Le M.10, le catamaran normand qui navigue sans jamais faire le plein
Le chantier naval Millikan Boats, installé à Caen, commercialise le M.10, un catamaran de plaisance entièrement électrique dont l'autonomie énergétique repose sur des panneaux solaires intégrés à la coque et au toit. Avec plus de 100 milles nautiques d'autonomie et une propulsion 100% électrique, le bateau vise à s'affranchir durablement du plein de carburant. Récompensé au Cannes Yachting Festival 2025, il incarne une alternative française naissante à la plaisance thermique.
À Caen, un jeune chantier naval normand parie sur une plaisance qui ne dépend plus du carburant. Millikan Boats, entreprise fondée pour repenser la propulsion des bateaux de loisir, commercialise le M.10, un catamaran de près de 10 mètres dont la particularité tient à sa capacité à produire lui-même l'essentiel de l'énergie qu'il consomme, grâce à des panneaux solaires disposés sur le toit et, selon les versions, sur des parois latérales relevables.
Une propulsion pensée autour du soleil, pas ajoutée après coup
Le M.10 embarque deux moteurs électriques de 20 kW chacun, alimentés par un pack de batteries d'environ 41 kWh au total (deux blocs de 20,5 kWh selon la fiche produit du constructeur), extensible jusqu'à 61,5 kWh pour les configurations les plus autonomes. La production solaire, annoncée à 6 kWc, permet de recharger les batteries en navigation comme à quai, sans dépendre d'une borne électrique ou d'un plein de carburant. Le bateau revendique une autonomie supérieure à 100 milles nautiques (environ 185 km) à une vitesse de croisière proche de 8 nœuds, et peut atteindre 12 nœuds en pointe.
Ce choix du catamaran, plutôt qu'une coque monotype, répond avant tout à une logique d'efficience énergétique : la double coque offre une plus grande surface stable pour accueillir les panneaux solaires et limite la consommation d'énergie nécessaire à la propulsion par rapport à un déplacement plus lourd. Le bateau pèse environ 2,9 tonnes en ordre de marche, une masse contenue qui joue directement sur son rendement électrique.
Le M.10 n'est pas une première tentative isolée : il s'appuie sur un prototype construit et testé à Caen, qui a permis de valider les choix structurels et énergétiques avant la mise en production de la version commerciale. Cette approche progressive, du démonstrateur au modèle de série, distingue Millikan Boats de nombreux projets de bateaux électriques qui restent au stade du concept.
Une reconnaissance sectorielle au Cannes Yachting Festival
Le catamaran a été distingué en septembre 2025 lors du Cannes Yachting Festival, où il a reçu le prix Innovation Route Awards dans la catégorie propulsion et énergies alternatives. Plus d'une vingtaine d'essais en mer ont été organisés à cette occasion, permettant à des visiteurs professionnels et particuliers d'évaluer directement la tenue en mer, la stabilité et le confort de navigation du modèle en conditions réelles, au-delà des seules données constructeur.
Le bateau peut accueillir jusqu'à six couchages, un format qui le positionne sur le segment de la plaisance familiale et de la croisière côtière plutôt que sur celui, plus restreint, des bateaux électriques de démonstration technique. Cette polyvalence d'usage, combinée à l'argument du coût de navigation quasi nul une fois le bateau acquis puisqu'il n'y a ni carburant ni recharge électrique payante à prévoir dans des conditions d'ensoleillement favorables, constitue l'un des principaux arguments commerciaux avancés par le chantier.
Pour l'instant, Millikan Boats reste un acteur de niche face aux géants historiques de la plaisance thermique, mais l'exemple du M.10 illustre une tendance plus large en Europe : l'électrification progressive des bateaux de loisir, jusqu'ici freinée par l'autonomie limitée des batteries, commence à trouver des réponses concrètes grâce au couplage direct avec la production solaire embarquée, sans qu'il soit nécessaire de multiplier les arrêts en recharge.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.