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À La Réunion, la demande de baisse du malus écologique divise la filière automobile

La Région Réunion demande au gouvernement une réduction de 50 % du malus écologique pendant cinq ans, invoquant le pouvoir d'achat local et un réseau de recharge encore incomplet. L'association Electro'Ker s'y oppose, jugeant que la mesure favoriserait les véhicules thermiques neufs et freinerait l'électrification du parc, déjà mise à mal par un nouvel octroi de mer sur les VE puissants depuis mars 2025. Le débat illustre la difficulté à concilier contraintes économiques ultramarines et trajectoire de décarbonation des transports.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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PolitiquePhoto d'illustration : Michael Marais /Unsplash

La présidente de Région Huguette Bello a adressé au gouvernement une demande officielle : réduire de moitié le malus écologique appliqué aux véhicules thermiques neufs, et ce pendant cinq ans, sur l'ensemble des départements et régions d'outre-mer. Portée politiquement par la Région mais relayée par le Syndicat de l'importation et du commerce de La Réunion (SICR), la requête s'appuie sur trois arguments : un pouvoir d'achat structurellement inférieur à celui de la métropole, un réseau de bornes de recharge encore incomplet, et un système électrique insulaire dont la capacité doit être renforcée avant d'absorber une flotte largement électrifiée.

Un dispositif fiscal déjà modulable région par région

Le malus écologique est un impôt national, prélevé lors de l'immatriculation d'un véhicule neuf en fonction de ses émissions de CO2 ou de son poids. Mais la fiscalité automobile locale n'est pas figée : le code général des impôts (article 1599 novodecies A) permet déjà à un conseil régional d'exonérer, en partie ou totalement, certains véhicules propres de la taxe régionale sur les cartes grises. À La Réunion, la Région a d'ailleurs utilisé cette marge de manœuvre dans l'autre sens début 2025, en instaurant un octroi de mer progressif sur les véhicules électriques les plus puissants : 8 % de 151 à 250 chevaux, 14,5 % jusqu'à 400 chevaux, 24,5 % au-delà. La demande de baisse du malus s'ajoute donc à un paysage fiscal local déjà recomposé, et non à une fiscalité figée depuis Paris.

Electro'Ker : un signal-prix qui s'inverserait

L'association d'électromobilistes Electro'Ker a saisi le ministère des Outre-mer pour s'opposer frontalement au projet. Son argument central tient à l'économie du signal-prix : les véhicules électriques restant par ailleurs exonérés de malus, une réduction de moitié de la taxe sur les thermiques neufs réduirait mécaniquement l'écart de prix à l'achat en faveur de l'électrique, sans toucher au signal qui pousse aujourd'hui vers l'électrique.

Cette mesure ralentirait l'électrification du parc local.

L'association conteste également les justifications techniques avancées par la Région. Sur la recharge, elle rappelle que 67 % des résidences principales réunionnaises sont des maisons individuelles, un contexte qui facilite l'installation d'un point de charge privé comparé à l'habitat collectif dense. Sur les distances, elle souligne que le tour complet de l'île ne représente qu'environ 220 kilomètres, largement dans l'autonomie des véhicules électriques actuels. Sur le réseau électrique enfin, Electro'Ker avance qu'un parc de 41 000 à 58 000 véhicules électriques ne représenterait que 4 à 5 % de la consommation électrique de l'île, loin d'un scénario de saturation du réseau insulaire.

Un marché déjà en recul

Le contexte de marché nourrit la controverse. Les ventes de véhicules électriques à La Réunion ont chuté de 22 % en 2024, une première depuis l'essor du marché en 2016, et la baisse s'est encore aggravée en janvier 2025 avec un repli de 47 % sur un an, période qui coïncide avec l'entrée en vigueur du nouvel octroi de mer sur les VE puissants. Pour Electro'Ker, ajouter à ce contexte une baisse du malus sur les thermiques reviendrait à cumuler deux signaux fiscaux défavorables à l'électrique sur la même période, alors que la Région présente sa réforme de l'octroi de mer comme un outil de transition écologique modulé selon l'impact environnemental des véhicules.

Aucune décision n'a pour l'heure été rendue publique par le ministère des Outre-mer, et la Région n'a pas communiqué de calendrier précis pour l'instruction de sa demande. Le dossier illustre une tension structurelle propre aux territoires ultramarins : les instruments fiscaux censés accompagner la transition énergétique — malus national, octroi de mer régional, exonérations locales — y sont maniés par plusieurs échelons de décision aux intérêts parfois divergents, avec un risque de signaux contradictoires pour les automobilistes comme pour les importateurs.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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