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Fusion nucléaire : Kyoto Fusioneering lance la construction d'UNITY-3, banc d'essai clé pour le combustible des futurs réacteurs

La start-up japonaise Kyoto Fusioneering a entamé la construction d'UNITY-3, un banc d'essai dédié aux « couvertures fertiles », la technologie censée rendre les futurs réacteurs à fusion autosuffisants en combustible. Installée au laboratoire national d'Oak Ridge, aux États-Unis, l'infrastructure doit valider en conditions quasi réelles plusieurs designs de couverture, dont un concept au lithium liquide. Le sujet dépasse les frontières américaines : la même entreprise développe en parallèle, pour l'agence japonaise QST, des prototypes destinés au module d'essai de couverture d'ITER, le réacteur expérimental international en construction à Cadarache, en France. Kyoto Fusioneering dispose par ailleurs de filiales et de financements au Royaume-Uni et en Allemagne, ce qui en fait un fournisseur potentiel pour les futurs projets de fusion européens.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Oak Ridge National Laboratory (ORNL)
ÉnergieImage : Oak Ridge National Laboratory (ORNL)

Produire de l'énergie par fusion nucléaire suppose de résoudre un problème rarement mis en avant : le tritium, l'un des deux isotopes d'hydrogène qui alimentent la réaction, n'existe quasiment pas à l'état naturel sur Terre. Chaque réacteur commercial devra donc fabriquer son propre combustible au fur et à mesure qu'il le consomme, grâce à une paroi spécifique entourant le plasma, la « couverture fertile » (breeding blanket). C'est précisément cette pièce que la start-up japonaise Kyoto Fusioneering commence à tester grandeur nature avec UNITY-3, une installation en cours de construction au laboratoire national d'Oak Ridge (ORNL), dans le Tennessee.

Le pari du lithium liquide

Le principe d'une couverture fertile repose sur le lithium : bombardé par les neutrons libérés lors de la fusion, cet élément se scinde en hélium et en tritium, régénérant ainsi le combustible du réacteur tout en captant la chaleur destinée à produire de l'électricité. UNITY-3 doit permettre d'évaluer plusieurs designs concurrents dans des conditions neutroniques et géométriques proches de celles d'un vrai réacteur, à commencer par un concept à base de lithium liquide circulant en boucle. Selon Oak Ridge National Laboratory, aucune installation de ce type n'existe encore à cette échelle, ce qui en fait, si le projet aboutit, une référence mondiale pour l'industrie naissante de la fusion commerciale.

Le projet s'appuie sur un partenariat public-privé annoncé fin janvier 2026 entre le Département de l'Énergie américain et Kyoto Fusioneering. L'entreprise doit investir 46,9 millions de dollars et créer 51 emplois dans le comté d'Anderson, où se trouve Oak Ridge, tout en relocalisant son siège américain sur place. Le financement combine des subventions fédérales et de l'État du Tennessee ; les deux partenaires ont indiqué vouloir « commencer immédiatement » les travaux communs dès la signature de l'accord.

Un fournisseur qui mutualise les risques de toute une industrie

Construire et qualifier une couverture fertile coûte cher et prend du temps — un frein que peu de start-up de fusion peuvent absorber seules. Kyoto Fusioneering, qui a levé plus de 120 millions de dollars de capital-risque, a fait de la mutualisation de cette infrastructure son modèle économique : plutôt que de développer son propre réacteur, l'entreprise vend des composants et des données de test à d'autres acteurs du secteur. Selon TechCrunch, les données produites par UNITY-3 seront mises à disposition d'au moins quatre autres start-up américaines du domaine, Realta Fusion, Thea Energy, Type One Energy et Xcimer Energy, qui pourront ainsi évaluer des concepts de couverture sans construire leur propre banc d'essai.

Combiner l'expertise approfondie de l'ORNL avec les capacités technologiques uniques de Kyoto Fusioneering renforce l'ensemble de l'écosystème de la fusion. — Troy Carter, directeur de la division Fusion Energy de l'Oak Ridge National Laboratory

Ce positionnement de fournisseur transversal explique pourquoi le dossier dépasse largement le cadre américain. Kyoto Fusioneering a par exemple été retenue en mai 2026 par l'agence japonaise QST pour développer des prototypes de systèmes d'extraction et de comptabilité du tritium destinés au module d'essai de couverture (Test Blanket System) d'ITER, le réacteur expérimental international en construction à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, avec une contribution financière et technologique de l'Union européenne. Ces prototypes seront d'abord validés sur un site d'essai japonais avant tout déploiement futur sur ITER.

L'entreprise entretient en parallèle des filiales et des partenariats de financement au Royaume-Uni et en Allemagne, où elle a notamment obtenu une subvention de recherche du ministère fédéral allemand de l'Éducation et de la Recherche (BMBF). Pour l'écosystème fusion européen, encore largement dépendant de programmes publics comme ITER et le futur démonstrateur DEMO, ces liens font de Kyoto Fusioneering un partenaire industriel potentiel pour des briques technologiques que l'Europe devra elle aussi maîtriser.

Aucune date de mise en service n'a été communiquée pour UNITY-3 ; ORNL et Kyoto Fusioneering ont seulement indiqué avoir engagé les travaux de conception et de construction sans attendre. Le calendrier de ce type d'infrastructure se compte généralement en années plutôt qu'en mois, mais son avancement sera scruté de près : la capacité à démontrer, en conditions réalistes, qu'une couverture fertile peut effectivement régénérer du tritium reste l'un des principaux verrous techniques avant qu'un réacteur à fusion commercial ne puisse fonctionner en continu.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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