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À Hordain, Stellantis fabrique thermique et électrique sur la même chaîne — et mise sur cette flexibilité

Près de Valenciennes, l'usine Stellantis d'Hordain assemble sans interruption sur une même ligne les Peugeot Expert, Citroën Jumpy et leurs déclinaisons Opel, Fiat et Toyota, en versions thermique ou électrique selon les commandes. Un pari sur la flexibilité industrielle qui prend tout son sens depuis que la demande de véhicules utilitaires électriques progresse plus lentement que prévu : la part électrique de la production plafonne aujourd'hui autour de 16 %, loin des scénarios les plus optimistes d'il y a quelques années. Le site a par ailleurs mis fin en 2025 à son projet de version hydrogène, et mise désormais sur le solaire pour verdir sa propre consommation d'énergie.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a large machine in a large building
ÉnergiePhoto d'illustration : Homa Appliances /Unsplash

L'usine Stellantis d'Hordain, dans le Nord, à quelques kilomètres de Valenciennes, ne choisit pas entre thermique et électrique : elle produit les deux, sur la même chaîne, sans distinction dans l'ordonnancement. Peugeot Expert, Citroën Jumpy, Opel Vivaro, Fiat Scudo et Toyota Proace y sortent indifféremment en version essence, diesel ou 100 % électrique, au gré des commandes reçues. Environ 650 véhicules quittent le site chaque jour, pour un total de 150 000 unités produites en 2025, avec un effectif de 2 643 salariés répartis sur trois équipes qui travaillent tous les samedis et un dimanche sur deux pour tenir la cadence.

Une chaîne pensée pour encaisser les à-coups de la demande

Ce choix industriel n'est pas anodin : dimensionner une seule ligne pour produire indifféremment des motorisations thermiques et électriques permet à Stellantis d'ajuster le mix en temps réel selon les commandes des concessionnaires, sans dépendre d'un investissement figé sur une usine 100 % électrique qui tournerait au ralenti si la demande ne suit pas. Le site revendique une capacité technique lui permettant de basculer jusqu'à 100 % de sa production en électrique si le marché l'exigeait. Dans les faits, la part réellement électrique de la production actuelle tourne autour de 16 %, une proportion en retrait par rapport aux projections communiquées par le groupe en 2022, qui évoquaient alors une part électrique dépassant 40 % sur cette famille de véhicules. L'écart illustre un phénomène plus large observé sur le marché des utilitaires légers électriques en Europe : une adoption professionnelle plus progressive qu'anticipée, freinée par le prix d'achat, l'autonomie réelle en usage pro et la disponibilité de bornes de recharge adaptées aux flottes.

Sur le plan technique, l'assemblage des véhicules électriques reprend l'essentiel de l'outillage existant : les packs batteries sont intégrés directement sur la ligne à partir de modules fournis notamment par la gigafactory ACC de Billy-Berclau/Douvrin, à une vingtaine de kilomètres de là, ainsi que par d'autres sites français du groupe (Trémery, Metz, Mulhouse, Cléon). Le site compte 475 robots pour la soudure et l'assemblage, jusqu'à 5 800 points de soudure par véhicule, et plus de 1 000 points de contrôle qualité avant livraison — une organisation industrielle inchangée que le véhicule sorte avec un moteur thermique ou une chaîne de traction électrique.

Le pari hydrogène abandonné en 2025

Hordain devait initialement accueillir un troisième pilier énergétique. En octobre 2022, Stellantis y avait annoncé un investissement de 10 millions d'euros pour lancer, dès 2024, la production en série de versions à pile à combustible hydrogène des mêmes utilitaires (Peugeot Expert, Citroën Jumpy, Opel Vivaro), avec une autonomie annoncée de 400 km et un plein en trois minutes. Le site se présentait alors comme la première usine au monde à assembler sur ses lignes des véhicules thermiques, électriques et à hydrogène. Ce projet n'a pas résisté aux réalités du marché : en juillet 2025, Stellantis a officiellement mis fin à l'ensemble de son programme de développement de la pile à combustible hydrogène, invoquant le manque d'infrastructures de recharge en hydrogène, le niveau d'investissement requis et la nécessité d'aides publiques trop importantes pour rendre ces véhicules compétitifs avant la fin de la décennie. Les 176 salariés du groupe concernés par l'arrêt du programme à Hordain et sur le site polonais de Gliwice ont été redéployés en interne plutôt que licenciés.

Ce renoncement n'a pas remis en cause la logique de flexibilité de la chaîne d'assemblage elle-même, qui continue de traiter thermique et électrique en parallèle. Il illustre en revanche la difficulté, pour un grand constructeur, d'anticiper avec précision le rythme réel de la transition énergétique du parc de véhicules utilitaires professionnels — un segment où les choix des flottes d'entreprise, souvent plus sensibles au coût total de possession qu'à l'image, pèsent davantage que les intentions d'achat des particuliers.

Un effort de décarbonation reporté sur l'usine elle-même

Faute de pouvoir accélérer seul le rythme d'adoption de l'électrique par ses clients professionnels, Stellantis concentre une partie de ses efforts environnementaux sur le site industriel lui-même. Hordain a obtenu la certification de management de l'énergie ISO 50001 et déploie actuellement 45 000 panneaux photovoltaïques sur ses parkings, avec un objectif de 50 % d'énergie renouvelable dans sa consommation d'ici 2028. Le site s'appuie également sur un centre de personnalisation interne (Custom Fit Center), par lequel transite désormais près de la moitié de la production annuelle, un volume passé de 5 900 véhicules personnalisés en 2024 à plus de 11 000 en 2025 — un indicateur, parmi d'autres, de la place croissante prise par les aménagements professionnels sur mesure dans l'activité du site, thermique comme électrique.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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