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Espagne : feu vert à l'usine MG de Ferrol malgré les craintes d'espionnage militaire

Le ministère espagnol de la Défense a donné son accord de principe à l'implantation d'une usine du constructeur chinois MG (SAIC Motor) sur le port extérieur de Ferrol, en Galice, malgré des réserves de l'armée et des services de renseignement liées à la proximité d'une base navale sensible. Le projet, doté de 200 millions d'euros et de 120 000 véhicules par an, doit devenir la première usine automobile chinoise sur le continent européen. Il illustre la stratégie de contournement des droits de douane européens sur les véhicules électriques importés de Chine, à un moment où plusieurs constructeurs chinois cherchent à s'implanter directement en Europe.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Busy shipping port with cranes and cargo containers.
PolitiquePhoto d'illustration : Daniel Miksha /Unsplash

Le feu vert n'était pas acquis d'avance. Selon des informations rapportées le 11 août par la presse espagnole, la ministre de la Défense Margarita Robles a indiqué au président de la Xunta de Galice, Alfonso Rueda, que son ministère émettrait un rapport favorable au projet d'usine du constructeur chinois MG à Ferrol — mais seulement 48 heures après que des notes internes de l'armée et du Centre national de renseignement (CNI) eurent alerté sur des risques de sécurité liés à l'emplacement retenu.

Un site à cinq kilomètres de l'arsenal militaire

Le terrain choisi par SAIC Motor, propriétaire de la marque MG, se trouve sur le port extérieur de Ferrol, à environ cinq kilomètres à vol d'oiseau de l'arsenal naval où le chantier Navantia construit les frégates F-110, dotées de technologies sensibles d'origine américaine comme le système de combat Aegis. C'est cette proximité qui a motivé les réserves des services de renseignement : la crainte, selon plusieurs sources citées par la presse espagnole, porte sur un risque d'observation des mouvements de navires militaires depuis les futures installations civiles. Le ministère de la Défense a précisé que son feu vert s'accompagnerait de « conditions opérationnelles » non détaillées publiquement à ce stade, et que l'approbation définitive du projet devra encore passer devant le Conseil des ministres espagnol.

Le gouvernement régional de Galice, dirigé par le Parti populaire, et le gouvernement central socialiste de Pedro Sánchez soutiennent le projet depuis l'annonce initiale, en juin 2026. Un premier test de déchargement portuaire, portant sur 700 véhicules, avait déjà eu lieu en juillet pour valider la logistique du site avant même la levée des réserves de sécurité.

La première usine automobile chinoise sur le continent européen

Annoncé officiellement début juin par MG Motor Europe, filiale de SAIC, le projet représente un investissement d'environ 200 millions d'euros et doit créer entre 1 000 et 2 300 emplois directs selon les sources — l'écart s'explique par des chiffrages différents entre l'annonce initiale du groupe et les estimations reprises depuis par la presse espagnole au moment de l'examen sécuritaire. L'usine, dont la construction doit démarrer en 2027 pour une mise en service prévue en 2028, visera une capacité de 120 000 véhicules par an, hybrides et électriques, assemblés pour le marché européen. Le site doit aussi accueillir des activités de recherche et développement, une manière pour SAIC d'ancrer des relations durables avec des fournisseurs européens plutôt que de se contenter d'un simple site d'assemblage final.

Cette implantation s'inscrit dans la stratégie affichée par le groupe chinois « In Europe, For Europe » : produire directement sur le sol européen pour contourner les surtaxes douanières que l'Union européenne applique depuis 2024 aux véhicules électriques importés de Chine, taxes destinées à compenser les subventions publiques jugées déloyales par Bruxelles. MG n'est pas un cas isolé — plusieurs constructeurs chinois, dont BYD, ont engagé des démarches similaires ailleurs en Europe (Hongrie, Turquie) — mais Ferrol serait la première usine automobile chinoise construite sur le continent, l'Espagne étant déjà un terrain d'accueil pour d'autres investissements chinois dans l'automobile.

Pour la Galice, région industrielle historiquement marquée par la présence de Stellantis à Vigo, l'arrivée de MG représenterait une diversification bienvenue de son tissu automobile, à un moment où la filière européenne traditionnelle peine à absorber la transition vers l'électrique. Reste que l'épisode illustre une tension plus large à laquelle plusieurs pays européens seront confrontés à mesure que des investissements industriels chinois se multiplient sur le continent : concilier l'objectif de localisation de la production de véhicules électriques, jugée stratégique pour la décarbonation du secteur, avec des impératifs de sécurité nationale qui n'entrent pas nécessairement en ligne de compte dans une évaluation purement économique du projet.

L'approbation définitive par le Conseil des ministres espagnol, encore à venir, déterminera les conditions précises encadrant l'exploitation du site — et donnera la mesure exacte de l'équilibre trouvé entre ouverture industrielle et prudence stratégique.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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