Recharge en copropriété : plus de 18 000 immeubles équipés en France, mais le compte n'y est pas encore
Le baromètre national publié début septembre par l'Avere-France, l'AFOR, Enedis, l'UNELEG et ELE recense 18 289 immeubles collectifs équipés de bornes de recharge au deuxième trimestre 2026, soit 45 % de plus qu'un an plus tôt, et 44 331 points de charge installés (+38 %). Ce rythme reste toutefois loin de couvrir le parc résidentiel français : le taux d'équipement plafonne à 7,2 % des quelque 252 000 immeubles collectifs disposant de places de stationnement. Le programme public Advenir, doté de 520 millions d'euros pour financer jusqu'à 250 000 points de recharge d'ici fin 2027, reste le principal moteur de cette accélération. La recharge en habitat collectif demeure ainsi le principal point de friction de l'électrification automobile française, loin devant la maison individuelle.
Publié début septembre, le dernier baromètre national sur la recharge en résidentiel collectif — élaboré conjointement par l'Avere-France, l'Association française pour l'avitaillement et la recharge (AFOR), Enedis, l'UNELEG et ELE — confirme une tendance amorcée depuis plusieurs trimestres : l'équipement des copropriétés françaises en infrastructures de recharge pour véhicules électriques progresse, et le mouvement s'accélère plutôt qu'il ne s'essouffle. Au deuxième trimestre 2026, 18 289 immeubles collectifs disposaient d'une installation de recharge effectivement opérationnelle, contre environ 12 600 un an plus tôt, soit une hausse de 45 %. Le nombre de points de charge installés dans ces résidences suit une trajectoire comparable : 44 331 unités, contre 32 069 au deuxième trimestre 2025, en progression de 38 % sur un an.
Un taux d'équipement qui reste sous les 10 %
Ces chiffres, en apparence flatteurs, doivent être rapportés à la taille réelle du parc immobilier collectif français. Selon les estimations reprises dans le baromètre, la France compte environ 252 000 immeubles collectifs disposant d'un parking, qu'il soit souterrain, en enclos ou en surface. Rapporté à ce total, le taux d'équipement effectif ne dépasse donc que 7,2 % — un chiffre qui illustre l'ampleur du chantier restant, malgré une dynamique de croissance réelle. Un chiffre intermédiaire mérite toutefois d'être noté : 43 648 immeubles ont d'ores et déjà validé un projet de déploiement d'infrastructure collective, soit environ 17 % du parc concerné. Cet écart entre projets validés et installations effectivement livrées traduit les délais propres aux copropriétés : vote en assemblée générale, choix du prestataire, travaux de génie électrique, puis raccordement effectif par le gestionnaire de réseau.
Advenir, le programme qui finance l'essentiel des travaux
Une grande partie de cette dynamique s'explique par le programme Advenir, dispositif d'aide financière piloté par l'Avere-France et alimenté par les certificats d'économies d'énergie (CEE). Le programme s'est fixé pour objectif de soutenir le déploiement de 250 000 nouveaux points de recharge d'ici fin 2027, avec une enveloppe totale de 520 millions d'euros. Il cible plusieurs publics : particuliers en habitat individuel, copropriétaires et syndics en habitat collectif, entreprises équipant leurs flottes ou leurs parkings salariés, ainsi que collectivités locales. Un volet formation, lancé en 2021, complète le dispositif pour outiller les professionnels du bâtiment et de l'électricité — installateurs, syndics, gestionnaires — souvent identifiés comme un frein sous-estimé à la bonne mise en œuvre des projets, au même titre que le financement lui-même.
Le cadre réglementaire du « droit à la prise », introduit par la loi Grenelle II de 2010 puis renforcé par la loi d'orientation des mobilités (LOM) de 2019, oblige en théorie tout syndic à inscrire à l'ordre du jour d'une assemblée générale la demande d'un copropriétaire souhaitant installer une borne à ses frais sur sa place de parking. Dans les faits, la procédure reste jugée complexe par de nombreux copropriétaires : nécessité de faire réaliser une étude technique, de désigner un opérateur pour la colonne électrique collective, puis d'obtenir l'accord — ou du moins la non-opposition qualifiée — du syndicat des copropriétaires. C'est précisément ce goulot d'étranglement administratif et technique que visent à réduire les subventions Advenir et l'accompagnement des gestionnaires de réseau comme Enedis.
Des usages qui confirment l'intérêt de la recharge nocturne
Le baromètre s'appuie sur l'analyse de plus de 34,5 millions de sessions de recharge cumulées depuis 2016 pour dresser un profil d'usage assez net : en résidentiel collectif, 60 % des sessions démarrent entre 21 heures et 3 heures du matin, avec un pic observé autour de 1 heure. Ce comportement traduit une adoption réelle des dispositifs de pilotage intelligent, qui différencient automatiquement les créneaux d'heures creuses pour limiter le coût de la recharge et lisser la charge sur le réseau électrique local. La puissance moyenne appelée par session en résidentiel s'établit à 4,7 kW, un niveau cohérent avec une recharge lente sur toute une nuit plutôt qu'un besoin de puissance élevée, qui reste l'apanage des bornes rapides sur autoroute ou en voirie.
Pour les acteurs du secteur, ces indicateurs valident un pari fait dès la conception du programme Advenir : la recharge en habitat collectif n'a pas besoin d'être rapide pour être efficace, à condition que l'infrastructure de base — la colonne électrique collective et son raccordement — existe. C'est justement ce premier maillon, le plus coûteux et le plus long à mettre en place à l'échelle d'un immeuble entier, que la France peine encore à généraliser. Avec un objectif Advenir fixé à fin 2027 et un rythme de croissance qui s'est maintenu ou accéléré sur les derniers trimestres, la trajectoire actuelle suggère une poursuite de la progression, sans toutefois garantir, à ce stade, une couverture large du parc résidentiel collectif avant plusieurs années.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.