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Réseaux de chaleur : la FEDENE joue la carte du froid pour peser sur le budget 2026

À la veille de l'examen du budget 2026 et alors que l'exécutif concentre son discours sur l'électrification, la FEDENE, qui fédère les exploitants de réseaux de chaleur et de froid, a publié le 8 septembre 2026 une série de propositions pour le prochain quinquennat. La fédération demande de porter le Fonds Chaleur au-delà du milliard d'euros, contre 800 millions prévus dans le projet de loi de finances, et d'étendre la TVA à taux réduit aux réseaux de froid alimentés par des énergies renouvelables. Elle met en avant l'essor des réseaux de froid urbains, présentés comme un outil d'adaptation aux canicules deux fois moins émetteur que la climatisation individuelle. Objectif affiché : ne pas être oubliée dans un débat énergétique aujourd'hui dominé par la pompe à chaleur.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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man in blue denim jeans and brown jacket climbing on brown wooden ladder during daytime
PolitiquePhoto d'illustration : SELİM ARDA ERYILMAZ /Unsplash

Alors que le gouvernement prépare sa loi de finances et martèle depuis le printemps 2026 son mot d'ordre « Électrifions la France ! », les exploitants de réseaux de chaleur et de froid entendent rappeler qu'ils existent. Leur fédération professionnelle, la FEDENE (Fédération des services énergie environnement), a publié le 8 septembre 2026 un jeu de propositions pour le prochain quinquennat, avec l'ambition d'être reprise à la fois dans le débat budgétaire de l'automne et dans les programmes des candidats à l'Élysée. Le fil conducteur de sa communication : mettre en avant les réseaux de froid urbains, segment encore modeste mais en forte croissance, pour élargir l'audience d'un secteur habituellement associé au seul chauffage collectif.

Le froid urbain comme produit d'appel

La France compte une cinquantaine de réseaux de froid, concentrés dans les grandes agglomérations. Ils totalisent 294 kilomètres de canalisations et ont distribué 0,9 TWh de frigories en 2024, avec cinq nouveaux réseaux et 204 bâtiments raccordés supplémentaires en un an, selon l'enquête annuelle conduite par la FEDENE et AMORCE. Le principe : une centrale unique, bien régulée et souvent alimentée par de l'eau de rivière ou de mer, remplace des milliers de climatiseurs individuels. Le bilan avancé par la filière est d'environ deux fois moins d'énergie consommée, 65 % d'eau économisée et moitié moins d'émissions de CO2 que la climatisation autonome. Le gouvernement vise un doublement de la capacité de ces réseaux d'ici 2030, et ENGIE s'est associé à Villes de France pour lancer 100 études de potentiel dans des villes de 10 000 à 100 000 habitants.

La canicule de juin 2026 a toutefois montré les limites d'infrastructures parfois sous-dimensionnées : plusieurs sites parisiens raccordés, dont le cinéma UGC Les Halles et un immeuble du groupe BPCE, ont subi des interruptions de rafraîchissement. La FEDENE demande d'inscrire dans la planification un raccordement prioritaire des établissements accueillant des publics vulnérables — écoles, crèches, hôpitaux et Ehpad — et un dimensionnement calé sur les vagues de chaleur futures plutôt que sur l'historique climatique.

Le Fonds Chaleur au cœur des demandes budgétaires

La principale revendication porte sur le Fonds Chaleur de l'ADEME, principal levier public de financement de la chaleur renouvelable. Le projet de loi de finances pour 2026 le dote de 800 millions d'euros ; la FEDENE réclame un budget supérieur à un milliard d'euros, en rappelant que les projets déposés à l'ADEME et laissés sans financement représentaient environ 1,5 milliard d'euros en 2025, et que l'enveloppe s'est trouvée épuisée dès le milieu de l'année lors d'exercices précédents. Les travaux parlementaires antérieurs avaient déjà tracé une trajectoire de montée en puissance vers plusieurs milliards d'euros à l'horizon 2030. La fédération souligne que les services de Bercy eux-mêmes ont reconnu le bon rendement de ce dispositif, mesuré en coût public par tonne de CO2 évitée.

Le second volet est fiscal. La FEDENE veut étendre la TVA à taux réduit de 5,5 %, aujourd'hui réservée aux réseaux de chaleur majoritairement alimentés par des énergies renouvelables et de récupération, à l'ensemble des réseaux de froid « vertueux ». Elle propose aussi d'élargir le périmètre des énergies ouvrant droit à ce taux, pour y intégrer l'électricité photovoltaïque alimentant des pompes à chaleur et les contrats d'achat d'électricité et de gaz renouvelables, conformément à la réglementation européenne. L'objectif est d'aligner le signal-prix pour l'usager final, qu'il se raccorde à un réseau de chaleur ou de froid décarboné.

Une filière chaleur déjà en transition

Côté chauffage, la dynamique est réelle : 32,3 TWh de chaleur livrés en 2024, en hausse de 9,3 % sur un an — un record —, environ 52 450 bâtiments raccordés (+69 % en dix ans) et 430 kilomètres de réseaux construits dans l'année. La part des énergies renouvelables et de récupération atteint 67 %, contre 31 % en 2009, tandis que le charbon et le fioul sont tombés à 1 % du mix. Le contenu carbone moyen de la chaleur livrée s'établit autour de 109 g de CO2 par kWh, en baisse de 41 % sur la décennie. La programmation pluriannuelle de l'énergie vise 52,7 TWh en 2030, dont 75 % d'énergies renouvelables, et 90 TWh en 2035, dont 80 %.

Le contexte réglementaire pousse dans le même sens : interdiction des chaudières à gaz dans le neuf à partir de la fin 2026, et décret prévu au 1er janvier 2027 faisant supporter aux bâtiments demandeurs le coût de leur raccordement au réseau de gaz. La FEDENE défend l'idée que réseaux de chaleur, géothermie, chaleur fatale industrielle et biomasse sont complémentaires de la pompe à chaleur, et non ses concurrents, en particulier dans les zones denses où le raccordement collectif est plus efficace que l'équipement individuel. Reste à savoir si ces arguments trouveront une traduction dans le texte budgétaire discuté cet automne.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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