ATMO-INDEX
198 ARTICLES PUBLIÉS583 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 117 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 16 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER198 ARTICLES PUBLIÉS583 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 117 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 16 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Ascenseurs : le levier discret de la décarbonation du grand tertiaire

Longtemps absent des plans de rénovation énergétique, l'ascenseur revient dans le débat sur la décarbonation du parc tertiaire français. Avec environ 661 000 appareils en service, dont un quart dépasse quarante ans, la filière estime qu'une modernisation bien menée peut réduire jusqu'à 65 % la consommation propre d'un équipement ancien. Au Salon de l'immobilier bas carbone, du 1er au 3 septembre 2026 au Grand Palais, plusieurs retours d'expérience sont présentés, dont la rénovation des ascenseurs de la Tour Europe, à La Défense, où la conservation d'une partie des équipements a évité 28 % des émissions du chantier. Un gisement modeste mais aligné avec les jalons du décret tertiaire.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
Lecture: 5 min
Partager
XINWA
interior of building
ÉnergiePhoto d'illustration : Mahad Aamir /Unsplash

Dans les audits énergétiques de bureaux, l'ascenseur figure rarement en tête des priorités : chaudières, isolation, ventilation et éclairage captent l'essentiel de l'attention. Pourtant, à mesure que les propriétaires du grand tertiaire cherchent des gisements d'économies pour tenir les objectifs du décret tertiaire, la mobilité verticale s'impose comme un poste jusqu'ici négligé. Le sujet occupe une place croissante dans les conférences du Salon de l'immobilier bas carbone (SIBCA), dont la cinquième édition se tient du 1er au 3 septembre 2026 au Grand Palais, à Paris, avec environ 200 exposants et 130 conférences consacrées à la rénovation, à l'adaptation au climat et à la valeur carbone des actifs.

La France compte environ 661 000 ascenseurs, selon la Fédération des Ascenseurs, qui assurent près de 100 millions de trajets par jour et emploient 17 000 personnes pour un chiffre d'affaires de 2,83 milliards d'euros en 2025. Le parc est vieillissant : 40 % des appareils ont plus de vingt-cinq ans et un quart dépasse quarante ans. Ces installations anciennes, conçues à une époque où la sobriété électrique n'était pas un critère, consomment davantage, tombent plus souvent en panne et ne bénéficient d'aucun des dispositifs de récupération d'énergie devenus courants sur les modèles récents.

Un poste énergétique modeste mais très optimisable

Selon leur taille et leur fréquence d'usage, les ascenseurs représentent entre 3 et 5 % de la consommation énergétique d'un bâtiment. Le remplacement d'un appareil ancien par un modèle actuel permet, d'après la filière, jusqu'à 65 % d'économie sur la consommation propre de l'équipement. Une part de ce gain tient à la mécanique : cabines et contrepoids récents sont en moyenne 40 % plus légers que ceux des générations précédentes, ce qui réduit d'autant l'énergie nécessaire à chaque déplacement. Un ascenseur moderne consomme de l'ordre de 650 kWh par an, soit environ cinq fois moins qu'un modèle des années 1960.

Les leviers techniques sont désormais bien identifiés. Les variateurs à récupération d'énergie, dits « ReGen », renvoient vers le réseau du bâtiment l'électricité produite au freinage ou lors des descentes en charge. L'éclairage LED de cabine et les modes veille, qui coupent ventilation et affichage entre deux courses, complètent le dispositif : la seule modernisation de l'éclairage d'une cabine représente une centaine de kilos de CO₂ évités par an. Cumulés, ces éléments permettent, selon les constructeurs, jusqu'à 50 % d'économie d'énergie sur un appareil rénové.

L'énergie grise entre dans l'équation

Au-delà de la consommation, l'arbitrage entre rénovation partielle et remplacement complet devient un enjeu carbone à part entière. Lors de la rénovation des ascenseurs de la Tour Europe, à La Défense, la conservation d'une partie des équipements existants — gaine, structure, composants encore conformes — a permis de réduire de 28 % les émissions de CO₂ associées au projet, tout en maintenant l'immeuble en exploitation pendant les travaux. Ce type de chantier, présenté au SIBCA par Schindler, illustre un principe désormais courant dans la rénovation bas carbone : ne remplacer que ce qui doit l'être, pour éviter l'empreinte de fabrication d'équipements neufs.

La maintenance prédictive prolonge, elle aussi, la durée de vie des installations. Depuis 2018, les principaux ascensoristes équipent leurs appareils de boîtiers connectés qui transmettent en continu des données de fonctionnement et signalent les dérives avant la panne. Schindler indique avoir, sur des sites pilotes menés avec Airbus et Lidl, réduit le taux de défaillance et le nombre d'interventions, et divisé par trois les déplacements de techniciens — autant de trajets routiers en moins. Un appareil mieux suivi se remplace plus tard, ce qui repousse la dépense carbone du renouvellement.

Un calendrier réglementaire qui pousse à agir

Le décret tertiaire, ou dispositif Éco Énergie Tertiaire, impose aux bâtiments de plus de 1 000 m² une réduction de leur consommation d'énergie finale de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050. Aucun poste pris isolément ne suffit à atteindre ces seuils, mais la mobilité verticale fait partie des chantiers à coût maîtrisé et à retour rapide, souvent réalisables sans vider l'immeuble. Pour une filière qui installe 10 000 à 11 000 appareils neufs par an, la bascule d'une logique de remplacement systématique vers une modernisation raisonnée constitue à la fois un argument commercial et une réponse concrète aux obligations qui pèsent sur le parc tertiaire existant.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Dans la même rubrique

white and blue truck on road during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Zetong Li / Unsplash

Tesla Semi : la version européenne du camion électrique dévoilée, livraisons dès 2027

Tesla a présenté à Hanovre, lors du salon IAA Transportation, la déclinaison européenne de son camion électrique Semi : 550 km d'autonomie, trois moteurs totalisant 800 kW et une recharge rapide capable de restituer 60 % de la batterie en 30 minutes. Homologuée pour les routes du continent, cette version se distingue par un poste de conduite central, des rétroviseurs caméra et des phares indépendants, conformes aux réglementations européennes. Les premières livraisons sont prévues en 2027, avec une production d'abord assurée au Nevada avant un basculement partiel vers le Gigafactory Berlin-Brandebourg. Le constructeur entre ainsi en concurrence directe avec les poids lourds électriques déjà commercialisés par Mercedes-Benz, Volvo, Scania ou MAN.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026
wind turbines on brown sand under white clouds and blue sky during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Rabih Shasha / Unsplash

Recharge électrique : les Français roulent plus loin et s'arrêtent moins cet été

Entre juillet et août 2026, les recharges effectuées via l'application Chargemap ont bondi de 54,2% par rapport à l'été précédent, signe d'une adoption croissante de la voiture électrique pour les longs trajets de vacances. Plus de 1,8 million d'itinéraires ont été calculés sur la période, avec une distance moyenne planifiée de 416 km contre 375 km cinq ans plus tôt. Fait notable : malgré des trajets plus longs, le nombre d'arrêts recharge nécessaires a diminué, passant à 1,88 en moyenne. Un basculement porté par l'amélioration des batteries et la densification du réseau de bornes rapides en France.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026
white and brown tram on street during night time
ÉnergiePhoto d'illustration : Nicholas Bartos / Unsplash

MG dévoile l'iEV12LE, un autocar électrique de 489 kWh et 650 km d'autonomie à l'IAA Transportation

Le constructeur chinois MG, via sa marque véhicules lourds MG Commercial, a présenté à Hanovre l'iEV12LE, un autocar électrique interurbain doté d'une batterie de 489 kWh intégrée au châssis et d'une autonomie annoncée jusqu'à 650 km. Le véhicule vise explicitement le marché européen, où l'électrification des cars et bus s'accélère sous la pression des objectifs de réduction des émissions des véhicules lourds. Aucune commande ni date de commercialisation n'a encore été annoncée : MG reste, pour l'instant, au stade du lancement commercial et n'a pas précisé son modèle de distribution en Europe.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026