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Record du monde : la JCB Hydromax franchit les 650 km/h à l'hydrogène

Le constructeur britannique JCB a établi un nouveau record du monde de vitesse terrestre pour un véhicule à hydrogène, avec une moyenne de 653,9 km/h sur les salines de Bonneville, dans l'Utah. La performance, homologuée par la FIA, pulvérise un record vieux de 22 ans détenu par BMW. Fait notable pour un lecteur européen : les deux moteurs utilisés ne sont pas des prototypes de course, mais des moteurs à combustion hydrogène de série, identiques à ceux que JCB installe déjà sur ses engins de chantier fabriqués au Royaume-Uni et vendus en Europe.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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A black car is parked in the middle of a frozen lake
ÉnergiePhoto d'illustration : Zoshua Colah /Unsplash

Le 11 août 2026, sur les étendues salées de Bonneville, dans l'Utah, la JCB Hydromax a réalisé deux passages chronométrés — 400,6 mph à l'aller, 412,1 mph au retour — pour une moyenne homologuée de 406,320 mph, soit 653,9 km/h. Au volant : Wing Commander Andy Green OBE, pilote militaire et recordman habituel de la vitesse terrestre. La FIA a validé la performance selon son protocole standard pour ce type de record : deux passages sur un mile, effectués dans des sens opposés, dans un délai d'une heure, sous supervision technique et chronométrage indépendant. Le résultat reste pour l'instant provisoire, dans l'attente de la ratification finale par la commission des records de vitesse terrestre de la FIA.

Deux moteurs de pelleteuse pour battre un record vieux de 22 ans

Le précédent record FIA pour un véhicule à combustion hydrogène datait de 2004, établi à 185,5 mph (298,5 km/h) par le prototype BMW H2R. La marge est donc considérable — plus du double. Mais le détail le plus significatif tient moins à la vitesse qu'à la nature des moteurs employés. La Hydromax embarque deux moteurs à hydrogène produits en série par JCB, développant une puissance combinée de 1 600 chevaux, assemblés dans l'usine du groupe à Foston, dans le Derbyshire. Ce ne sont pas des blocs de compétition conçus pour l'occasion : ce sont, à quelques adaptations près, les mêmes moteurs qui équipent aujourd'hui les engins de chantier et de manutention que JCB commercialise, y compris sur le marché européen, dans le cadre d'un programme hydrogène évalué à 100 millions de livres sterling.

Le développement du moteur a été mené avec l'appui du motoriste britannique Ricardo, spécialiste de l'ingénierie de propulsion, qui a salué dans son propre communiqué une démonstration de fiabilité autant que de performance pure. Pour un secteur — le BTP et l'agricole lourd — où l'électrification par batterie se heurte à des contraintes d'autonomie et de poids difficilement compressibles, la combustion hydrogène constitue une voie de décarbonation alternative à la pile à combustible, avec l'avantage de réutiliser une architecture moteur proche du diesel classique, donc une chaîne industrielle existante.

Il y a vingt ans, nous sommes venus à Bonneville avec JCB Dieselmax pour montrer ce que l'ingénierie britannique pouvait faire avec le diesel. Aujourd'hui, avec Hydromax, nous montrons ce qu'elle peut faire avec l'hydrogène.

La citation, attribuée à Lord Anthony Bamford, président de JCB, renvoie à un précédent bien réel : en août 2006, sur ce même site de Bonneville, une autre voiture du groupe, la Dieselmax, avait établi le record du monde de vitesse terrestre pour un véhicule diesel, à 350,092 mph — déjà avec Andy Green au volant. La Hydromax dépasse aujourd'hui cette marque historique tout en changeant de carburant, ce qui permet à JCB de présenter le record comme la suite logique d'une même trajectoire d'ingénierie, du diesel vers l'hydrogène. Green lui-même a décrit la voiture comme « stable, robuste et rapide », des qualificatifs qui comptent particulièrement à cette vitesse : au-delà de 650 km/h, la stabilité aérodynamique et la résistance mécanique deviennent aussi déterminantes que la puissance brute.

Pourquoi ce record dépasse le seul exercice de communication

Le record établit aussi une hiérarchie inédite au sein même de la filière hydrogène : la Hydromax devient le véhicule à hydrogène le plus rapide toutes catégories confondues, devançant même le record de 303 mph détenu jusqu'ici par un véhicule à pile à combustible. Ce résultat alimente un débat déjà présent en Europe dans l'industrie du machinisme lourd et du transport : combustion hydrogène ou pile à combustible, quelle technologie ira le plus vite à l'échelle industrielle ? Contrairement à une pile à combustible, un moteur à combustion hydrogène tolère mieux les impuretés du carburant et s'appuie sur des compétences de fabrication déjà maîtrisées par les motoristes historiques, un argument que JCB met en avant depuis le lancement de son programme.

Pour l'instant, le record reste un démonstrateur technologique plus qu'un produit commercial — la Hydromax elle-même ne sera pas mise en vente. Mais JCB affirme vouloir capitaliser sur cette validation en conditions extrêmes pour accélérer le déploiement de sa gamme de moteurs hydrogène de série, déjà commercialisée sur certains engins de chantier au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens. La ratification définitive par la FIA est attendue dans les prochaines semaines.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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