ATMO-INDEX
343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER343 ARTICLES PUBLIÉS1000 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 216 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 31 octobreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Fusion : la startup américaine Pacific Fusion lance le chantier de son démonstrateur au Nouveau-Mexique

La startup californienne Pacific Fusion a posé la première pierre d'un campus de recherche et de fabrication d'un milliard de dollars à Albuquerque, où doit être construit son "Demonstration System" : une machine à fusion par impulsions électriques visant, dès 2030, un objectif encore jamais atteint à l'échelle d'une installation complète, le "net facility gain" (plus d'énergie produite que consommée par l'ensemble du système). Le projet illustre l'accélération du secteur privé de la fusion aux États-Unis, porté par plus d'un milliard de dollars levés en série A, pendant que le programme intergouvernemental ITER, construit à Cadarache en France, continue d'accumuler les retards. Pacific Fusion affirme viser un gain 100 fois supérieur à celui du National Ignition Facility américain, pour un dixième de son coût.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
••Lecture: 5 min
Partager
XINWA
Full moon behind a silhouetted bridge at night
ÉnergiePhoto d'illustration : Leo_Visions /Unsplash

La cérémonie s'est tenue lundi à Mesa del Sol, en périphérie d'Albuquerque : pelle mécanique, casques de chantier et discours officiels pour marquer le début de la construction du campus de recherche et de fabrication d'un milliard de dollars de Pacific Fusion. Le sénateur démocrate du Nouveau-Mexique Martin Heinrich et Eric Schmidt, ancien PDG de Google et président du conseil d'administration de la startup, figuraient parmi les intervenants. C'est sur ce site que doit être assemblé le « Demonstration System », la machine que l'entreprise présente comme la première installation au monde visant un gain net à l'échelle de la facilité tout entière — produire plus d'énergie de fusion que l'ensemble du système n'en consomme pour fonctionner, pulseurs compris, et non seulement au niveau de la réaction elle-même.

Une machine à impulsions électriques, héritière du laboratoire Sandia

Contrairement à ITER, qui confine un plasma par champs magnétiques dans un tokamak, ou au National Ignition Facility (NIF) américain, qui comprime une capsule de combustible avec 192 faisceaux laser, Pacific Fusion mise sur la fusion inertielle pilotée par impulsions électriques (« pulsed power »), une technologie dérivée des travaux du laboratoire fédéral Sandia sur sa machine Z, le système à impulsions le plus puissant au monde. Le Demonstration System doit compter 156 modules de pulseurs, chacun composé de 32 étages circulaires assemblant capacités et interrupteurs, capables de délivrer des décharges coordonnées sur une cible de combustible de la taille d'une gomme de crayon. Un prototype de l'entreprise a déjà atteint 440 gigawatts de puissance de crête en 80 nanosecondes lors d'essais. En février 2026, une série de tests menés avec Sandia sur la machine Z avait permis de valider une cible simplifiée, en aluminium et plastique, censée servir de base à cette approche.

Chaque impulsion du futur démonstrateur doit produire environ 100 mégajoules d'énergie de fusion, soit près de dix fois plus que le record actuel du NIF. Pacific Fusion revendique un objectif de performance cent fois supérieur à celui du NIF pour un coût dix fois inférieur — un rapport que l'entreprise qualifie de saut de mille fois en performance pratique. Le calendrier annoncé prévoit un gain net de la facilité d'ici 2030, puis un réacteur commercial capable de produire environ cinq fois plus d'énergie que ce démonstrateur d'ici le milieu des années 2030.

Ce que ça change, ou pas, pour la fusion en Europe

Le contraste avec la situation européenne est net. ITER, construit à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône et financé par sept partenaires publics dont l'Union européenne, a vu son calendrier repoussé à plusieurs reprises : le premier plasma n'est désormais plus attendu avant le milieu de la décennie 2030, pour un projet dont le coût cumulé dépasse largement les 20 milliards d'euros. Le secteur privé européen de la fusion existe — le stellarator de l'allemand Proxima Fusion, ou les travaux du britannique Tokamak Energy — mais reste financé à une échelle sans commune mesure avec les levées de fonds américaines : Pacific Fusion a réuni plus d'un milliard de dollars en une série A structurée par jalons techniques, un mode de financement encore rare en Europe pour ce type de pari industriel de long terme.

Pour un lecteur européen, l'enjeu n'est donc pas la concurrence directe d'un projet américain sur le sol européen, mais ce que cette accélération dit du rythme d'investissement mondial dans la fusion : si une startup privée américaine atteint un jalon technique majeur avant un programme public international comme ITER, cela pourrait peser sur les arbitrages de financement futurs en Europe, entre soutien aux grands consortiums publics et pari sur des acteurs privés plus agiles mais aussi plus risqués.

Sur le plan économique local, le campus de Mesa del Sol doit à terme employer plus de 200 salariés permanents, en plus des 73 personnes déjà en poste sur le site de fabrication de composants de Los Lunas, à une trentaine de kilomètres, où 95 % des effectifs sont recrutés au Nouveau-Mexique. Plusieurs concurrents bien financés — l'américain Commonwealth Fusion Systems, Helion Energy ou encore Proxima Fusion côté européen — visent eux aussi un raccordement au réseau électrique dans le courant des années 2030, sans qu'aucun n'ait encore démontré de gain net à l'échelle d'une installation complète.

Ce projet va créer de bons emplois, développer notre économie des technologies propres et confirmer le rôle de premier plan du Nouveau-Mexique dans les industries de demain. — Michelle Lujan Grisham, gouverneure du Nouveau-Mexique

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Quiz du jour

Dans la même rubrique

a woman is opening the door of her house
ÉnergiePhoto d'illustration : Zaptec / Unsplash

Recharge à domicile : la France au 13e rang européen, mais bien sous la moyenne de l'UE

Selon les données Eurostat du premier semestre 2026, un ménage français paie en moyenne 0,2485 €/kWh, contre 0,2832 € pour la moyenne de l'Union européenne et 0,3618 € en Allemagne. La France n'est donc pas la moins chère d'Europe (13e sur 27), mais l'écart avec ses grands voisins se traduit par plusieurs centaines d'euros par an pour un automobiliste électrique. Ces moyennes incluent toutes les taxes et les parts fixes de facture : elles diffèrent du prix réel du kWh d'un contrat, notamment du Tarif Bleu d'EDF.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
Car assembly line with robotic arms and car body
ÉnergiePhoto d'illustration : Lilian Do Khac / Unsplash

BYD dépasse le million de salariés alors que ses ventes reculent : l'export change la donne

Avec plus de 1,02 million de salariés selon son président Wang Chuanfu, BYD emploie désormais plus de personnes que Toyota, GM, Ford et Tesla réunis, alors que ses ventes mondiales reculent de 3,9 % sur neuf mois. Ce paradoxe s'explique par un basculement : le marché chinois s'essouffle sous l'effet de la guerre des prix, tandis que les ventes à l'étranger bondissent de 92,7 %. Pour l'Europe, la montée en puissance de l'usine de Szeged, en Hongrie, illustre cette stratégie de production au plus près des marchés.

Rédaction AtmoGreen Studio
31 oct. 2026
red and white gas station
ÉnergiePhoto d'illustration : J Dean / Unsplash

Renault 4 électrique : 800 km d'essai pour savoir si elle peut être la voiture unique du foyer

Longue de 4,14 m et assemblée en France, la Renault 4 électrique vise le rôle de voiture principale des foyers. Un essai de près de 800 km relève 16,1 kWh/100 km en moyenne, mais seulement 230 à 240 km d'autonomie sur autoroute avec la batterie de 52 kWh. La recharge rapide, jugée limite pour les longs trajets réguliers, reste le principal compromis. Un bon indicateur de la maturité du véhicule électrique populaire en Europe.

Rédaction AtmoGreen Studio
30 oct. 2026