ATMO-INDEX
343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

JCB pulvérise le record mondial de vitesse à l'hydrogène avec l'Hydromax

Le constructeur britannique JCB, connu pour ses engins de chantier, a porté à 406,320 mph (653,909 km/h) le record mondial de vitesse terrestre pour un véhicule à combustion hydrogène, près de quatre fois le précédent record détenu par BMW depuis 2004. L'exploit, homologué par la FIA sur le lac salé de Bonneville, repose sur deux moteurs directement dérivés de ceux que JCB installe déjà dans ses pelleteuses vendues en Europe. Au-delà de la prouesse sportive, c'est une démonstration industrielle : la combustion hydrogène, alternative à la pile à combustible et à l'électrique, est présentée par l'entreprise comme une technologie mature et déployable dès aujourd'hui pour décarboner les engins lourds.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
••Lecture: 5 min
Partager
XINWA
white and blue chevrolet camaro
ÉnergiePhoto d'illustration : Ahmet Batuhan Günaltay /Unsplash

Le 11 août 2026, sur les 16 kilomètres de piste damée du lac salé de Bonneville, dans l'Utah, l'ancien pilote de la Royal Air Force Andy Green a bouclé deux passages en sens opposés en moins d'une heure, comme l'exige le règlement de la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Premier passage à 400,623 mph, second à 412,135 mph : la moyenne des deux, 406,320 mph, soit 653,909 km/h, devient le nouveau record du monde de vitesse terrestre pour un véhicule à moteur à combustion hydrogène. L'ancienne référence, détenue par le prototype BMW H2R depuis 2004, plafonnait à 185,5 mph (298,5 km/h) — l'Hydromax de JCB l'a plus que doublée.

Deux moteurs de pelleteuse sous une carrosserie profilée

L'Hydromax n'est pas un prototype de laboratoire conçu spécifiquement pour la vitesse pure : ses deux moteurs à combustion hydrogène sont directement issus de la gamme que JCB fabrique dans son usine de Foston, dans le Derbyshire, pour motoriser ses pelleteuses et chargeuses. Montés en tandem dans une carrosserie de 9,75 mètres transmettant leur puissance aux quatre roues, ils délivrent ensemble environ 1 600 chevaux. La conception aérodynamique de la carrosserie a été confiée à Prodrive, la mise au point moteur à Ricardo, et la transmission à double embrayage à Xtrac — trois sous-traitants britanniques historiquement associés aux programmes de compétition et de record du groupe.

Le record a été validé dans la catégorie A, groupe XIV, classe 7 du règlement FIA, sous la supervision conjointe de la fédération internationale et de l'ACCUS, l'autorité sportive nationale américaine. Il reste formellement soumis à la ratification de la commission des records de vitesse terrestre de la FIA, une étape administrative généralement acquise une fois les procédures de chronométrage et de vérification technique bouclées sur place — ce qui a été le cas à Bonneville.

Ce record a été établi avec des moteurs de série, les mêmes que ceux qui équipent aujourd'hui nos pelleteuses. C'est tout l'objectif de JCB Hydromax : démontrer que l'hydrogène fonctionne, et qu'il fonctionne dès maintenant au plus haut niveau, sans émission directe de CO2. — Lord Bamford, président de JCB

Pour Andy Green, cette course s'inscrit dans une trajectoire personnelle entamée il y a vingt ans : en 2006, déjà au volant d'un prototype JCB, le Dieselmax, il avait porté le record diesel à 350,092 mph. Il reste par ailleurs détenteur du record absolu de vitesse terrestre, toutes motorisations confondues, établi en 1997 à 763,035 mph au volant du ThrustSSC — le seul être humain à avoir franchi le mur du son sur terre. « Établir un record mondial à l'hydrogène, vingt ans après Dieselmax, est un privilège », a-t-il déclaré à l'issue de la tentative.

Un coup de communication au service d'une filière industrielle

L'intérêt de cette démonstration dépasse le simple exploit sportif. JCB investit depuis plusieurs années dans la combustion hydrogène comme alternative à la pile à combustible et à l'électrique à batterie pour décarboner les engins de chantier — un segment où l'autonomie, la robustesse en conditions difficiles et la rapidité de ravitaillement pèsent souvent plus lourd que pour une voiture particulière. L'entreprise commercialise déjà des générateurs et des chargeuses-pelleteuses à hydrogène au Royaume-Uni et sur le marché européen, où elle est un fournisseur majeur du secteur du BTP et de l'agriculture.

En prouvant que ces moteurs de série, sans modification radicale, peuvent pousser un véhicule à plus de 650 km/h, JCB cherche à couper court à un argument récurrent contre la combustion hydrogène : le doute sur sa capacité réelle à délivrer de la puissance et de la fiabilité en conditions extrêmes, face à des alternatives — pile à combustible ou batterie — davantage médiatisées dans l'automobile. Le débat sur la meilleure voie de décarbonation des engins lourds reste ouvert en Europe, où les trois technologies (combustion hydrogène, pile à combustible, électrique) sont testées en parallèle sur des flottes pilotes ; le record de Bonneville ne le tranche pas, mais il ajoute un argument industriel concret — des moteurs déjà produits en série au Royaume-Uni — au dossier de la combustion hydrogène.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Quiz du jour

Dans la même rubrique

a woman is opening the door of her house
ÉnergiePhoto d'illustration : Zaptec / Unsplash

Recharge à domicile : la France au 13e rang européen, mais bien sous la moyenne de l'UE

Selon les données Eurostat du premier semestre 2026, un ménage français paie en moyenne 0,2485 €/kWh, contre 0,2832 € pour la moyenne de l'Union européenne et 0,3618 € en Allemagne. La France n'est donc pas la moins chère d'Europe (13e sur 27), mais l'écart avec ses grands voisins se traduit par plusieurs centaines d'euros par an pour un automobiliste électrique. Ces moyennes incluent toutes les taxes et les parts fixes de facture : elles diffèrent du prix réel du kWh d'un contrat, notamment du Tarif Bleu d'EDF.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
Car assembly line with robotic arms and car body
ÉnergiePhoto d'illustration : Lilian Do Khac / Unsplash

BYD dépasse le million de salariés alors que ses ventes reculent : l'export change la donne

Avec plus de 1,02 million de salariés selon son président Wang Chuanfu, BYD emploie désormais plus de personnes que Toyota, GM, Ford et Tesla réunis, alors que ses ventes mondiales reculent de 3,9 % sur neuf mois. Ce paradoxe s'explique par un basculement : le marché chinois s'essouffle sous l'effet de la guerre des prix, tandis que les ventes à l'étranger bondissent de 92,7 %. Pour l'Europe, la montée en puissance de l'usine de Szeged, en Hongrie, illustre cette stratégie de production au plus près des marchés.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
red and white gas station
ÉnergiePhoto d'illustration : J Dean / Unsplash

Renault 4 électrique : 800 km d'essai pour savoir si elle peut être la voiture unique du foyer

Longue de 4,14 m et assemblée en France, la Renault 4 électrique vise le rôle de voiture principale des foyers. Un essai de près de 800 km relève 16,1 kWh/100 km en moyenne, mais seulement 230 à 240 km d'autonomie sur autoroute avec la batterie de 52 kWh. La recharge rapide, jugée limite pour les longs trajets réguliers, reste le principal compromis. Un bon indicateur de la maturité du véhicule électrique populaire en Europe.

Rédaction AtmoGreen Studio
30 oct. 2026