Renault et Geely dévoilent le 3DHT200, un hybride « 13-en-1 » de plus de 1 100 ch
Horse Powertrain, la coentreprise détenue à 45 % par Renault, à 45 % par Geely et à 10 % par Aramco, a présenté le 3DHT200 : un système hybride rechargeable qui rassemble treize composants dans un seul carter et développera plus de 1 100 ch sur le grand tout-terrain chinois Geely Galaxy Cruiser 700. Au-delà de la démonstration de puissance, l'intérêt est industriel : la vraie innovation tient à l'intégration et à la compacité de la chaîne de traction, pas au nombre de chevaux. Pour Renault, c'est aussi un moyen de valoriser un savoir-faire moteur mutualisé au sein d'une entité de 19 000 salariés et 17 usines, alors que la bascule vers le tout-électrique ralentit en Europe. La production en série est annoncée pour 2028.
Début septembre 2026, Horse Powertrain a présenté le 3DHT200, la troisième déclinaison de sa gamme de transmissions hybrides dédiées (3DHT), et la première pensée pour le tout-terrain. Le nom commercial « 13-en-1 » renvoie au nombre de composants regroupés dans un même ensemble : les deux moteurs électriques et leurs onduleurs, un chargeur embarqué, un convertisseur DC-DC, une unité de distribution de puissance, le calculateur de transmission, la gestion thermique, une boîte à trois rapports et le réducteur des moteurs. Selon Horse, cette consolidation réduit le volume de l'ensemble de 10 % par rapport à la génération précédente, tout en gagnant 15 % de densité de couple et 20 % de densité de puissance grâce à une nouvelle architecture d'aimants permanents.
Ce que promet la chaîne de traction
Dans le détail, le 3DHT200 associe un moteur thermique à deux machines électriques : un moteur P1 de 110 kW (148 ch), chargé de lancer le moteur à combustion et de produire du courant, et un moteur P3 de 230 kW (308 ch) qui assure la traction et peut grimper jusqu'à 20 000 tr/min. Le système délivre jusqu'à 4 920 Nm de couple à la roue et permet, d'après le constructeur, de franchir des pentes de 45 degrés. Sur le Geely Galaxy Cruiser 700, un moteur électrique supplémentaire installé sur l'essieu arrière complète l'ensemble pour former une transmission intégrale électrique, portant la puissance cumulée à 830 kW, soit 1 113 ch. Horse revendique un 0 à 100 km/h en une petite dizaine de secondes — annoncé « autour de trois secondes » — et une consommation de l'ordre de 5 L/100 km pour un SUV de cette taille.
Le véhicule qui inaugurera cette chaîne de traction, le Galaxy Cruiser 700, est un SUV anguleux de 5,08 m doté d'une batterie d'au moins 50 kWh, capable de franchir 800 mm de gué et de se déplacer dans l'eau à 8,5 km/h. Il est produit en Chine, avec un lancement prévu dès 2026 ; le Royaume-Uni est cité comme premier marché d'exportation. Aucun calendrier n'a été communiqué pour l'Europe continentale, et le 3DHT200 dans cette configuration extrême n'a pas vocation, en l'état, à équiper un modèle Renault ou Dacia.
Pour Renault, un pari sur la « neutralité technologique »
Créée en mai 2024, Horse Powertrain réunit Renault Group et Geely à 45 % chacun, aux côtés du pétrolier saoudien Aramco (10 %). L'entité revendique 19 000 salariés, 17 usines et cinq centres de recherche, et se positionne en fournisseur de chaînes de traction thermiques et hybrides pour ses actionnaires comme pour des constructeurs tiers — des discussions sont évoquées avec Volvo, Lotus ou Lynk & Co. Sa raison d'être : continuer à développer des motorisations à combustion et hybrides, compatibles avec les carburants renouvelables comme le superéthanol E85, alors que la demande de véhicules 100 % électriques progresse moins vite que prévu sur plusieurs marchés.
Nous évoluons vers un monde technologiquement neutre. — Matias Giannini, directeur général de Horse Powertrain, cité par L'Argus
Le 3DHT200 sert d'abord de vitrine à cette approche. Horse développe en parallèle un « Future Hybrid Concept » censé transformer des plateformes conçues pour l'électrique en hybrides sans refonte majeure de la ligne d'assemblage, avec un encombrement réduit de 20 % par rapport à un hybride classique et une batterie plus petite — sachant que la batterie représente environ 40 % du coût d'un véhicule électrique. La production en série de ces solutions est attendue pour 2028.
Pour un lecteur européen, l'intérêt de l'annonce n'est pas le chiffre spectaculaire de 1 100 ch, difficilement conciliable avec une lecture strictement écologique, mais la démonstration d'ingénierie qu'il y a derrière : une chaîne de traction hybride très intégrée, plus compacte et moins coûteuse à industrialiser, que Renault pourra décliner en versions plus modestes sur ses futurs modèles hybrides. C'est cette brique technologique mutualisée, davantage que le SUV chinois qui l'étrenne, qui mérite d'être suivie.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://carnewschina.com/2026/09/03/geely-renaults-horse-powertrain-unveils-13-in-1-phev-off-road-drive-system-with-4920-nm-wheel-torque/
- https://horse-powertrain.com/press-media
- https://www.largus.fr/actualite-automobile/comment-renault-et-geely-veulent-transformer-les-electriques-en-hybrides-a-moindre-cout-30040288.html