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Batterie tout solide : Gotion, partenaire de Volkswagen, vise 400 Wh/kg et le seuil symbolique d'un yuan par wattheure

Le 30 septembre, au World Manufacturing Convention de Hefei, le chinois Gotion High-Tech a présenté de nouveaux objectifs pour Jinshi, sa batterie tout solide à électrolyte sulfuré. Il vise 400 Wh/kg et un coût d'environ un yuan par wattheure, soit à peu près 150 dollars le kWh. Ces chiffres concernent directement l'Europe. Volkswagen est le premier actionnaire de Gotion, et les deux groupes viennent d'acter 3,22 milliards d'euros d'investissements dans des usines de batteries en Espagne, en Slovaquie et au Maroc. La production de masse du tout solide n'est toutefois pas attendue avant 2030.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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assorted color disposable lighter lot
MatériauxPhoto d'illustration : John Cameron /Unsplash

Gotion High-Tech a choisi le World Manufacturing Convention, organisé le 30 septembre 2026 à Hefei, ville de son siège, pour faire le point sur Jinshi (« Gemstone » en anglais). C'est la batterie tout solide que le groupe développe depuis 2024. L'industriel chinois y a fixé deux repères de commercialisation. Le premier est une densité énergétique de 400 Wh/kg, contre un objectif de 350 Wh/kg communiqué jusqu'ici. Le second est un coût d'environ un yuan par wattheure, soit à peu près 150 dollars le kilowattheure. Gotion dit aussi que ses cellules ont passé des tests de perforation et de haute température sans dégager de fumée ni de flammes.

Le sulfure de lithium, clé du prix

Jinshi utilise un électrolyte solide à base de sulfures, la voie que suivent aussi la plupart des grands fabricants chinois et japonais. Son intérêt : remplacer l'électrolyte liquide inflammable, ce qui renforce la sécurité et permet d'augmenter la densité énergétique. Son point faible est le coût. Lors de sa conférence technologique de mai 2026, Gotion indiquait que 70 à 80 % du coût d'une cellule sulfurée vient de l'électrolyte solide, et que ce dernier dépend lui-même à 70-80 % du sulfure de lithium. Ce seul précurseur pèserait donc environ la moitié du prix de la batterie.

Pour faire baisser ce poste, l'entreprise dit avoir mis au point un procédé de synthèse « gaz-liquide-solide » en trois phases. Selon la presse financière chinoise, ce procédé triple le rendement de la réaction, réduit la consommation d'énergie de 40 % et atteint une pureté de 99,99 % au stade pilote. Gotion prévoit 300 tonnes par an de sulfure de lithium et 2 000 tonnes d'électrolyte solide dès 2026. Il vise 50 000 et 100 000 tonnes respectivement d'ici 2030. Selon le groupe, le seuil d'un yuan par wattheure sera à portée lorsque le sulfure de lithium descendra à 500 000 yuans la tonne.

« Le battery sprint vers un objectif de coût d'un yuan par Wh, pour ouvrir une "ère du yuan" et accélérer l'adoption des batteries tout solide. » Pan Ruijun, responsable R&D de la batterie Gemstone, cité par Gasgoo

Ces objectifs restent à relativiser. Ils restent supérieurs aux prix actuels des cellules LFP chinoises, la référence bon marché du marché. Ils mélangent aussi des performances déjà mesurées et des cibles. Sa ligne pilote de 0,2 GWh, mise en service en 2025 avec un rendement supérieur à 90 %, produit des cellules de 350 Wh/kg et de 70 Ah. Celles-ci ont été intégrées dans des véhicules d'essai annoncés pour 1 000 km d'autonomie selon le cycle chinois CLTC, plus favorable que le WLTP européen. La conception d'une ligne de 2 GWh a été finalisée en mars 2026. Une petite série est prévue en 2027 et la production de masse vers 2030, un calendrier comparable à celui de CATL ou de BYD.

Un enjeu européen via Volkswagen et PowerCo

Pour un lecteur européen, ce dossier compte surtout à cause de Volkswagen. Le groupe allemand détient environ 26 % de Gotion depuis un investissement d'environ un milliard d'euros en 2020, et il en est le premier actionnaire. Le 28 septembre, deux jours avant l'annonce de Hefei, Gotion a déposé à la bourse de Shenzhen un projet de trois coentreprises avec PowerCo, la filiale batteries de Volkswagen. Le montant total est de 3,22 milliards d'euros, réparti presque à parts égales entre les deux partenaires.

Le plus gros projet se trouve à Valence, en Espagne : 2,26 milliards d'euros pour une capacité de 29,1 GWh par an de cellules lithium-ion, détenue à 51 % par PowerCo. S'y ajoutent une usine de 8,4 GWh à Šurany, en Slovaquie (480 millions d'euros), et une unité de cathodes LFP de 100 000 tonnes par an à Kenitra, au Maroc (480 millions d'euros). Ces deux sites seront contrôlés à 51 % par Gotion. Le dépôt boursier prévoit une construction en cinq ans au plus. Ces usines portent sur la chimie lithium-ion actuelle, pas sur le tout solide. Mais elles donnent à Gotion un pied industriel en Europe, par lequel ses futures générations de cellules pourraient arriver.

Gotion s'est aussi allié début 2026 à l'allemand BASF pour développer des matériaux avancés pour le tout solide. Le groupe pointe aujourd'hui au cinquième rang des fabricants chinois, avec 4,61 GWh installés en août 2026. Il reste à voir si ses cellules sulfurées atteindront en série les performances et les prix annoncés, et à quelle échéance elles entreront dans les plateformes européennes de Volkswagen. Ces deux réponses pèseront sur la capacité de l'industrie automobile européenne à rester dans la course face aux leaders asiatiques.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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