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Hydrogène décarboné : l'État engage 778 millions d'euros sur trois premiers sites industriels

La Direction générale de l'énergie et du climat, via l'Ademe, a désigné le 22 juillet les trois premiers lauréats de son dispositif de soutien à la production d'hydrogène décarboné par électrolyse : Hydrozère (Engie Solutions H2) en Lozère, eM-Rhône (Elyse Energy) en Isère et FertHySomme (FertigHy) dans la Somme. Ensemble, ces projets représentent 161,4 MW de capacité d'électrolyse et 778 millions d'euros d'aides publiques sur quinze ans. L'hydrogène produit servira directement des usages industriels lourds difficiles à décarboner : sidérurgie chez ArcelorMittal, méthanol pour la chimie et le transport maritime, et engrais azotés bas-carbone. Les lauréats disposent de huit semaines pour finaliser leurs garanties financières avant signature des contrats.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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PolitiquePhoto d'illustration : American Public Power Association /Unsplash

L'annonce, faite le 22 juillet par la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) et l'Ademe, concrétise le premier appel d'offres du mécanisme de soutien à la production d'hydrogène décarboné par électrolyse. Lancé en décembre 2025 après une phase de dialogue concurrentiel menée durant l'été 2025, cet appel d'offres a reçu six candidatures, dont trois ont été retenues. Le principe du dispositif, calqué sur les mécanismes déjà utilisés pour les énergies renouvelables, consiste à garantir aux porteurs de projet un complément de rémunération sur quinze ans, le temps que les coûts de production de l'hydrogène décarboné rejoignent ceux de l'hydrogène gris obtenu par vaporeformage du méthane.

Trois sites, trois débouchés industriels distincts

À Saint-Chély-d'Apcher, en Lozère, le projet Hydrozère porté par Engie Solutions H2 mobilise un électrolyseur de 5 MW. Sa production doit se substituer à l'hydrogène gris utilisé par ArcelorMittal pour les traitements de surface de ses aciers, un usage jusqu'ici couvert par du vaporeformage de méthane. En Isère, à Salaise-sur-Rhône, Elyse Energy développe eM-Rhône : sur un électrolyseur total de 210 MW, 61,1 MW bénéficient du soutien public, pour alimenter une unité produisant environ 50 000 tonnes de méthanol décarboné par an, destiné à la chimie et au transport maritime. Particularité du projet, le CO2 nécessaire à la synthèse du méthanol proviendra de la cimenterie Lafarge du Teil, toute proche, via une captation directe sur le site industriel. Dans la Somme, à Languevoisin-Quiquéry, FertigHy construit FertHySomme : 95,3 MW aidés sur un électrolyseur de 200 MW, pour fabriquer de l'ammoniac puis des ammonitrates bas-carbone, en remplacement d'une partie de la production d'engrais classiquement issue du gaz naturel.

Au total, les trois projets représentent 161,4 MW de capacité d'électrolyse soutenue par l'État, pour une enveloppe de 778 millions d'euros étalée sur quinze ans. Ce volume reste modeste au regard de l'objectif national : la stratégie hydrogène française, révisée à la baisse en avril 2025, vise désormais 4,5 GW de capacités installées d'ici 2030 et 8 GW en 2035, contre 6,5 GW et 10 GW dans la version précédente. Ces trois premiers lauréats ne couvrent donc qu'une fraction de la trajectoire, mais ils inaugurent le mécanisme de financement censé faire décoller la filière.

Cette première vague de lauréats marque une étape vers l'objectif de faire de la France un leader européen de l'hydrogène bas carbone, a déclaré Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'Énergie.

Un calendrier resserré avant la signature des contrats

Les trois lauréats disposent désormais de huit semaines pour finaliser leurs garanties financières, condition préalable à la signature des contrats de soutien avec l'État. Ce délai vise à s'assurer que les porteurs de projet disposent bien du financement bancaire et des autorisations nécessaires avant que l'engagement public ne soit acté sur la durée. Le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, a par ailleurs souligné l'ancrage territorial de ces trois sites, choisis pour leur proximité immédiate avec les industriels consommateurs d'hydrogène plutôt que pour une logique de hub national centralisé.

Pour la filière, l'enjeu dépasse ces trois sites : d'autres vagues de l'appel d'offres sont attendues pour capter les projets non retenus lors de ce premier cycle et pour se rapprocher de l'objectif de 1 GW de capacités d'électrolyse en France à moyen terme. La méthode retenue, un soutien ciblé sur des usages industriels identifiés plutôt qu'une production d'hydrogène spéculative, doit permettre d'éviter l'écueil rencontré par plusieurs projets européens abandonnés faute de débouchés commerciaux fermes.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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