ATMO-INDEX
198 ARTICLES PUBLIÉS583 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 117 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 16 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER198 ARTICLES PUBLIÉS583 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 117 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 16 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Au Forum de Giverny, RTE place le climat au cœur des risques pour le réseau électrique

Lors du World Giverny Forum, la présidente du directoire de RTE, Émilie Piette, a désigné le changement climatique comme le premier risque pesant sur le réseau électrique français. Un diagnostic qui vient étayer le plan d'investissement de RTE, 94 milliards d'euros d'ici 2040, destiné à la fois à sécuriser les infrastructures face aux canicules et inondations et à accélérer l'électrification des usages. Cette double ambition, décarbonation et résilience, est présentée comme un levier direct de souveraineté énergétique et industrielle pour la France.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
Lecture: 5 min
Partager
XINWA
black transmission towers under green sky
PolitiquePhoto d'illustration : Fré Sonneveld /Unsplash

Réunis le 4 septembre au Musée des Impressionnismes de Giverny pour la huitième édition du World Giverny Forum, organisée par le Cercle de Giverny autour des « 3S » — soutenabilité, souveraineté, sécurité —, un millier de dirigeants économiques, responsables publics et institutions internationales ont débattu des infrastructures critiques face au dérèglement climatique. Parmi les intervenantes, Émilie Piette, présidente du directoire de RTE depuis avril 2026, est venue rappeler que la trajectoire de décarbonation du pays dépend d'abord de la robustesse d'un réseau électrique lui-même exposé aux aléas climatiques.

Le principal risque auquel le réseau électrique est exposé est le changement climatique.

Un réseau déjà éprouvé par le dérèglement climatique

Le constat s'appuie sur des données déjà mesurées par le gestionnaire du réseau de transport. Lors des vagues de chaleur, la température des câbles aériens peut atteindre 90°C, provoquant leur dilatation et une usure mécanique accélérée ; les postes électriques situés en zone inondable sont pour leur part de plus en plus exposés à des crues plus fréquentes et plus intenses. RTE bâtit désormais ses scénarios d'adaptation sur une hausse moyenne des températures de 2,1°C à l'horizon 2050 et jusqu'à 3,4°C en 2100 par rapport à la période de référence 1976-2005. Le Schéma décennal de développement du réseau publié en 2025 prévoit à ce titre un investissement prioritaire de 24 milliards d'euros sur quinze ans pour renouveler 23 500 km de lignes et 85 000 pylônes, avec un objectif de 80% d'infrastructures résilientes au climat d'ici 2040, et une adaptation complète visée pour 2060.

94 milliards d'euros pour électrifier et sécuriser le réseau

Ce volet adaptation s'inscrit dans un programme d'investissement plus large de 94 milliards d'euros à horizon 2040, dont 8 milliards spécifiquement fléchés vers l'électrification des usages d'ici 2030 — RTE prévoyant de tripler son rythme d'investissement annuel d'ici la fin de la décennie. L'enjeu, souligné par Émilie Piette, tient à un paradoxe français : l'électricité produite dans le pays est déjà décarbonée à 95%, mais les combustibles fossiles, en grande partie importés, représentent encore environ 60% de la consommation énergétique nationale. La France a par ailleurs exporté 100 TWh d'électricité en 2025, soit l'équivalent d'un quart de sa consommation intérieure — un excédent présenté comme un atout de souveraineté énergétique vis-à-vis de ses voisins européens.

Concrètement, RTE fait aujourd'hui face à un embouteillage de raccordements : plus de 200 projets industriels, représentant 33 GW de puissance appelée — près du triple de la demande électrique actuelle du secteur industriel français —, sont en attente de connexion au réseau haute tension. Pour résorber ce goulot d'étranglement, RTE prévoit de passer d'ici fin 2026 d'une logique de raccordement « premier arrivé, premier servi » à un principe de « premier prêt, premier servi », de créer 9 GW de capacité dans les grands ports industriels (Dunkerque, Le Havre, Fos) d'ici 2029, d'ajouter 5 GW répartis sur cinq zones industrielles de taille intermédiaire, et de mettre en place des raccordements accélérés pour cinq projets de data centers de grande puissance, entre 700 et 2 000 MW chacun.

Cet effort d'investissement se traduit également sur le plan de l'emploi : RTE anticipe entre 8 000 et 10 000 recrutements dans la filière des réseaux électriques d'ici 2030, chaque poste créé chez l'opérateur générant, selon ses propres estimations, sept emplois supplémentaires chez ses fournisseurs et sous-traitants. À Giverny, ce chantier a été présenté moins comme une contrainte technique que comme un choix stratégique : un réseau électrique résilient et suffisamment dimensionné conditionne à la fois la réindustrialisation du pays, sa capacité à réduire sa dépendance aux hydrocarbures importés, et sa position dans les rapports de force énergétiques qui structurent désormais, selon les organisateurs du forum, la compétition économique mondiale.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Dans la même rubrique

a field of crops with wind turbines in the background
PolitiquePhoto d'illustration : Alex Bertha / Unsplash

Primes négatives des énergies renouvelables : la CRE valide le nouveau mécanisme de déplafonnement

Après deux censures du Conseil constitutionnel, le gouvernement retente d'imposer aux producteurs d'éolien et de solaire le remboursement intégral de leurs "primes négatives" lorsque les prix de marché s'envolent. La Commission de régulation de l'énergie vient de rendre un avis favorable sur ce nouveau dispositif, inscrit à l'article 69 du projet de loi de finances pour 2026. Le mécanisme s'appliquera rétroactivement à tous les contrats de complément de rémunération signés entre 2022 et 2050, via un prix seuil fixé chaque année par filière.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026
blue and yellow quote board
PolitiquePhoto d'illustration : Michael Jasmund / Unsplash

La CRE chiffre pour la première fois le coût complet du système électrique français

Dans un rapport inédit publié le 9 septembre, la Commission de régulation de l'énergie établit que le système électrique français a coûté 55,9 milliards d'euros en 2025, financés à 92 % par les consommateurs. L'essor de l'éolien et du solaire a fait baisser les prix de marché d'environ 20 €/MWh depuis 2020, un bénéfice net pour les factures, mais qui fragilise en parallèle le modèle économique d'EDF. La CRE estime qu'environ 50 % de capacités renouvelables supplémentaires resteraient globalement profitables au système avant que les surcoûts ne l'emportent.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026
Grand building reflected in a calm pool of water
PolitiquePhoto d'illustration : Zoshua Colah / Unsplash

Agrivoltaïsme : la fédération FFPA se dissout, symptôme d'une filière sous tension réglementaire

Le bureau de la Fédération française des producteurs agrivoltaïques (FFPA) a annoncé le 14 septembre sa dissolution dans un courrier adressé à ses adhérents, évoquant des difficultés qu'il « aurait préféré ne jamais avoir à écrire ». L'organisation, qui revendiquait 256 adhérents pour 3 500 agriculteurs partenaires, avait déjà perdu sa présidente Audrey Juillac fin juin, sur fond de dissensions stratégiques. Ce naufrage survient alors que le secteur solaire agricole navigue depuis deux ans entre un décret d'application contesté jusqu'au Conseil d'État et la menace d'un coup de frein budgétaire dans la future programmation énergétique. Une organisation professionnelle de moins, au moment où les règles du jeu restent les plus incertaines pour les porteurs de projets.

Rédaction AtmoGreen Studio
15 sept. 2026