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Après une saison d'incendies record, la France prépare un plan structurel pour ses forêts

Avec près de 98 000 hectares partis en fumée depuis janvier, 2026 devient l'année la plus dévastatrice jamais enregistrée pour les forêts françaises, dépassant le précédent record de 2022. Face à ce constat, le gouvernement a annoncé la préparation d'un « grand plan d'investissement » pour adapter les massifs au changement climatique, tandis que la filière bois réclame des mesures structurelles immédiates. Entre renouvellement des essences, coupures de combustible et cartographie des points d'eau, les pistes concrètes commencent à se dessiner, sans budget ni calendrier encore fixés.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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silhouette of trees
PolitiquePhoto d'illustration : roya ann miller /Unsplash

Le bilan dépasse désormais celui de 2022, jusqu'ici l'année la plus noire pour les forêts françaises avec 66 300 hectares brûlés sur l'ensemble de l'exercice. Selon les données satellitaires du système européen Effis, la France comptait déjà plus de 42 000 hectares partis en fumée à la mi-juillet 2026 — un niveau inédit depuis vingt ans de mesures à cette période de l'année — avant que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez n'annonce fin juillet un total national proche de 98 000 hectares, qualifié de « record historique ». Trois vagues de chaleur successives, en mai, juin puis juillet, conjuguées à une sécheresse exceptionnelle des sols, ont amplifié la durée et l'ampleur d'incendies dont l'origine reste, comme chaque année, très majoritairement humaine (environ neuf départs de feu sur dix). Fontainebleau, la Drôme, le Var et la Corse comptent parmi les massifs les plus touchés.

Un plan d'investissement encore à construire

Face à ce constat, la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, Monique Barbut, a annoncé la préparation d'un « grand plan d'investissement pour la forêt française », articulé autour de quatre axes : la prévention, l'adaptation des massifs aux conditions climatiques futures, le stockage du carbone et le renforcement des moyens de lutte contre les incendies. Ni montant ni calendrier précis n'ont toutefois été communiqués à ce stade — le gouvernement doit encore réunir acteurs forestiers, collectivités et financeurs pour arrêter les modalités du dispositif. Sur le seul volet aérien, deux Canadair supplémentaires ont été commandés, avec une livraison prévue en 2028 puis deux autres en 2032, dans la continuité des quelque 500 millions d'euros déjà investis depuis 2022 pour renouveler la flotte d'hélicoptères Dragon et des près de 300 millions d'euros consacrés à l'acquisition de nouveaux avions bombardiers d'eau.

Les demandes de la filière bois

L'interprofession France Bois Forêt, qui représente les acteurs de la sylviculture et de la transformation du bois, a réagi en réclamant une adaptation structurelle plutôt que des mesures ponctuelles. Elle demande notamment des pare-feux plus larges et mieux entretenus, une intensification du respect des obligations légales de débroussaillement — tout en simplifiant une réglementation jugée aujourd'hui trop complexe pour être réellement appliquée sur le terrain —, ainsi qu'une réorientation des choix sylvicoles vers des peuplements plus résistants à la sécheresse. L'organisation insiste également sur la nécessité d'investissements pérennes dans le renouvellement forestier, la recherche et l'innovation, et sur une meilleure maîtrise de l'urbanisation à proximité des massifs les plus exposés.

Ces événements dramatiques confirment l'urgence d'adapter la forêt française aux réalités du changement climatique.

Sur le terrain, l'Office national des forêts (ONF) mobilise chaque été environ 320 forestiers spécialisés dans la défense des forêts contre l'incendie (DFCI), renforcés par plus de 1 500 forestiers généralistes en patrouille durant la saison à risque. Une autre mesure structurelle est en préparation : chaque département devra établir une cartographie de ses dessertes forestières, de ses voies de défense contre l'incendie et de ses points d'eau, consultable gratuitement en ligne sur un portail national de référence — un outil pensé pour fluidifier l'intervention des services de secours sur des massifs de plus en plus difficiles d'accès une fois le feu déclaré.

À l'échelle européenne, la France n'est pas isolée : l'Espagne (119 458 hectares brûlés) et l'Italie (36 600 hectares) figurent parmi les pays les plus touchés en 2026, dans la continuité d'une année 2025 où les incendies avaient dépassé pour la première fois le million d'hectares brûlés à l'échelle de l'Union européenne. Ce contexte place la question de l'adaptation forestière au cœur des discussions climatiques du continent, bien au-delà du seul cas français. Reste à savoir si le « grand plan » promis par le gouvernement se traduira par des engagements budgétaires à la hauteur du diagnostic partagé par la filière — et surtout, s'il sera mis en œuvre avant que la prochaine saison à risque ne rappelle, une fois de plus, l'urgence du sujet.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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