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Ascenseurs : le levier discret de la décarbonation du grand tertiaire

Longtemps absent des plans de rénovation énergétique, l'ascenseur revient dans le débat sur la décarbonation du parc tertiaire français. Avec environ 661 000 appareils en service, dont un quart dépasse quarante ans, la filière estime qu'une modernisation bien menée peut réduire jusqu'à 65 % la consommation propre d'un équipement ancien. Au Salon de l'immobilier bas carbone, du 1er au 3 septembre 2026 au Grand Palais, plusieurs retours d'expérience sont présentés, dont la rénovation des ascenseurs de la Tour Europe, à La Défense, où la conservation d'une partie des équipements a évité 28 % des émissions du chantier. Un gisement modeste mais aligné avec les jalons du décret tertiaire.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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XINWA
interior of building
ÉnergiePhoto d'illustration : Mahad Aamir /Unsplash

Dans les audits énergétiques de bureaux, l'ascenseur figure rarement en tête des priorités : chaudières, isolation, ventilation et éclairage captent l'essentiel de l'attention. Pourtant, à mesure que les propriétaires du grand tertiaire cherchent des gisements d'économies pour tenir les objectifs du décret tertiaire, la mobilité verticale s'impose comme un poste jusqu'ici négligé. Le sujet occupe une place croissante dans les conférences du Salon de l'immobilier bas carbone (SIBCA), dont la cinquième édition se tient du 1er au 3 septembre 2026 au Grand Palais, à Paris, avec environ 200 exposants et 130 conférences consacrées à la rénovation, à l'adaptation au climat et à la valeur carbone des actifs.

La France compte environ 661 000 ascenseurs, selon la Fédération des Ascenseurs, qui assurent près de 100 millions de trajets par jour et emploient 17 000 personnes pour un chiffre d'affaires de 2,83 milliards d'euros en 2025. Le parc est vieillissant : 40 % des appareils ont plus de vingt-cinq ans et un quart dépasse quarante ans. Ces installations anciennes, conçues à une époque où la sobriété électrique n'était pas un critère, consomment davantage, tombent plus souvent en panne et ne bénéficient d'aucun des dispositifs de récupération d'énergie devenus courants sur les modèles récents.

Un poste énergétique modeste mais très optimisable

Selon leur taille et leur fréquence d'usage, les ascenseurs représentent entre 3 et 5 % de la consommation énergétique d'un bâtiment. Le remplacement d'un appareil ancien par un modèle actuel permet, d'après la filière, jusqu'à 65 % d'économie sur la consommation propre de l'équipement. Une part de ce gain tient à la mécanique : cabines et contrepoids récents sont en moyenne 40 % plus légers que ceux des générations précédentes, ce qui réduit d'autant l'énergie nécessaire à chaque déplacement. Un ascenseur moderne consomme de l'ordre de 650 kWh par an, soit environ cinq fois moins qu'un modèle des années 1960.

Les leviers techniques sont désormais bien identifiés. Les variateurs à récupération d'énergie, dits « ReGen », renvoient vers le réseau du bâtiment l'électricité produite au freinage ou lors des descentes en charge. L'éclairage LED de cabine et les modes veille, qui coupent ventilation et affichage entre deux courses, complètent le dispositif : la seule modernisation de l'éclairage d'une cabine représente une centaine de kilos de CO₂ évités par an. Cumulés, ces éléments permettent, selon les constructeurs, jusqu'à 50 % d'économie d'énergie sur un appareil rénové.

L'énergie grise entre dans l'équation

Au-delà de la consommation, l'arbitrage entre rénovation partielle et remplacement complet devient un enjeu carbone à part entière. Lors de la rénovation des ascenseurs de la Tour Europe, à La Défense, la conservation d'une partie des équipements existants — gaine, structure, composants encore conformes — a permis de réduire de 28 % les émissions de CO₂ associées au projet, tout en maintenant l'immeuble en exploitation pendant les travaux. Ce type de chantier, présenté au SIBCA par Schindler, illustre un principe désormais courant dans la rénovation bas carbone : ne remplacer que ce qui doit l'être, pour éviter l'empreinte de fabrication d'équipements neufs.

La maintenance prédictive prolonge, elle aussi, la durée de vie des installations. Depuis 2018, les principaux ascensoristes équipent leurs appareils de boîtiers connectés qui transmettent en continu des données de fonctionnement et signalent les dérives avant la panne. Schindler indique avoir, sur des sites pilotes menés avec Airbus et Lidl, réduit le taux de défaillance et le nombre d'interventions, et divisé par trois les déplacements de techniciens — autant de trajets routiers en moins. Un appareil mieux suivi se remplace plus tard, ce qui repousse la dépense carbone du renouvellement.

Un calendrier réglementaire qui pousse à agir

Le décret tertiaire, ou dispositif Éco Énergie Tertiaire, impose aux bâtiments de plus de 1 000 m² une réduction de leur consommation d'énergie finale de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050. Aucun poste pris isolément ne suffit à atteindre ces seuils, mais la mobilité verticale fait partie des chantiers à coût maîtrisé et à retour rapide, souvent réalisables sans vider l'immeuble. Pour une filière qui installe 10 000 à 11 000 appareils neufs par an, la bascule d'une logique de remplacement systématique vers une modernisation raisonnée constitue à la fois un argument commercial et une réponse concrète aux obligations qui pèsent sur le parc tertiaire existant.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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