À Montreuil, un immeuble de bureaux conçu pour devenir des logements
Livré début juillet 2026 dans le bas-Montreuil, l'immeuble Marceau ne se contente pas d'afficher de bonnes performances environnementales : sa structure a été pensée dès l'origine pour permettre sa transformation en logements, sans démolition lourde ni gaspillage de matériaux. Porté par AG Real Estate France et dessiné par l'agence AZC, le bâtiment de 8 700 m² mise sur une trame commune aux deux usages, des façades simplifiées et 2 600 m² d'espaces végétalisés. Une réponse concrète à l'obsolescence des bureaux en Île-de-France, où des millions de mètres carrés tertiaires risquent de rester vacants dans les années à venir.
Dans le pôle tertiaire du bas-Montreuil (Seine-Saint-Denis), un nouvel immeuble de bureaux vient d'ouvrir ses portes début juillet 2026 avec une particularité rare dans le paysage immobilier francilien : il a été conçu, dès la planche à dessin, pour pouvoir changer de destination. Baptisé Marceau, porté par le promoteur AG Real Estate France en partenariat avec Marignan et dessiné par l'agence d'architecture AZC, le bâtiment pourra à terme être transformé en logements sans passer par une démolition-reconstruction, la solution la plus courante mais aussi la plus coûteuse en carbone et en déchets de chantier.
Une trame pensée pour changer de destination
Le principe, appelé réversibilité, repose sur un dénominateur structurel commun aux deux usages : l'épaisseur du bâtiment, la position des noyaux de circulation (escaliers, ascenseurs) et la hauteur sous plafond ont été calibrées pour convenir aussi bien à des plateaux de bureaux qu'à des appartements. Les façades, en béton et bois volontairement simplifiées, ont été conçues comme des éléments faciles à reconfigurer plutôt que comme un habillage définitif. Des escaliers d'évacuation extérieurs complètent le dispositif réglementaire nécessaire à une conversion en habitation. L'objectif affiché par l'équipe de conception est de limiter au maximum l'énergie grise supplémentaire qu'exigerait une future transformation, en évitant en particulier la production de déchets de chantier.
Cette approche répond à un problème très concret en Île-de-France : une partie du parc de bureaux existant peine à trouver preneur, notamment sur les surfaces les plus anciennes ou les moins bien desservies, tandis que la région manque de logements. Plutôt que de raisonner sur la seule performance énergétique d'un bâtiment figé dans son usage, la réversibilité vise à prolonger la durée de vie utile de la structure elle-même, quel que soit le besoin du marché dans dix ou vingt ans.
8 700 m² pensés pour la flexibilité immédiate
En attendant une éventuelle conversion, Marceau fonctionne comme un immeuble de bureaux à part entière. Sur environ 8 700 m², le bâtiment propose des plateaux de 1 700 m² divisibles, pouvant fonctionner comme un seul ensemble ou comme deux bâtiments indépendants, pour une capacité totale de 860 postes de travail répartis sur cinq niveaux et un rez-de-jardin. Cette modularité permet d'accueillir aussi bien une entreprise unique que plusieurs occupants distincts, une flexibilité recherchée par les foncières depuis que les besoins des entreprises en mètres carrés sont devenus moins prévisibles.
Au rez-de-chaussée, une cafétéria de 250 m², un pôle de salles de réunion mutualisées et deux commerces en pied d'immeuble ouvrent le bâtiment sur le quartier, dans une logique d'ancrage urbain plutôt que d'îlot fermé sur lui-même.
Un îlot de fraîcheur en pleine ville
Le projet consacre 2 600 m² à des espaces extérieurs végétalisés, avec des terrasses plantées à chaque étage. Cette végétalisation étagée participe à réduire la température ambiante autour du bâtiment, un enjeu croissant pour les immeubles tertiaires denses exposés aux épisodes de chaleur estivale en Île-de-France. Le site bénéficie par ailleurs d'un label en faveur de la biodiversité, en complément des certifications environnementales obtenues sur le bâti lui-même : RE2020, HQE niveau Excellent et BREEAM New Construction v6 Excellent, auxquelles s'ajoute le label WiredScore pour la connectivité numérique.
Marceau s'inscrit dans une tendance plus large observée chez plusieurs promoteurs franciliens, qui intègrent désormais la question de la seconde vie des bâtiments dès la conception plutôt qu'en réponse à une obsolescence constatée a posteriori. Si la réversibilité reste plus coûteuse à mettre en œuvre au moment de la construction, elle constitue un pari sur la durabilité économique et environnementale du bâtiment, en le rendant capable de suivre l'évolution des usages urbains sans nécessiter une nouvelle opération de démolition-reconstruction dans quelques décennies.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.