquePhoto d'illustration : Yang Dawei /Unsplash

Lancé en 2024, l'Observatoire du système électrique renouvelable de France Renouvelables, qui rassemble notamment les acteurs de l'éolien, en est à sa troisième édition. Cette année, l'association l'accompagne d'un portail de données en accès libre, data-enr.fr, qui centralise les indicateurs de la filière à partir des statistiques publiques du SDES et de RTE, et de l'ADEME pour le stockage. Le rapport s'ouvre sur l'état du parc, mais ce qui ressort surtout, c'est l'alerte sur l'emploi. Selon l'association, plus de 6 000 emplois directs ont été détruits dans le secteur, et près de 1 000 de plus en comptant les emplois indirects.

Un parc qui produit déjà plus de 140 TWh

Les données de data-enr.fr dressent le portrait d'un système renouvelable désormais massif. Le photovoltaïque atteint 30,4 GW de puissance cumulée pour 32,9 TWh produits, l'éolien terrestre 23,9 GW pour 43,9 TWh, et l'éolien en mer 1,9 GW pour 5,7 TWh. L'hydroélectricité reste le premier pilier renouvelable avec 25,2 GW et 62,4 TWh. Le stockage par batteries, encore récent, totalisait fin 2025 environ 1 510 MW installés pour 1 720 MWh mobilisables. Au total, ces filières dépassent les 140 TWh de production annuelle, soit une part importante de la consommation électrique française.

Pour France Renouvelables, ce socle industriel est fragilisé par le cadre réglementaire actuel. Publiée au Journal officiel le 13 février 2026, la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3, 2026-2035) fixe pour l'éolien terrestre un objectif de 31 GW en 2030, puis de 35 à 40 GW en 2035. Pour le solaire, elle vise 48 GW en 2030 et 55 à 80 GW en 2035, avec un rythme plafonné autour de 2,9 GW par an jusqu'en 2028. Pour l'éolien en mer, la cible 2035 a été ramenée de 18 à 15 GW.

« Décarbonation contrariée » : ce que recouvre le scénario

Dans son Bilan prévisionnel 2025-2035, publié en décembre 2025, RTE a modélisé plusieurs rythmes de développement des renouvelables hors hydraulique, numérotés de R1 (le plus lent) à R4 (le plus rapide). Le gestionnaire de réseau juge le rythme R1 insuffisant pour satisfaire les besoins d'un scénario de décarbonation rapide, qui suppose une consommation d'environ 510 TWh en 2030 puis 580 TWh en 2035. À l'opposé, le rythme R4 pourrait conduire à un suréquipement. France Renouvelables appelle « décarbonation contrariée » une trajectoire à dix ans calée sur les rythmes les plus bas, R1 et R2, et en analyse les conséquences pour l'emploi.

Même le rythme intermédiaire n'éviterait pas les pertes selon l'association. Elle estime que le plafond de 31 GW d'éolien terrestre en 2030 entraînerait à lui seul un ralentissement marqué et la perte d'environ 10 000 emplois d'ici 2030. L'argument mis en avant est que les capacités déjà en construction ou autorisées (2,25 GW en chantier et 13,4 GW en instruction pour l'éolien terrestre au 30 juin 2025) placent naturellement la filière au-dessus de l'objectif fixé. Freiner ce flux aurait donc un coût direct en carnets de commandes.

Un enjeu de compétences autant que de volumes

Le paradoxe tient au calendrier. Fin 2025, France Renouvelables et France Travail avaient signé un partenariat pour pourvoir quelque 80 000 postes dans la filière d'ici 2030 : techniciens de maintenance, développeurs de projets, électriciens et logisticiens. Une contraction des volumes à court terme risque de disperser les équipes formées, avec un effet durable si la demande d'électricité repart. C'est précisément le scénario d'électrification massive (véhicules électriques, pompes à chaleur, électrolyse) qui sert de référence à RTE pour atteindre les objectifs climatiques. L'association parle de risque de perte de savoir-faire et de désorganisation industrielle.

L'observatoire ne tranche pas entre les trajectoires, mais il fournit avec data-enr.fr un outil public pour suivre l'écart entre capacités réelles, objectifs de la PPE3 et scénarios de RTE. Pour les collectivités, industriels et investisseurs européens qui dépendent de la visibilité du marché français, ces séries de données en accès libre pourraient devenir une référence pour mesurer, année après année, si la France électrifie son économie assez vite pour tenir ses engagements climatiques sans sacrifier l'outil industriel qui doit les réaliser.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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